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Faute de résultat, le RC Cannes menace ses joueuses d’une baisse de salaire

RC Cannes : Le président du club menace ses joueuses de baisser leur salaire en cas de mauvais résultats

VOLLEYLe club « se met en marge des règles les plus élémentaires en termes de droit social », dénonce la Ligue nationale de volley
Fabien Binacchi

Fabien Binacchi

L'essentiel

  • Dans une note présentant à ses joueuses les « lignes directrices » de la fin de la saison, le président du RC Canne menace de baisser les salaires de 30 % si l’équipe ne parvient pas à se qualifier pour les plays-offs.
  • « Irréel, absurde » et « contre-productif », s’indigne le syndicat des joueurs et joueuses de volley-ball professionnel Prosmash.

Le patron de la Ligue nationale de volley (LNV) a fait part de sa « stupeur ». Dans une note interne datée du 31 janvier et présentant à ses joueuses les « lignes directrices » de la fin de la saison, le président du Racing club de Cannes menace de baisser les salaires de 30 % si l’équipe ne parvient pas à se qualifier pour les plays-offs. Et ça ne passe pas du tout.

« Irréel, absurde » et « contre-productif », s’indigne dans un communiqué le syndicat des joueurs et joueuses de volley-ball professionnel Prosmash. « Notre syndicat entend simplement rappeler au premier dirigeant cannois l’article L 131-2 du Code du travail qui précise "que toute amende ou sanction pécuniaire est interdite, aucune disposition conventionnelle ou contractuelle ne peut y déroger". »

Convocation devant la ligue

« La LNV ne peut rester silencieuse lorsqu’un de ses clubs se met en marge des règles les plus élémentaires en termes de droit social notamment », a aussi déclaré son président Yves Bouget. Il annonce avoir décidé de convoquer Agostino Pesce, le responsable du club cannois, et également de « saisir le conseil supérieur de la DNACG [Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion] pour que celui-ci statue sur l’opportunité de diligenter une enquête sur [sa] gestion ».

« Ce courrier met les joueuses devant le fait accompli. Sur 18 matchs joués, on ne peut pas en perdre huit. Et si on continue comme ça, on ne peut pas être les seuls à en subir les conséquences économiques », se défend Agostino Pesce dont l’équipe est actuellement quatrième de la Ligue A.

Il assume un « coup de pression ». Mais « menacer, c’est une chose, et mettre en pratique, c’est tout autre chose », ajoute-t-il, expliquant : « On sait ce qui est légal et ce qui n’est pas légal ». Il prévient par contre qu'« on peut casser un contrat de façon anticipée si quelqu’un n’est pas content, on peut renégocier ». « On peut aussi renégocier [à la hausse] » en cas de succès, indique encore le dirigeant.