« Personne n’a rien fait »… Quand Genesio évoque « le gros laxisme » des autorités face aux supporters violents

FOOTBALL L'entraîneur du Stade Rennais avait reçu de multiples menaces de mort lorsqu’il était coach à Lyon

C.A.
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Son visage s’est fermé et son regard s’est assombri. Parce qu’il n’a rien oublié des critiques subies lors de son passage à l’Olympique Lyonnais. Encore moins les menaces et insultes dont il avait fait l’objet. « Il est temps que ça cesse ». Mardi après-midi, Bruno Genesio a été interrogé sur les nouveaux débordements survenus dans les tribunes lors de la rencontre de Coupe de France entre le Paris FC et l’OL. A la mi-temps, des violences impliquant des ultras lyonnais avaient éclaté. Ces derniers auraient balancé des fumigènes et des sièges dans les tribunes des locaux où se trouvaient des familles avec des enfants. Le président de l’OL Jean-Michel Aulas avait expliqué que ses supporteurs avaient réagi après des provocations de la part d’ultras du PSG. Ce mardi, trois supporteurs parisiens ont d’ailleurs été placés en garde à vue.

Ces faits viennent s’ajouter à ceux survenus lors de la rencontre OL-OM où Dimitri Payet avait reçu une bouteille d’eau en pleine tête. Et à ceux survenus lors du match entre Nice et Marseille fin août. « Peu importe que ce soit à Lyon, à Rennes, à Marseille, peu importe. Je pense qu’il y a eu un gros laxisme de la part des pouvoirs publics et peut-être de nos instances sportives », estime Bruno Genesio. L’actuel coach du Stade Rennais n’a pas hésité à évoquer son cas personnel pour appuyer ses arguments. « Je sais ce que j’ai pu vivre après un certain match à Chypre et personne n’a rien fait. Mon numéro de téléphone  avait été divulgué sur Twitter. Quatre cents, 500 messages que j’ai encore, avec les numéros identifiés. Des insultes, des menaces de mort. J’ai porté plainte, mais il n’y a eu aucune suite ».

« Il faut prendre enfin les décisions qui s’imposent »

A chaque fois qu’il a été interrogé sur les violences des supporteurs, Bruno Genesio les a condamnées, appelant les clubs et les autorités sportives à bannir « à vie » les personnes impliquées dans ces débordements. « Il faut prendre enfin les décisions qui s’imposent. Mieux vaut tard que jamais. A eux de prendre leurs responsabilités », a-t-il fait savoir avant de quitter la conférence de presse sans un mot.

Après le match arrêté au Paris FC, Jean-Michel Aulas, suspendu dix matchs (dont cinq avec sursis) après les incidents face à Marseille, avait promis de prendre « des mesures extrêmement sévères à l’encontre de tous les gens qui vont être identifiés ». Plusieurs interdictions de stade de 18 mois (le maximum légal en attendant que la justice se prononce) seraient déjà parties par courrier.