Ligue des champions : Mal accueilli à son arrivée à Lille, Gourvennec savoure sa revanche

FOOTBALL La qualification du Losc en huitième de finale de la Ligue des champions change totalement le regard sur le coach lillois arrivé cet été dans le plus grand scepticisme

François Launay
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Jocelyn Gourvennec, l'entraîneur du Losc
Jocelyn Gourvennec, l'entraîneur du Losc — RONNY HARTMANN / AFP
  • L’entraîneur lillois a mené son équipe à une belle qualification en 8e de finale de la Ligue des champions.
  • Une magnifique performance après des premiers mois très compliqués.

Parfois, le destin s’échine à vous envoyer des signes évidents. C’est donc en Allemagne, pays où sa mère a grandi, que Jocelyn Gourvennec a sans doute changé le cours de son histoire avec le Losc. « C’est un joli clin d’œil », a tenu à souligner tout sourire le coach du Losc après   la belle victoire de son équipe mercredi soir à Wolfsburg (1-3).

En s’imposant dans la ville de Volkswagen, Lille a décroché son ticket pour les 8es de finale de la Ligue des champions, quinze ans après son unique participation au top 16 européen. Une performance immense et historique auréolée de la première place du groupe. « C’est un moment très important dans l’histoire du club. On est fier de ça, d’offrir au public, aux bénévoles, aux salariés un 8e de finale de Ligue des champions avec un retour à domicile », apprécie le technicien du Losc qui défiera Lyon dimanche (13h) en Ligue 1. 

Accueilli dans le plus grand scepticisme

Même si Jocelyn Gourvennec doit encore être en train de se pincer très fort pour y croire en se replongeant quelques mois en arrière. En débarquant début juillet à la surprise générale sur le banc du Losc, le technicien breton ne s’attendait sans doute pas à un accueil aussi froid de la part des supporters. Enivrés par le titre de champion, les fans du Losc n’avaient pas apprécié de voir leur idole Christophe Galtier être remplacé par un nom sans grand palmarès et sans club depuis deux ans.

Considérée comme un déclassement, l’arrivée de Gourvennec a été accueillie au mieux par un grand scepticisme, au pire par des pétitions réclamant déjà son départ à peine son sac posé à Luchin. « J’ai trouvé ça très dur et très injuste. J’avais le sentiment d’être condamné à peine après avoir signé » avait d’ailleurs reconnu le coach nordiste quelques semaines plus tard.

Cet accueil glacial n’aura même pas été réchauffé par le premier Trophée des champions de l’histoire du club décroché début août face au PSG. Car le début de saison en Ligue 1 va vite ressembler à un cauchemar. Pour son premier match à Pierre Mauroy, le Losc explose (0-4) face au Nice d’un certain Christophe Galtier, son prédécesseur. Et Lille ne rassure pas non plus dans le jeu où les performances poussives s’accumulent.

« Gourvennec démission »

Le 23 octobre, après un nul contre Brest, une partie du stade Pierre Mauroy entonne même des « Gourvennec démission », moins de trois mois après son arrivée. Forcément difficile à digérer mais le coach, apprécié de son groupe, ne dit rien et se réfugie dans le boulot. « On est toujours critiqué quand on est entraîneur. J’ai signé le 5 juillet et depuis je suis dans ma bulle. Je ne dis rien et je fais mon travail avec force et conviction », a réagi mercredi soir l’entraîneur lillois.

Le déclic finira par arriver début novembre avec une victoire à Séville (1-2) qui va totalement relancer le club en Ligue des champions et donner enfin du crédit à un coach tancé pour ses remplacements tardifs et sa tactique hésitante. Depuis la nuit sévillane, Lille est en train de relever la tête et Gourvennec aussi. Qualifié en 8e de finale de la Ligue des champions à la surprise générale et relancé en Ligue 1 avec une série de cinq matchs sans défaite, Lille retrouve progressivement ses standards de l’an passé.

« On marque l’histoire du club »

« J’ai l’ambition de permettre à Lille de progresser après son titre de champion. On y est, on marque l’histoire du club. Je vais continuer à faire mon travail en me battant tous les jours. J’arrive d’une région où on sait ce que c’est de se battre et j’arrive dans une autre où on le sait aussi », confie Gourvennec.

S’il continue sur ce rythme, le Nord va bien finir par l’adopter après l’avoir d’abord rejeté. La preuve qu’être bienvenu chez les Ch’tis n’est pas toujours évident, n’en déplaise à certains clichés.