FC Nantes : Les élus de Nantes métropole « regrettent » l’accord trouvé pour un déménagement près d’Ancenis

FOOTBALL Un accord a été trouvé entre le président du FCN et la communauté de communes du pays d'Ancenis pour la création d'un nouveau centre d'entrainement à 40 km de Nantes

Frédéric Brenon
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Waldemar Kita, président du FC Nantes, au centre d'entraînement de la Jonelière.
Waldemar Kita, président du FC Nantes, au centre d'entraînement de la Jonelière. — S.Salom-Gomis/Sipa
  • Le président du FC Nantes veut construire un nouveau centre d'entraînement et de formation.
  • Un terrain a été trouvé à Vair-sur-Loire, près d'Ancenis. Un accord sur le prix de vente est conclu.
  • Nantes métropole craint de voir le FCN quitter l'agglomération nantaise.

La fracture se précise entre Nantes métropole et le FC Nantes. Mardi après-midi, un accord a été trouvé entre Waldemar Kita et la communauté de communes du pays d’Ancenis (Compa) au sujet de la vente d’un terrain sur la commune de Vair-sur-Loire destiné à y installer le nouveau centre d’entraînement du FCN. Le bureau de la Compa a en effet accepté le principe de la cession d’une parcelle de 35 ha au prix de 2,1 millions d'euros. La vente de ce terrain, situé à 40 km de la Jonelière, n’est pas encore définitivement conclue mais une étape décisive vient d'être franchie.

Les élus de Nantes métropole, qui craignent de voir s’enfuir ce club populaire et historique hors de l’agglomération nantaise, n’apprécient pas du tout la tournure des événements. Ils l’ont fait savoir mercredi, par l’intermédiaire du comité de pilotage en charge du suivi des projets du FCN. « Nous regrettons cette décision du président du Football club de Nantes. Johanna Rolland et l’ensemble des élus métropolitains font part de leur attachement, et de celui de tous les amoureux du club, à ce que le FCN reste à Nantes ou dans sa métropole », réagit ce comité réunissant des élus de tous bords politiques.

Ils expliquent que la métropole avait proposé deux solutions au FC Nantes : une installation partagée entre la Jonelière et la plaine sportive de Basse-Landes, ou un déménagement à Orvault. « Force est de constater que ces propositions ne suffisent pas, en termes de disponibilité foncière, aux volontés du président du club. Nous restons fermes sur nos positions et prêts à en échanger avec le président du club. »

« Les Nantais n’ont plus que leurs yeux pour pleurer »

Installé depuis 1978 à la Jonelière (centre José-Arribas), le FC Nantes souhaite s’agrandir pour mieux accueillir ses différentes équipes, notamment les féminines. Or l’extension sur le site actuel est rendue impossible en raison de contraintes environnementales (classement Natura 2000). Un départ à Vair-sur-Loire, près d’Ancenis, permettrait à la fois au président Waldemar Kita de disposer d’un terrain suffisamment grand pour ses projets, mais aussi de prendre une revanche personnelle sur la présidente de Nantes métropole, Johanna Rolland, à qui il reproche encore d’avoir stoppé brusquement le projet de stade privé Yellopark en février 2019. A l’inverse, un tel déménagement, aussi loin de la ville de Nantes, inquiète fortement les supporters, de même qu’une partie des salariés du club.

« Il est malheureusement trop tard. Et les Nantais n’ont plus que leurs yeux
pour pleurer », s’alarment les conseillers métropolitains d’opposition, Sébastien Arrouët et Julien Bainvel (LR). « Nous payons aujourd’hui les conséquences du fiasco du YelloPark et de l’incapacité totale de Johanna Rolland à proposer au FCN une relation apaisée et efficace avec la collectivité, estiment-ils. Son inaction a affaibli notre territoire et d’autres ont su en tirer parti. C’était malheureusement prévisible. »