FC Nantes : L’enquête pour fraude fiscale visant Waldemar Kita a été confiée à un juge d’instruction

SOUPÇONS Suspecté de fraude fiscale et de blanchiment, l'actuel président du FC Nantes pourrait faire l'objet d'une mise en examen

F.B. avec AFP
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Waldemar Kita, président du FCN, le 3 octobre 2021.
Waldemar Kita, président du FCN, le 3 octobre 2021. — S.Salom-Gomis/AFP

La justice ne lâche pas Waldemar Kita. L’enquête sur des soupçons de fraude fiscale visant le président du FC Nantes a été confiée fin septembre à un juge d’instruction, a appris vendredi l’AFP de sources judiciaire et proche du dossier. Selon cette première source, le parquet national financier (PNF) a ouvert le 27 septembre 2021 une information judiciaire dans ce dossier portant sur des soupçons de fraude fiscale, de fraude fiscale aggravée et de blanchiment, ce qui pourrait augurer d’une possible mise en examen prochaine. Contactés, les avocats de Waldemar Kita, qui a déjà été entendu par les enquêteurs selon la source proche du dossier, n’ont pas répondu.

Le PNF avait confirmé en février 2019 avoir ouvert une enquête préliminaire visant l’homme d’affaires franco-polonais, qui aurait été ouverte en 2017 plusieurs mois après un article du Monde citant le nom de Waldemar Kita dans l’affaire des Panama Papers comme actionnaire de sociétés offshore. Des perquisitions avaient eu lieu en ce même mois de février 2019 au centre d'entraînement des Canaris, au siège parisien des laboratoires Vivacy, qui appartiennent à Waldemar Kita, ainsi qu’à son domicile.

Le fisc français lésé d’au moins 15 millions d’euros ?

D’après une enquête de décembre 2020 de Mediapart, Mediacités, Le Soir et De Standaard, citant un document judiciaire, le président du FC Nantes est soupçonné d’avoir « lésé le fisc français de 14,8 millions d’euros, uniquement au titre de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ».

Waldemar Kita, très critiqué par de nombreux supporters du club, « a par ailleurs touché, entre 2010 et 2019, au moins 70 millions d’euros au Luxembourg, sur lesquels il n’a payé aucun impôt sur le revenu en France, puisqu’il est résident fiscal en Belgique », assuraient aussi ces médias. Des saisies pénales auraient été effectuées, parmi lesquelles un appartement parisien et, temporairement, un yacht lui appartenant.

Société en Belgique

L’actuel dirigeant du FC Nantes, qui a bâti sa fortune sur l’optique puis l’acide hyaluronique, a acquis le club de football nantais en 2007. Le club a par ailleurs vu son nom apparaître dans le cadre des « Football Leaks », via un article du journal belge L’Echo fin 2016. Le quotidien économique y indiquait qu’une grande part des actions du club (plus de 99 %) était détenue par une société basée en Belgique, une manœuvre qui viserait à éviter les impôts sur les plus-values réalisées lors de la vente des actions.

Une autre enquête s’intéresse à la régularité de certains transferts du FC Nantes, un autre sujet de contentieux retentissant avec les supporters et plusieurs anciens entraîneurs.