RC Toulon : Après de « longues semaines de pressions » pour Collazo, l’espérance du renouveau

RUGBY Patrice Collazo a été démis de ses fonctions d’entraîneur « d’un commun accord » avec son club, le Rugby Club Toulonnais

Adrien Max
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Patrice Collazo n'est plus l'entraineur du RCT, « d'un commun accord », avec le club.
Patrice Collazo n'est plus l'entraineur du RCT, « d'un commun accord », avec le club. — XAVIER LEOTY / AFP
  • L’entraîneur du Rugby Club Toulonnais (RCT), Patrice Collazo, et son club ont décidé de mettre fin à leur collaboration « d’un commun accord ».
  • Cette décision intervient après un début de saison compliqué pour le RCT, les Toulonnais sont avant dernier du Top 14.
  • Frank Azema, l’ancien entraîneur de Clermont (2014-2021), est pressenti pour remplacer Patrice Collazo.

Un communiqué laconique pour mettre fin à une collaboration de plus de trois saisons.​ Patrice Collazo n’est plus l'entraîneur du Rugby Club Toulonnais « d’un commun accord » avec son président, Bernard Lemaitre, depuis mercredi. Etonnant quand on sait que celui qui a succédé à Mourad Boudjellal défendait encore son entraîneur au début du mois, dans les colonnes de L'Equipe. On fait le point avec Yann Delaigue, ancen ouvreur du XV de France et du RCT sur les questions qui entourent le club.

Trop de pression sur Collazo ?

Collazo a longtemps pu compter sur le soutien de son président. « Ce n’est peut-être pas là où la vox populi voudrait me conduire que se situe le problème. Si un général a de mauvaises troupes, il ne va pas gagner la guerre », avançait Lemaitre, face à la gronde des supporteurs, après un mauvais début de saison. Préférant au passage charger ses joueurs plutôt que son staff, dont il louait « l’énorme » et « sérieux » professionnalisme. Un sursaut d’orgueil bénéfique puisque les Toulonnais avaient remporté leur match contre Brive (13-9) dès le lendemain. Mais trop furtif. Le RCT chutait dans la foulée face au Racing. Avant la gifle contre reçue contre La Rochelle (39-6), dimanche dernier, qui aura finalement scellé le départ de Collazo.

« Je suis quand même surpris. Parce que quelques jours avant, le président avait eu des mots rassurant sur la fonction de Collazo. Mais en même temps, non. Parce que Toulon enchaîne les contre-performances et dégringole au classement. Collazo sort de longues semaines de pressions », explique à 20 Minutes l’ancien joueur du RCT Yann Delaigue.

Une pression externe émanant des supporteurs, mais aussi interne selon certaines rumeurs. « Les tensions avec les supporteurs sont claires, même si je pense que le président en fait abstraction. Après pour ce qui est des conflits internes c’est toujours difficile quand on ne le vit pas de l’intérieur. Mais d’après ce que j’ai pu lire, l’entraîneur était en train de perdre son vestiaire », avance l’ancien demi d’ouverture international.

Un effectif insuffisant ?

Il est toujours plus facile de remplacer un entraîneur que de changer la moitié de son effectif. Celui du RCT est fourni, mais Collazo n’a pu s’appuyer dessus depuis le début de la saison. « Toulon a un effectif de 40 joueurs, avec dix superstars, dix très bons joueurs et 20 bons joueurs de club. Dans la première catégorie, Collazo a dû faire face à l’absence de huit ou neuf éléments. Dans le deuxième, à peu près cinq. Donc c’est difficile quand les meilleurs joueurs du club sont en sélection ou absents… Après, l’effectif reste malgré tout riche pour gagner contre Perpignan », souligne Yann Delaigue. Ce que n’ont pas fait les Toulonnais fin septembre (défaite 12-9).

Qui pour le remplacer ?

Les vraies raisons de cette éviction n’ont pas encore été détaillées par Bernard Lemaitre, le président doit tenir une conférence de presse vendredi matin. Mais plutôt que de s’épancher sur le passé, il y a de fortes chances qu’il regarde de l’avant en annonçant le successeur de Patrice Collazo. James Coughlan, l’entraîneur de la défense et des avants, assure pour l’instant la préparation du match contre Biarritz.

Franck Azema, l’entraîneur de Clermont de 2014 jusqu’à la saison dernière, semble tenir la pole position pour succéder à Collazo. « Le dossier semble vite avancer. Azema a fait ses preuves avec Clermont qui a longtemps joué les premiers rôles, dans la constance des résultats et dans le beau jeu proposé. Il a su construire un groupe et est resté dix ans dans le même club », avance Yann Delaigue.

Un profil qui correspond à la volonté du président du RCT de bâtir sur la durée, avec la construction d’un nouveau campus. Mais pour cela, l’équipe première doit d’abord engranger des résultats, alors que les Toulonnais figurent à une bien triste avant dernière place du Top 14.