OM – PSG : « L’impression qu’ils sont encore plus heureux d’être là... » L’incroyable ferveur du Vélodrome depuis le retour des supporters

FOOTBALL L’Olympique de Marseille reçoit le PSG ce dimanche (20h45) dans un stade Vélodrome à guichets fermés

Adrien Max
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Une immense ferveur émane des virages du Vélodrome à chaque match de l'OM à domicile.
Une immense ferveur émane des virages du Vélodrome à chaque match de l'OM à domicile. — Daniel Cole/AP/SIPA
  • Le choc de Ligue 1 entre l’OM et le PSG se jouera ce dimanche dans un stade Vélodrome plein à craquer.
  • Aucun match ne s’est joué devant moins de 50.000 spectateurs (jauge fixée par le club contre Bordeaux) depuis le début de la saison.
  • Depuis le retour des supporters après la pandémie de Covid-19, chaque match se joue devant « une ambiance des grands soirs ».

« C’est le feu, une ambiance des grands soirs à chaque match. Il n’y a pas de petits matchs depuis le début de la saison ». Wahid supporter de l'Olympique de Marseille et abonné depuis vingt ans dans les virages du  Vélodrome, se régale depuis le début de saison, et le retour tant attendus des supporters dans les stades. « Le premier match que j’ai refait, c’était en amical contre Villarreal. Les virages n’étaient pas pleins, malgré ça ce n’étaient que des frissons, avec une ambiance de malade. Ma première réaction a été de me rendre compte à quel point ce stade est immense. Il y avait plein d’émotions mélangées, c’était fabuleux », conte-t-il.

Depuis, les virages sont pleins à chaque match, avec une énergie incroyable. Sara, qui vit à Paris pour le travail, n’attendait qu’une chose depuis le début de la saison : retourner au Vélodrome. C’est chose faite depuis dimanche dernier et le match contre Lorient. « C’était incroyable. C’était encore plus fort et plus blindé qu’avant le Covid. Mon dernier match devait être contre Toulouse, et là ça n’avait rien à voir. Il y a toujours des moments de creux dans les encouragements, pas là. Les deux virages étaient parfaitement synchronisés sur le " Aux Armes ", alors que d’habitude il y a toujours des petits loupés », relate-t-elle.

« L’impression que les supporters sont encore plus heureux d’être là »

Wahid, qui vit à seulement 200 mètres du stade Vélodrome, a lui aussi perçu cette folie depuis le retour des supporters au stade après la pandémie de Covid-19. « C’est particulier, on sent qu’on a été privé de notre bonheur pendant une longue période. Donc les gens sont excités. Je les vois arriver beaucoup plus tôt devant le stade, pour se poser au café, au bar. Tu sens une atmosphère particulière », avance le supporter.

Une sensation partagée jusque sur la pelouse, comme l’a expliqué Dimitri Payet à l’issue du match contre Lorient : « Oui on a l’impression que les supporters sont encore plus heureux d’être là. Nous, on se rend compte de cette année qu’on a passée sans eux, et les deux se retrouvent. Les résultats et le jeu qu’on produit donnent de l’espoir aux supporters, il y a des buts. C’est ce que le public attend de nous, qu’on donne le meilleur de nous-même. Et le public s’identifie bien à son équipe cette année. »

Fumigène en Ganay

Enfin, le public Marseillais retrouve une philosophie de jeu propre à sa devise : Droit au But. Jorge Sampaoli propose un jeu débridé, à la différence d’André Villas Boas, plus pragmatique, dirons-nous. « Il y en avait marre de jouer les nuls, de marquer sur un accident et de gagner sur un 1-0 dégueulasse. La philosophie de jeu de cette année est agréable, il y a des lacunes bien sûr, mais ça fait du bien de se dire qu’on joue l’attaque, je me régale », savoure Sara.

« Pour moi il y a un peu de tout, l’après covid, la philosophie de jeu et les bons résultats, estime Wahid. Si tu avais un coach avec un système qui ne ressemble à rien, et pas de résultat, ça aurait eu l’effet inverse. Ça aurait été chaud pour nos joueurs et le staff, ils auraient pris cher. Malgré le petit passage à vide dernièrement, tu sens les supporters derrière le coach et les joueurs. On a la chance d’avoir Sampaoli et des joueurs qui renaissent de leurs cendres comme Payet. Ça transcende un stade ». Au point de voir des fumigènes s’embraser en tribune latérale, comme en Ganay, toujours contre Lorient, et des supporters reprendre certains chants des virages.

Hommages

La parfaite relation entre Pablo Longoria et ses supporters n’est pas non plus étrangère à cette ambiance. Comme avec ces banderoles de soutien envers joueurs et direction après les incidents de Nice, du jamais vu sous la présidence d’Eyraud. « La différence avec l’ancienne direction c’est juste qu’il comprend parfaitement le système OM et ses supporters. Il comprend comme ils fonctionnent et pour l’instant c’est un sans-faute », estime Wahid.

Comme lors des différents hommages rendus ces dernières semaines, après les disparitions du célèbre René Malleville, du jeune Clément et du « Boss », Bernard Tapie. Qui à chaque fois ont offert, des moments d’émotions, comme lors des tifos pour Tapie. « C’était hyper émouvant. Les tifos étaient incroyables, c’est fou ce qu’ils arrivent à faire, les idées, la mise en place, c’était incroyable », relate Sara.

Ou comme lors des chants entre supporters lensois et marseillais pour Clément. « C’était beaucoup de tristesse, tout nous est tombé d’un coup. Ça a été très difficile pour nous tous. L’OM rassemble tout autour de ce qui compose le club, pas seulement les supporters, tout autour aussi et ça renforce les liens. La disparition de Clément, un jeune qui supporte son équipe avec ses potes pour passer du bon temps, et qui meurt comme ça, ça m’a beaucoup peiné. La communion entre supporters, et avec les supporters adverses de Lens, c’était quelque chose de très fort », poursuit Wahid.

« Vous êtes happés par l’ambiance »

Autant de moments forts qui ont conquis la jeune recrue, Cengiz Under. Des déclarations sur le site de l’UEFA avant de jouer contre la Lazio jeudi, histoire de se mettre un peu plus les supporters dans la poche. Mais n’oublions pas que le Turc a connu les ambiances de Galatasaray et de Fenerbahce : « Tout le monde sait que ce club possède des supporters incroyables. Et maintenant, je comprends de quoi il s’agit. Vous pouvez voir l’excellente relation entre le club et les supporters sur et en dehors du terrain. C’est l’une des choses qui m’a le plus touché, je joue devant les meilleurs fans d’Europe. Cela me rend fier. Ils ont une influence énorme. Dès que vous entrez sur le terrain, vous êtes happés par l’ambiance. On a l’impression qu’ils jouent à vos côtés », a-t-il tressé comme couronnes.

Dimanche, contre le PSG, ils seront plus de 67.000 à pousser leur équipe pour le premier match de la saison à guichets fermés. Et les places ne se sont jamais arrachées aussi chères. Le stade Vélodrome truste aussi le haut du classement des affluences depuis le début de saison, avec pas moins de 50.000 supporters à chaque match, comme pour l’accueil de Bordeaux (50.000 spectateurs), avec une jauge fixée par le club. Quelque 38.500 supporters se sont abonnés cette saison, plus qu’en 2018/2019, la saison qui avait suivi l’épopée de Ligue Europa.