France – Espagne : « Des avantages et des inconvénients »… Deschamps au tableau noir pour parler défense à trois

FOOTBALL Le sélectionneur ne garantit pas que les Bleus évolueront à trois derrière contre l'Espagne, mais a quand même pas mal théorisé sur le schéma tactique entrevu à Turin

W.P.
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Didier Deschamps a beaup parlé de défense à 3
Didier Deschamps a beaup parlé de défense à 3 — Shutterstock/SIPA

De notre envoyé spécial à Milan,

Comme le dirait Marc de la Flamme : « il est trop tôt pour faire un choix, mais ma décision est prise ». C’est plus ou moins ce que nous a inspiré la première réponse de Didier Deschamps en conférence de presse sur le système à trois défenseurs. En gros « c’est possible que je joue à trois derrière » mais ce n’est pas encore sûr. C’est qu’en face, l’Espagne joue à quatre et que jusqu’ici DD n’a joué à trois défenseurs centraux que face à des équipes qui jouaient de la même manière. Or, et c’est une certitude, « l’Espagne jouera à quatre derrière, avec une animation très classique, même si elle a été modifiée en 4-4-2 losange au match précédent. Après, peut-être que c’était pour s’adapter à l’Italie. »

La défense à trois, donc. Ou plutôt à cinq en phase défensive, histoire de bien occuper toute la largeur. Un phénomène bien visible au stade quand on accepte un peu de délaisser le ballon pour avoir une photo d’ensemble de la partie. « Le désavantage, c’est que contre l’Espagne c’est forcément plus compliqué parce que la largeur est mieux occupée avec des doublettes espagnoles qui se forment [sur les côtés]. » L’avantage, puisqu’il y en a, se situe en attaque. Le 3-4-1-2 permet à Didier Deschamps d’aligner un triangle en pointe, et pas n’importe lequel : Benzema et Mbappé sont assistés par Griezmann en appui.

Manque de pratique

Enfin, pour revenir à la ligne de trois, le sélectionneur des Bleus a estimé que la présence de Raphaël Varane en tant que défenseur axial s’imposait. D’une, parce qu’il a vaguement eu l’occasion de tenir cette place au Real Madrid et de deux, car c’est le leader naturel de la défense française. « Il a l’expérience, et c’est plus facile de guider les autres en étant dans cette position axiale. »

Malgré tout et en dépit de tout ce savoir théorique, la France manque encore de pratique dans ce schéma qui nous paraît être le bon par rapport à l’effectif dont dispose Deschamps. Hugo Lloris, qui précédait Deschamps en conférence de veille de finale de Ligue des Nations, s’était montré un poil fataliste à ce sujet. « Seul l’enchaînement peut nous permettre de nous y adapter. Il n’y a peut-être pas assez de matchs et d’entraînements en Bleus pour perfectionner tout ça. Mais on se sert des matchs pour s’améliorer en tant qu’équipe. » En espérant que la France progresse encore dimanche à San Siro.