Bruges-PSG : Doit-on vraiment dézinguer Paris après ce mauvais match nul ?

FOOTBALL Malgré la présence de son trio Messi-Neymar-Mbappé, le club parisien n’a pas été capable de battre Bruges pour son entrée en lice en C1

Nicolas Camus
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Lionel Messi lors de Bruges-PSG en Ligue des champions, le 15 septembre 2021.
Lionel Messi lors de Bruges-PSG en Ligue des champions, le 15 septembre 2021. — Olivier Matthys/AP/SIPA
  • Le PSG a fait match nul à Bruges (1-1) pour son premier match en Ligue des champions, mercredi soir.
  • Pas le résultat attendu, bien sûr, pour l’un des grands favoris de la compétition, qui inaugurait en plus son trio magique Messi-Neymar-Mbappé.
  • Battus dans l’engagement et fébriles en défense, les Parisiens sont encore en plein rodage.

De notre envoyé spécial à Bruges,

Les commentaires ironiques et les raccourcis ne devraient pas manquer ce jeudi matin. Le PSG, avec ses stars au salaire annuel équivalent au PIB du Burundi, tenu en échec chez le petit club belge au budget trois millions de fois inférieur dans son stade un peu vétuste qui sent le football vrai, ça ressemble à une véritable aubaine pour se farcir le club parisien. Tout ne sera pas immérité, parce que l’équipe de Mauricio Pochettino n’a globalement pas été à la hauteur de cette grande soirée de lancement de la Ligue des champions, donnant trop souvent l’impression de jouer en chaussons quand son adversaire avançait le mord aux dents. Mais il faudra veiller quand même à faire un peu le tri.

C’est un fait, les Parisiens ont été ballottés, voire complètement dépassés sur certaines séquences où Marquinhos et Kimpembe ont écopé comme ils ont pu face à la horde brugeoise qui arrivait face à eux sans se voir opposer une résistance digne de ce nom. Des joueurs belges d’ailleurs assez étonnants, notamment le petit Lang, sur son côté gauche, qui a rendu fou toute l’arrière-garde parisienne, bien secondé par Vanaken et De Ketelaere. « On est tombés face à une belle équipe, il faut savoir le reconnaître, même si on n’a pas joué notre meilleur football, observe Kimpembe. Ils ont du mérite. Ça a été un match compliqué. »

« Je suis très fier de mes joueurs, ils ont fait un très grand match, mentalement, physiquement, tactiquement », souffle l’entraîneur Philippe Clément. Le Flamand cherche ensuite le bon mot en Français pour exprimer le fond de la pensée. Il y arrive enfin, dans un grand sourire. « Les couilles, voilà, s’exclame-t-il. Mes joueurs ont joué avec ça aussi. On n’a pas fait que défendre, et c’était très important. Je pense que c’est un match historique pour Bruges. »

La motivation de l’adversaire « ne doit pas être un problème »

On avait cru le comprendre, effectivement, en voyant les scènes de joie en tribunes et sur la pelouse au coup de sifflet final, quelques minutes plus tôt. Elle est peut-être là, justement, la vraie leçon de ce match. Le champion de Belgique, pas un si petit club que ça au passage avec ses 100 millions d’euros de budget (presque autant que le Losc, par exemple) pour sa quatrième participation d’affilée à la C1, a disputé cette rencontre comme une vraie finale, quand rien ne compte après. Le PSG davantage comme un tour de chauffe, ce qui peut se comprendre à moitié, mais pas se défendre.

Car la furia belge est un avant-goût de ce qui attend la quincaillerie parisienne partout en Europe. Absolument tout le monde va vouloir son scalp. « Il est clair que Bruges avait toute la motivation nécessaire pour nous battre, note Pochettino, qui avait pourtant prévenu. Cet aspect ne doit pas être un problème. C’est plutôt normal, on doit passer outre. » Rien ne sert d’en faire trop, toutefois. Paris n’a pas perdu, aurait pu perdre sans Navas mais aurait aussi pu l’emporter si Messi avait eu un peu plus de réussite sur sa frappe enroulée en première période, finalement repoussée par la barre.

City, le crash-test

Ce match nul est un moindre mal, pour une équipe encore loin d’être prête et qui était privée de Verratti et Gueye au milieu, pas inutiles quand il s’agit d’aller au charbon et ressortir proprement sous la pression. « Je suis quand même content des efforts de l’équipe. On n’a pas passé une bonne soirée mais il faut rester tranquille, continuer de travailler, c’est le plus important, pose le coach argentin. Il faut le temps nécessaire, on va essayer de faire mieux et de jouer mieux. »

Le vrai crash-test, en fait, sera la réception de Manchester City dans quinze jours. Face au grand rival pour la première place du groupe et prétendant également à la victoire finale, qui vient d’en coller six à Leipzig, les Parisiens devront montrer qu’ils ont avancé. Ce serait encore mieux de pouvoir travailler avec Mbappé, sorti mercredi soir après s’être tordu la cheville et dont on aura plus de nouvelles dans les 48 heures, mais son absence ne changerait rien au fond de l’histoire. Avec cette équipe, la patience sera vite épuisée.