Etats-Unis : Témoignage poignant de Simone Biles, qui accuse la fédération de gymnastique d’avoir « permis » les abus de Nassar

PEDOCRIMINALITE Devant le Congrès, la championne olympique et trois autres gymnastes ont également critiqué la lenteur de l'enquête du FBI

P.B. avec AFP
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Les gymnastes américaines Simone Biles, McKayla Maroney, Aly Raisman et Maggie Nichols témoignent devant le Congrès américain sur les abus de Larry Nassar, le 15 septembre 2021.
Les gymnastes américaines Simone Biles, McKayla Maroney, Aly Raisman et Maggie Nichols témoignent devant le Congrès américain sur les abus de Larry Nassar, le 15 septembre 2021. — S.LOEB/Sipa

« Je m’appelle Simone Biles, et je suis une survivante d’abus sexuels. » Devant une commission du Congrès américain, mercredi, les gymnastes Simone Biles, McKayla Maroney, Maggie Nichols et Aly Raisman ont dénoncé avec force l’inaction de la fédération américaine face aux abus de l’ex-médecin Larry Nassar sur de jeunes athlètes pendant deux décennies. Elles ont également demandé que toute la lumière soit faite sur la lenteur du FBI, qui a mis près de 18 mois avant d’arrêter Nassar, qui a continué ses abus pendant ce temps.

Simon Biles n’a pas pu retenir ses larmes quand elle a dû prononcer le nom du pédocriminel. Et s’il a été condamné à plusieurs peines de prison à perpétuité pour des agressions sexuelles sur plus de 250 gymnastes, la plupart mineures, la championne olympique de Rio insiste : « Je rends responsable Larry Nassar et je rends responsable un système entier qui a permis et perpétré ces abus, la Fédération américaine de gymnastique et le Comité olympique américain ». « Quelle est la valeur d’une petite fille ? », s’est-elle interrogée lors d’un témoignage poignant.

Une première enquête refermée

Un rapport de l’inspection générale du ministère de la Justice, un organisme indépendant, s’est montré très sévère envers le bureau local du FBI à Indianapolis, où le patron de la fédération de gymnastique avait le premier rapporté les accusations contre l’ostéopathe en juillet 2015. L’enquête avait été refermée en septembre et il avait fallu un autre signalement, huit mois plus tard, pour qu’une nouvelle enquête aboutisse.

McKayla Maroney, elle, a concentré sa colère sur le bureau local du FBI qui avait recueilli son témoignage contenant des détails très précis sur les agressions. « Non seulement le FBI n’a pas fait d’enquête, mais quand (les agents fédéraux) ont finalement fait un rapport 17 mois plus tard, ils ont fait de fausses déclarations sur ce que j’avais dit », a accusé l’ancienne gymnaste de 25 ans, qui avait été agressée quand elle avait 13 ans.

Les excuses du patron du FBI

Aly Raisman, qui avait révélé avoir été agressée à partir de 2010, avait dénoncé Larry Nassar en 2015 à la Fédération. Pourtant, « le FBI a mis 14 mois pour me contacter malgré mes nombreuses demandes de témoigner », a dit la jeune fille de 27 ans. Maggie Nichols, 24 ans et première à avoir dit avoir subi des abus sexuels, s’est dite « hantée par le fait que même après avoir signalé mes agressions, tant de femmes et de jeunes filles ont souffert ».

Le directeur du FBI, Christopher Wray, a présenté ses excuses aux jeunes femmes pour les « manquements » du bureau d’investigation, sans vraiment en expliquer les raisons. Mais il a promis que « toutes les leçons » en seraient tirées pour que cela « ne se reproduise plus jamais ».