JO 2021: Le contre de Batum, les larmes d'Agbegnenou... Nos moments forts de ces quinze jours à Tokyo

JEUX OLYMPIQUES On ne fait pas beaucoup plus dense que quinze jours à couvrir les Jeux olympiques

N.C. et J.L.
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Zorro est arrivé.
Zorro est arrivé. — Charlie Neibergall/AP/SIPA
  • Ça y est, clap de fin pour les Jeux olympiques de Tokyo, qui se terminent ce dimanche.
  • Entre les médailles attendues, les surprises, les restrictions sanitaires, il s’est passé 1.000 choses pendant ces quinze jours. Les envoyés spéciaux de « 20 Minutes » vous ont concocté une rétrospective des meilleurs moments.

De nos envoyés spéciaux à Tokyo,

Sayonara Tokyo. Ce serait un peu mentir de dire qu’on n’a pas vu le temps passer, mais pas question de faire la fine bouche. Quand ce sont vos premiers Jeux olympiques, c’est quand même dur de ne pas être comme un gosse devant la densité d’épreuves qui se présente à vous chaque jour. Et encore, on n’a pas couvert le quart de la moitié de ce qu’on aurait voulu faire. Plein de souvenirs au final, d’enflammades, de mauvaise foi, d’émotions devant les joies et les peines des champions. On vous raconte comment on les a vécus en 11 petits épisodes.

Le moment où on a compris que ces Jeux seraient compliqués

Les 43 formulaires à remplir pour avoir accès à des codes permettant de télécharger des applications pour enregistrer ses activités prévues sur place, avant même le départ, nous avaient mis la puce à l’oreille. Et pourtant, après avoir passé cinq heures à l’aéroport, c’est le fait d’avoir dû prendre chacun son taxi pour rejoindre l’hôtel alors qu’on venait de passer les 12 heures de vol côte à côte et qu’on allait dormir dans la même chambre pendant trois semaines qui nous a fait vraiment prendre conscience que la logistique allait prendre beaucoup de place dans ces Jeux. Les trois bonnes heures passées chaque jour dans les navettes officielles ensuite n’ont fait que confirmer le traquenard. Jusqu’à ce 14e jour béni, où l’organisation vous remet votre pass pour les transports publics. Alléluia.

Le moment le plus dingue de nos JO

Notre panthéon de la première semaine a oscillé entre la victoire au judo par équipes contre le Japon et la remontada incroyable des filles du fleuret contre l’Italie. Mais au fond, rien n’a vraiment surpassé les 44 dernières secondes de la demi-finale de basket entre la France et l’Italie. Le passage en force de Fournier, le dernier ballon pour Luka AK 47, et ce contre gigantesque de Nico « Batman » Batum sur Prepelic quand tout était perdu, pouaaaaaaaaaah le panard absolu. Encore plus avec ce petit seum de Doncic à la sortie, comme si l’arbitrage y était pour quelque chose dans son 2/127 à trois points en deuxième mi-temps.

Le papier qu’on a kiffé écrire

Si la couverture des podiums tricolores perd un peu de sa saveur au fil de la quinzaine à force d’habitude, le sentiment de plénitude qui escorte la première médaille d’or du pays n’a pas d’équivalent. Surtout quand elle est aussi improbable que celle de Romain Cannone à l’épée, le deuxième jour des Jeux. On avait interviewé un peu par hasard le futur champion olympique quelques semaines auparavant lors d’un rendez-vous médias, et on était bien contents de connaître son histoire avec les Etats-Unis avant de se lancer dans le récit de la victoire. Sinon, on n’aurait jamais eu cette punchline de feu : « Les Américains ne voulaient pas de moi. Je me suis dit "Ok, je retourne en France, je vais vous prouver que je vaux quelque chose."» C’est fait, Romain.

Notre révélation des Jeux

Comme 98% de la population, notre expérience en escalade se limitait jusque-là à une paroi de 3 mètres de haut moyennement verticale lors d’une classe nature en CM2. La découverte du mode compétition a été un des bons moments de ces Jeux. Certes, le format combiné (vitesse-bloc-difficulté) n’avait rien d’évident pour les athlètes, qui ne pratiquent jamais les trois spécialités en temps normal, mais il a eu le mérite de montrer au grand public toutes les facettes de ce sport, avec des stars qui ont joué le jeu. Le décor était pas mal non plus… Il a juste manqué une petite médaille française pour que le tableau soit complet.

Quand on a regretté de se lever à 5 heures du mat’

Là, c’était sûr, c’était de l’or tout cuit. De quoi pousser à mettre le réveil à 5 heures du mat’ après être rentré à un bon minuit la veille. Vincent Luis au triathlon et Marc-Antoine Olivier sur le 10 km en eau libre valaient bien ça. Résultat? Les yeux qui piquent, et pas qu’à cause de la fatigue. Favoris, ils sont tous les deux passer à côté, sans pouvoir l’expliquer. On n’a même pas pu se consoler avec une bonne gueulante de Philippe Lucas. Le coach d’Olivier était bien là, torse poil en train de suivre la course sur l’écran géant, et on se disait qu’il allait sauver notre matinée. Même pas.

La victoire qui nous a mis les larmes aux yeux

On n’est pas plus judo que ça et on ne la connaît pas personnellement, mais bon sang, Clarisse Agbegnenou aura presque réussi à nous tirer une larmichette quand elle a renversé Tina Trstenjak en finale des -63 kg au Budokan. Cinq ans que l’une des plus grandes judokates de l’histoire parlait de ce titre qui lui manquait tant, avec en plus la douleur de devoir attendre plus que prévu, jusqu’à ce moment. Son visage à cet instant précis, sa façon de porter son adversaire slovène (qui l’avait justement battue en finale à Rio) juste après, la réaction de cette dernière, sincèrement heureuse pour la Française… Il y avait tout dans ces quelques secondes qui nous foutent encore les poils.

Pas besoin de légende.
Pas besoin de légende. - CHINE NOUVELLE/SIPA

La fois où on a eu l’impression d’être Pablo Escobar

Pas d’histoire de drogue ici, on rassure nos chefs (et nos parents). Mais ce retour à pied du Stade olympique le quatrième jour de compétition dans l’illégalité la plus totale, bluetooth éteint, le pas pressé et le regard fuyant parce qu’on n’avait pas le droit de sortir du périmètre JO, a fait battre fort notre petit cœur de citoyens modèles. Mais bon, à 1 heures du mat’, quand on a vu que c’était 25 minutes de marche ou deux heures de bus en repassant par l'autre bout de la ville, on n’a pas hésité longtemps. 

La zone mixte qui restera longtemps

Il y en a eu des tristes (Samir Aït-Saïd), des émouvantes ( Kevin Mayer), des euphoriques ( judo par équipe), mais celle qu’on retiendra, parce qu’elle réunit un peu toutes les émotions, est celle des rameuses Claire Bové et Laura Tarantola après leur médaille d’argent, au cœur de la première semaine. Ce jour-là, on a vu le bonheur à l’état brut, deux filles réellement touchantes, qui se sont livrées l’une sur l’autre avec la plus grande sincérité. C’était beau, et on a pris plaisir à essayer de le retranscrire au mieux.

La phrase qu'on a trop entendue

«Je donne rendez vous à Paris en 2024.» Aaaaaaaah. On ne l’a pas fait, mais très franchement, on aurait pu l’écrire dans CHAQUE papier relatant les exploits et – surtout – les déceptions des athlètes tricolores. Cinquième à un rien de la médaille ? «Je donne rendez vous à Paris en 2024.» Eliminé en qualifs après une perf désastreuse ? «Je donne rendez vous à Paris en 2024.» Une blessure qui a empêché de donner le maximum ? «Je donne rendez vous à Paris en 2024.» La pression mal gérée des premiers Jeux ? «Je donne rendez vous à Paris en 2024.»

Ca marchait à toutes les sauces et personne ne s’en est privé. En même temps, la perspective d’une édition à la maison, dans seulement trois ans et non quatre, ça vous pousse n’importe quel sportif même plus proche de la fin à s’accrocher encore un peu. En attendant, on repart avec 33 médailles.

La fois où on n’a pas vu Claude Onesta sur un site

Jamais ! Le patron de la haute performance était absolument par-tout dans ces Jeux. On a bien essayé de le piéger une ou deux fois en allant au skate, à l’escalade ou au VTT, à plus de heures de route à l’ouest de Tokyo, mais rien à faire, il était toujours là. On l’a d’ailleurs désigné un peu rapidement comme le chat noir des Bleus au début de la quinzaine, avant de se rendre compte qu’en fait, c’était nous.

La fois où on a regretté de pas avoir de crème solaire

Dimanche 25 juillet, deuxième jour des JO. On est encore des petits poussins tout juste sortis de l’hôtel, et on ne savait pas à quoi on s’exposait en s’accréditant naïvement pour le skate messieurs. 8h32, Vincent Milou en piste pour son premier run de qualification. Il fait déjà un cagnard pas possible, avec un taux d’humidité avoisinant les 120 % (dans notre dos en tout cas), et pas le début du commencement d’un pet d’ombre en tribune de presse. Exposée plein soleil évidemment. Quatre heures plus tard, le front tout rouge et trois kilos en moins, on entre dans le premier 7-Eleven venu. Allez hop, la crème indice 50 pour papa. On peut s'inscrire sereinement pour le BMX.