JO 2021 – Athlétisme : « C’était ça ou j’arrêtais »... Kevin Mayer s’est résolu à prendre des anti-inflammatoires

DECATHLON Le Français, cinquième avant la deuxième journée, souffre du dos depuis qu’il a débarqué au Japon

Julien Laloye
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Kevin Mayer, au bord du précipice sur le décathlon.
Kevin Mayer, au bord du précipice sur le décathlon. — Jewel SAMAD / AFP
  • Soumis à des spasmes réguliers depuis son arrivée aux JO de Tokyo, Kevin Mayer a beau « détester » prendre des anti-inflammatoires, il a fini par dire oui.
  • « Au dernier lancé j’ai vu les étoiles, je me suis dit que je n’allais pas pouvoir continuer comme ça. C’était ça ou j’arrêtais », explique le décathlonien à 20 Minutes.
  • Crampé au 400m, Mayer se retrouve loin du compte, à la cinquième place d’un classement largement dominé par Warner mais il repart jeudi avec le 110m haies et selon lui « tout est possible ».

De notre envoyé spécial à Tokyo,

Il n’avait pas voulu y avoir recours ce matin, pensant que « ça allait passer », même sur le poids, l’épreuve qui sollicite le plus ancrage dorsal, soumis à des spasmes réguliers depuis son arrivée au Japon. Mais Kevin Mayer a beau « détester » prendre des anti-inflammatoires, il a fini par dire oui. « On a bossé pour relâcher le dos avec un gros massage et puis j’ai abattu cette carte que je n’abats pratiquement jamais. A un moment donné, après le poids, je suis tellement effondré par la douleur, se rappelle le décathlonien. Au dernier lancé j’ai vu les étoiles, je me suis dit que je n’allais pas pouvoir continuer comme ça. C’était ça ou j’arrêtais. L’avantage c’est comme je n’en prends jamais par rapport à d’autres, ça a un effet du tonnerre. »

Boosté pour la hauteur…

En effet, le Mayer qui s’est présenté au saut en hauteur en soirée n’avait plus grand-chose à voir avec son ombre traînante du matin. Le vice-champion olympique de Rio envoie la sauce à deux reprises sur le dernier essai, battant même son meilleur saut en carrière (2m08). « J’ai pu me libérer à la hauteur comme je ne m’étais pas libéré depuis très longtemps », explique-t-il.

Sauf que le concours dure des plombes, puisqu’il faut laisser la piste aux épreuves de sprint et de demi-fond très régulièrement, et qu’une crampe au mollet se réveille au pire moment. Juste avant le départ du 800m qui conclut la première journée, déjà pas une tasse de thé pour Mayer à la base. « J’ai senti la crampe dès le départ, alors je n’ai pas osé partir vite et ça se ressent sur le chrono. » 50’31, à plus de deux secondes de son record. La bonne opération est aussitôt effacée. « Les points que je gagne à la hauteur, je les perds vachement sur le 400. »

…Crampé au 400m

Résultat, Mayer se retrouve loin du compte, à la cinquième place d’un classement largement dominé par Warner, qu’on imaginait à juste titre comme son rival le plus dangereux. Les motifs d’espoir, puisqu’il y en a ? Les effets durables des anti-inflammatoires – « Je n’aurai plus mal jusqu’à jeudi soir, enfin j’espère » – et le profil de Mayer, habitué à bâtir ses décathlons le deuxième jour.

« Tout est possible, tout le monde sait que j’ai une très grosse deuxième journée, veut croire le champion du monde 2017. Maintenant, il faut que j’arrive à optimiser mes épreuves comme j’ai réussi à optimiser la hauteur. » On repart jeudi avec le 110m haies. Deux heures du mat' à Rodez, vous vous levez si vous voulez.