Surf : « J’utilise plus le potentiel qu’il y a autour de chez moi », affirme Léa Brassy

DAMES DE PEAK (3/5) Exploits sportifs, dépassement de soi, soif d’aventure… « 20 Minutes » part à la rencontre de surfeuses passionnées de sensations fortes et d’immensités bleues

Clio Weickert
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Léa Brassy dans le film Immersion
Léa Brassy dans le film Immersion — © Immersion ? Captain Yvon Studio
  • Cet été, « 20 Minutes » part à la rencontre de surfeuses passionnées de sensations fortes et d’immensités bleues.
  • Exploits sportifs, dépassement de soi, soif d’aventure… Toutes ont dédié leur vie aux vagues et ont tenté de repousser les limites du corps et de l’esprit.
  • Dans le troisième épisode de la série, Léa Brassy, en « Immersion » dans les eaux fraîches de sa Manche natale.

Cet été, afin de célébrer la glisse et les premières épreuves historiques de surf aux Jeux Olympiques de Tokyo, 20 Minutes vous propose de partir à la rencontre de  surfeuses passionnées de sensations fortes et d’immensités bleues. Après Justine Dupont, dompteuse de vagues géantes à Nazaré au Portugal, direction les côtes normandes avec la free surfeuse et apnéiste Léa Brassy.

Il y a quelques années encore, vous auriez pu la croiser sur une plage du Chili, de Polynésie ou d’Islande. Comme beaucoup d’amateurs d’embruns et de vagues, le surf l’a mené aux quatre coins du globe, portée par une soif d’aventures et de rencontres, mais aussi ce besoin de découvrir d’autres « philosophies de vie ». « Le surf était un des ingrédients mais c’était surtout de voir comment les gens vivaient quand ils étaient proches de la mer, ce qu’ils faisaient et comment moi je pouvais y trouver ma place », explique-t-elle.

Mais après quasiment deux décennies à parcourir le monde, c’est finalement dans le sud des Landes que la jeune femme de 35 ans a fini par accoster, pour y vivre une vie plus simple, et plus en cohérence avec ses convictions écologiques. Elle cultive ses propres légumes et produit son miel, dans une démarche d’autonomie. « J’apprends un peu tout ça pour savoir ce que ça représente de pouvoir subvenir à ses besoins alimentaires », précise-t-elle. Malgré ce changement de vie, le surf est toujours bien présent dans son quotidien. Il l’a tout récemment guidé vers une tout autre aventure, en immersion dans la Manche, d’où est originaire sa famille, et là où tout a commencé.

Aux origines normandes d’une passion marine

C’est à Siouville-Hagues, dans le Cotentin, que Léa Brassy a découvert le surf à l’âge de 11 ans grâce à son frère. Un sport qui à l’époque était loin de l’emballement rencontré depuis quelques années. « Là où j’ai commencé il y avait très peu de surfeurs, très peu de femmes à l’eau, très peu de matériels et d’organisation. Aujourd’hui il y a un pôle espoir, un club de surf, plusieurs écoles, ça n’a rien à voir. Il y a tout le temps du monde à l’eau, nous c’était l’aventure, on allait dans l’eau tout seul, c’était un tout autre paysage sportif », explique-t-elle.

Et c’est dans les vagues normandes, là où ses amours pour le surf et la mer sont nés il y a plus de 20 ans, que Léa Brassy est retournée pour Immersion, un 52 minutes réalisé par le duo de réalisateurs Captain Yvon Studio, sorti début juin et disponible en téléchargement par ici. Les bénéfices de sa diffusion sont par ailleurs intégralement reversés à la SNSM Manche, l’association des Sauveteurs en Mer.

L’aventure à portée de main

Pour ce film documentaire produit par Attitude Manche, une association qui promeut l’attractivité de ce département, elle est donc partie à la rencontre de six habitants qui ont un lien étroit avec ses deux passions. On y découvre ainsi Basile Pinel, surfeur chevronné et « shaper », fabricant de superbes planches, mais aussi Alban Lenoir, un ostréiculteur. Plus surprenant, elle y fait aussi la connaissance de la chorégraphe Marion Motin (qui a notamment travaillé avec Christine and the Queens ou Angèle), qui s’inspire des mouvements adoptés par les surfeurs sur les vagues, qu’elle assimile à de la danse. Une image qui prend réellement tout son sens grâce aux nombreuses séquences de surf, à la fois contemplatives et vivifiantes.

« En revenant dans la Manche, j’avais envie de partir en voyage à la rencontre de personnages qui ont un lien fort avec la mer, avec le littoral. Je savais que ces personnes allaient me parler du territoire d’une manière très personnelle. », explique Léa Brassy en conclusion de son documentaire. L’aventure à portée de main ? « Il suffit juste de quitter son confort et ses habitudes, changer les ingrédients et c’est déjà l’aventure », affirme-t-elle. Et bien entendu, toujours cet amour intact pour le surf, même si les vagues peuvent nous sembler moins exotiques que sous les tropiques. « C’est la même chose, j’utilise plus le potentiel qu’il y a autour de chez moi et je valorise un peu plus les choses simples mais qui n’en sont pas moins intéressantes ».