Le pickleball, un sport intergénérationnel mêlant le tennis, le tennis de table et le badminton

HORS TERRAIN Nantes est une place forte nationale de cette discipline, très répandue aux Etats-Unis

David Phelippeau

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Stéphanie et Ronan lors d'une partie de double.
Stéphanie et Ronan lors d'une partie de double. — D.P. / 20 minutes
  • Chaque jeudi, dans sa rubrique « hors terrain », « 20 Minutes » explore de nouveaux espaces d’expression du sport, inattendus, insolites, astucieux ou en plein essor.
  • Aujourd’hui, découvrons le pickleball, sport inventé aux Etats-Unis et énormément pratiqué là-bas.
  • Cette discipline, dont Nantes est une place forte en France, se pratique à tout âge.

Trois sports de raquette en un, voici le pickleball. Cette discipline, venue tout droit des Etats-Unis, mélange le badminton pour la dimension du terrain, le tennis pour le filet et le tennis de table pour la prise en main de la raquette. L’histoire de la  création de ce sport dans les années 1960 aux Etats-Unis prête à sourire. « Un jour, un retraité, qui était avec sa famille dans son jardin, a baissé le filet et joué avec des raquettes en bois pour que tout le monde puisse jouer, raconte Ronan Le Roch, président du  pickleball Nantes. Il a fait ses propres règles. Et comme il ne savait pas comment appeler ce sport, il l’a baptisé du nom de son chien : Pickle [cornichon en anglais]. »

Trois à cinq millions de personnes jouent désormais de l’autre côté de l’Atlantique. En France, la discipline, qui peut aussi bien se jouer en salle qu’en extérieur, est arrivée il y a seulement sept ans (un gros millier de pratiquants dans l’hexagone). Depuis quatre ans, Nantes est devenu une référence nationale. Samedi, huit terrains de pickleball, financés par la mairie, seront inaugurés, à la plaine de jeux de Sèvre et un tournoi suivra. C’est en 2017 que ce sport a fait son apparition dans la cité des ducs sous l’impulsion de Ronan Le Roch. « Je faisais beaucoup de tennis, mais j’étais souvent blessé. Un jour, j’ai tapé "tennis léger" sur Internet et je suis tombé sur le pickelball. » Car c’est une spécificité de cette discipline, « ce n’est pas un sport basé sur la force physique ».

La balle de pickleball.
La balle de pickleball. - D.P. / 20 minutes

La raquette en composite atténue la puissance de la balle, qui est « en plastique, très légère et criblée de petits trous ». Le service s’effectue à la cuillère par exemple. Hors de question donc d’envoyer « un parpaing » comme au tennis. « C’est un sport très accessible pour tout le monde, intergénérationnel et qui n’est pas traumatisant pour les articulations du haut du corps. » La catégorie reine, c’est le double mixte et ça montre à quel point « le rapport de force est très léger ».

Au pickleball Nantes, club affilié à l’Ufolep (Union française des œuvres laïques d’éducation physique), ils sont pas loin de 80 à se retrouver plusieurs fois dans la semaine pour transpirer. Les responsables font parallèlement la promotion d’une discipline qui se démocratise de plus en plus dans les collèges de l’agglo. « La mairie de Nantes nous aide beaucoup à nous faire connaître, reconnaît Ronan Le Roch. Elle aime en général les sports un peu méconnus comme le floorball ou le kinball. » Et Nantes peut s’enorgueillir de posséder dans ses rangs le numéro 1 français : Dimitri Rabiller, un prof d’EPS de 25 ans.

On a testé pour vous...

Ludique, technique et un peu physique si on n'a pas envie de perdre... On a testé le pickleball en double. Accompagné d'Yves, le doyen du club, on a battu (après un petit temps d'adaptation pour comprendre le placement et le comptage des points) Stéphanie et Axel en deux sets très accrochés au bout d'une rencontre à rebondissements. On a mouillé le tee-shirt pour s'offrir un joli succès. Malgré nos quarante printemps passés, pas une douleur, pas une courbature le lendemain.