Euro 2021 : La bulle stricte des Bleus, entre protection et mise à l’épreuve de la vie de groupe

FOOTBALL Les Bleus sont partis pour un mois et demi de bulle sanitaire et vont devoir se réinventer pour garder la pêche tout au long de l’aventure

William Pereira
— 
Didier Deschamps et Steve Mandanda
Didier Deschamps et Steve Mandanda — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA
  • L’équipe de France a entamé sa préparation pour l’Euro à Clairefontaine.
  • Les Bleus passeront le prochain mois et demi dans une bulle des plus strictes.
  • La question de l’équilibre entre la santé physique et mentale se pose forcément.

A Clairefontaine,

Toujours sans supporters mais avec un peu d’humain. L’équipe de France s’est entraînée jeudi à Clairefontaine devant un collège de journalistes confortablement installé en tribunes, une habitude pas désagréable que l’apocalypse sanitaire a vite fait de nous faire oublier. Les conférences de presse (physiques) du jour avaient un parfum d’heureuses retrouvailles, même si on sent bien que les restrictions ne sont jamais bien loin. Les photographes – qui d’habitude aiment jouer les contorsionnistes au sol pour nous offrir de belles photos de conf – sont priés de prendre leurs photos depuis leur siège, et ceux qui tombent le masque pour poser leurs questions sont rappelés à l’ordre.

On ne vous dessine pas le protocole dans son entièreté, mais garder cette bulle immaculée revêt un enjeu de taille pour Didier Deschamps, qui rappelait mercredi en conférence de presse que « si un joueur est positif, c’est fini, il quitte la compétition ». Les contacts avec l’extérieur sont donc interdits pour minimiser les risques et des tests PCR sont réalisés plusieurs fois par semaine.

« Cela ne nous amène pas 100 % de garantie mais on est dans une bulle sanitaire très stricte où tout est réduit. On va faire en sorte d’être le plus vigilant possible, comme on l’a fait sur les derniers rassemblements. » Avec la palme d’or de l’hypocondrie pour Guy Stéphan. « On peut tout imaginer : un livreur qui va toucher une poignée, on la touche ensuite et ça y est, le virus est transmis. On doit tout prévoir, même l’imprévisible. »

La santé oui, le moral aussi

L’histoire récente a prouvé qu’on n’était jamais trop prudent avec le Covid, et que, si on ne peut pas gagner une compétition sur le seul respect des gestes barrière, on peut la perdre en brisant la bulle – on s’abstiendra de taper une 50e fois sur le XV de France pendant le tournoi des VI Nations même si ça nous démange toujours autant. Et puisque le casse-tête n’est pas assez compliqué comme ça, la question sanitaire est accompagnée d’un facteur psychologique inhérent aux situations de confinement, vous et nous en savons quelque chose. « Quand on enlève des libertés, ce n’est jamais agréable pour personne, concède Deschamps. Il faudra qu’on s’adapte et que ça n’impacte pas le moral et l’objectif qui est le nôtre », a-t-il fait valoir.

Jusqu’au 14 juin, date de leur départ pour l’Allemagne, les Bleus ne sortiront du camp de base qu’à de très rares occasions : une balade en forêt à vélo, comme mercredi soir, et deux déplacements, à Nice du 1er au 3 juin pour affronter le pays de Galles, puis à Enghien-les-Bains les 7 et 8 juin, pour le second match de préparation contre la Bulgarie à Saint-Denis. Raphaël Varane ne s’en cache pas, s’il est souvent question de fatigue physique à ce stade de la saison, l’usure mentale peut s’avérer redoutable : « Le fait de s’évader est important, mais on en aura rarement la possibilité. Ça sera à nous de nous entendre, de bien faire vivre le groupe. A nous d’animer, de prendre du plaisir ensemble. »

Ondes positives

Didier Deschamps compte également sur la dynamique positive de toujours et sur ses 14 champions du monde pour chasser la morosité loin de l’équipe pendant le mois et demi à venir. Pour le moment, il n’y a guère de soucis à se faire. L’euphorie des retrouvailles et l’excitation de l’Euro qui se profile prennent le pas sur le reste. « A eux, conclut Deschamps, de mettre des ondes positives dans le groupe pour bien vivre ensemble comme ils ont su bien le faire par le passé. C’est évidemment une aventure sportive, mais aussi une aventure humaine. Et dans cette aventure, il y a l’ensemble du staff à rajouter. Deux groupes tous rivés et fixés sur le même objectif. » Gagner l’Euro. Et garder la bulle intacte.