Basket : Après Monaco, Strasbourg aussi champion d'Europe ? Le club alsacien est en plein renouveau cette saison

BASKET Le club alsacien entame ce jeudi le Final 8 de la Ligue des Champions

Thibaut Gagnepain

— 

La SIG de Yannis Morin (à gauche) avait réalisé un match référence face à l'Asvel fin avril (98-95).
La SIG de Yannis Morin (à gauche) avait réalisé un match référence face à l'Asvel fin avril (98-95). — FREDERICK FLORIN / AFP
  • Et si un deuxième club français remportait une coupe d'Europe cette saison ? Après Monaco en Eurocoupe, Strasbourg tente sa chance à partir de jeudi en Ligue des Champions.
  • Les Alsaciens ont rendez-vous avec Tenerife pour leur quart de finale du Final 8 à Nijni Novgorod, en Russie.
  • Peuvent-ils créer la sensation ? Le club strasbourgeois s’est bien repris cette saison après deux années difficiles. Zoom sur ce renouveau.

C’est LA saison du basket français. Une semaine à peine après le triomphe de l’AS Monaco en Eurocoupe, Strasbourg pourrait soulever un autre trophée continental ce week-end : la Ligue des Champions. Le triomphe passera par trois victoires en quatre jours, à Nijni Novgorod, en Russie. Dont une première ce jeudi face aux Espagnols de Tenerife (16 heures) en quart de finale

Mission impossible pour les Alsaciens ? L’an dernier voire ces deux dernières saisons, la question ne se serait même pas posée. La SIG était dans le dur à tel point que Vincent Collet avait été écarté de son banc en janvier 2020. Mais depuis quelques mois, elle est revenue sur le devant de la scène. Française d’abord avec 12 victoires sur ses 15 derniers matchs de Jeep Elite et une actuelle troisième place au championnat. Et européenne donc avec cette qualification in extremis au Final 8 de la BCL.

Un effectif remodelé

« C’est comme si Cendrillon s’était invitée au bal, c’est un rêve », résume avec le sens de la formule Nicola Alberani. Arrivé il y a tout juste un an, le directeur sportif italien est l’un des principaux responsables du renouveau de l’équipe strasbourgeoise. Avec le jeune entraîneur Lassi Tuovi (34 ans), ils ont complètement remodelé l’effectif.

Finis les gros CV (pour la France hein !) comme David Andersen, Alexis Ajinça, Miro Bilan ou A.J. Slaughter, place à des éléments davantage tournés vers le collectif. « On a cherché des joueurs complémentaires à chaque poste et que chacun puisse apporter des choses différentes », reprend Alberani. « Par exemple, au pivot, Yannis [Morin] est très grand et Ike [Udanoh], pardonnez-moi l’expression, aime la merde ! En meneurs, Brandon Jefferson est lui un gros scoreur alors que Jean-Baptiste Maille est plutôt un joueur de cœur. »

« Comme si des frères jouaient ensemble ! »

Surtout, cette équipe strasbourgeoise s’est retrouvée sur une valeur : le combat. « Les mecs ne renoncent jamais et n’ont pas peur », résume le coach en louant aussi la capacité de travail de son groupe. « Le meilleur exemple pour le montrer, c’est que tout le monde vient à chaque entraînement facultatif », image l’intérieur Léo Cavalière.

L’intérieur, arrivé l’été dernier de l’Elan Béarnais, a découvert en Alsace « une vraie famille ». « C’est une bande de bons gars, il y a vraiment une bonne ambiance. C’est comme si des frères jouaient ensemble ! Ce n’est que la deuxième fois dans ma carrière que je vis ça », insiste-t-il, avant d’être chambré par l’Américain Bonzie Colson, le principal scoreur de l’équipe et joueur hyper complet.

« Avec notre cœur et notre esprit… »

« Dans le train dans lequel on est depuis quelques mois, tout est possible dans ce Final 8. J’ai confiance en l’équipe, elle a déjà montré qu’elle savait se mobiliser », reprend Martial Bellon, sans nier la qualité du premier adversaire. Actuel 3e du championnat espagnol, Tenerife a déjà remporté la Ligue des Champions en 2017 et en a été finaliste en 2019.

« Ils ont industrialisé le haut niveau […] Pour moi, avec Burgos (l’éventuel adversaire en demi-finale), ils ne pratiquent pas le même sport, exagère Nicolas Alberani. Mais avec notre cœur et notre esprit, nous pouvons essayer d’être au niveau. » Après tout, Monaco n’était pas plus favori contre Kazan…