Mondial du vent à Leucate : C’est quoi le wingfoil, dernier né des sports de glisse ?

MER Dans l’Aude, le Mondial du vent accueille pour la première fois en France une compétition de wingfoil, discipline qui connaît un véritable essor ces dernières années

Nicolas Bonzom

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On peut faire d'impressionnantes figures en wingfoil
On peut faire d'impressionnantes figures en wingfoil — Zinou Guiri
  • Dans l’Aude, jusqu’à dimanche, le Mondial du vent accueille notamment la première (et unique) étape française de la Coupe du monde de wingfoil. Les quarante meilleurs riders du monde s’affronteront sur un parcours simple et une compétition freestyle.
  • Le wingfoil, dernier né des sports de glisse, permet aux riders d’avoir l’impression de glisser sur l’eau, grâce à une aile légère, qu’ils tiennent directement avec les mains.
  • Et on peut pratiquer presque n’importe où, dès que le vent est léger.

Peut-être avez-vous déjà aperçu ces drôles d’oiseaux, en Méditerranée : ils tiennent leur aile d’une main et volent sur l’eau, debout sur une drôle de planche, équipée d’un aileron. Le wingfoil, dernier né des sports de glisse, connaît un véritable essor, ces dernières années. Cette discipline (qui décoiffe) est d’ailleurs, jusqu’à dimanche, l’une des stars du Mondial du vent, à Leucate (Aude).

L’événement, que l’on ne pourra suivre que les réseaux sociaux cette année en raison de l’épidémie de Covid-19, accueillera la première (et unique) étape française de la Coupe du monde de wingfoil. Les quarante meilleurs riders du monde s’affronteront sur deux épreuves : un parcours simple, en slalom, et une compétition freestyle. Car oui, on peut faire des figures, en wingfoil. Et c’est même particulièrement spectaculaire. « Des saltos avant, des saltos arrière, des vrilles horizontales, des vrilles verticales », détaille Nicolas Akgazciyan, qui est parmi les compétiteurs en lice, au Mondial du vent.

« Ce sont des sensations que je n’avais jamais eues »

Ce rider audois, champion multiprimé de windsurf, le nom anglais de la planche à voile, a craqué ces dernières années pour le wingfoil. « C’est une combinaison de plusieurs disciplines, confie-t-il. Ça ressemble un peu, visuellement, à une planche à voile, sauf que l’on tient directement une aile, similaire à celle d’un kitesurf, dans les mains. Et on tient en l’air, sur une planche, dont la grandeur est à peu près similaire à celle d’un surf ou d’un wakeboard, équipée d’un foil. » Le rider est ainsi propulsé par le vent, grâce à cette aile gonflable particulièrement légère, qu’il tient avec des poignées.

On aurait, presque, l’impression de voler, entre le ciel et la mer. « La sensation est un peu comparable au fait de faire du snowboard sur de la neige molle, c’est une glisse douce, reprend ce champion. Si le windsurf est une route caillouteuse, le wingfoil est une route avec du bitume. » Bruno Messina, fou de kitefoil, formateur au Creps et moniteur dans des écoles de la région, s’est, lui aussi, passionné pour cette nouvelle discipline. D’abord, un peu par hasard. « Et en fait, c’est génial, ce sont des sensations que je n’avais jamais eues, confie cet Héraultais. Je connaissais la sensation d’être sur une planche avec un foil, mais être en direct, avec le vent, c’est très agréable. »

Le wingfoil est l'une des stars du Mondial du vent à Leucate
Le wingfoil est l'une des stars du Mondial du vent à Leucate - Mondial du vent

On peut naviguer « dès que le vent est léger »

Et, le petit plus, c’est que l’on peut pratiquer « n’importe où », poursuit Bruno Messina, dès lors qu’il y a un peu de fond. « On s’en moque qu’il y ait des digues, des immeubles… En kite, c’est plus compliqué, on ne peut pas se mettre à l’eau n’importe où. » Il faut, simplement, du vent. Mais en Occitanie, l’une des régions les plus ventées d’Europe, on est particulièrement bien pourvu. Dans l’Aude, notamment, à Leucate et à La Franqui, où le Mondial du vent se tient depuis près de 25 ans. C’est ici, dans ce coin où le vent souffle à décorner les bœufs, que Nicolas Akgazciyan s’entraîne. Mais l’avantage du wingfoil, c’est qu’on peut naviguer « dès que le vent est léger », confie-t-il.

Et, selon lui, le wingfoil, qui permet d’aller presque aussi vite qu’une planche à voile, a « de beaux jours devant lui ». « Ce sport ne peut qu’exploser, note le rider, qui enseigne, lui aussi, la discipline dans un club, qu’il a créé il y a quelques mois. C’est très accessible. Ça va séduire des pratiquants de windsurf, de kitesurf, et même des personnes extérieures au monde de la glisse. Chez les enfants, dès qu’ils savent nager, l’initiation peut débuter, avec des ailes adaptées, dès l’âge de 7 ou 8 ans. »