JO 2021 : Se qualifier, « c’est mission impossible mais je vais tout faire pour y arriver », admet le Monégasque Kevin Crovetto

INTERVIEW Le gymnaste de 28 ans est contraint à une grosse performance lors des championnats d’Europe qui se déroulent du 21 au 25 avril

Propos recueillis par Elise Martin

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Kevin Crovetto, gymnaste monégasque, espère se qualifier pour les JO de Tokyo
Kevin Crovetto, gymnaste monégasque, espère se qualifier pour les JO de Tokyo — S. Maggi / COM
  • Kevin Crovetto a commencé la gymnastique à 8 ans, à Monaco.
  • Gymnaste de haut niveau, il a participé aux Jeux olympiques de Rio en 2016 et espère revivre cette expérience cette année, à Tokyo, en décrochant une place lors des championnats d’Europe à Bâle.

Avec la crise sanitaire liée au Covid-19, les épreuves de gymnastique pour se qualifier aux jeux olympiques ont été annulées pendant un an. Un contexte qui a limité les possibilités des athlètes de participer à la compétition qui se déroulera cet été à Tokyo.

Les championnats d’Europe qui commencent mercredi à Bâle, en Suisse, sont donc la dernière chance de Kevin Crovetto, gymnaste monégasque, pour espérer vivre cette expérience pour la deuxième fois, après les JO de Rio en 2016. Il revient avec 20 Minutes sur ce challenge qu’il est prêt à relever.

Comment se sent-on à la veille d’une compétition déterminante comme celle-ci ?

Evidemment, il y a un peu de stress parce qu’avec le Covid-19, il y a eu une grosse coupure. Il y a trois semaines, j’ai quand même eu de la chance de participer, en équipe, au Top 12 et de me remettre dans l’ambiance de compétition. D’habitude, il y a deux ou trois événements chaque mois, donc après cette pause d’un an, le Top 12 était un bon moyen de me jauger et de me préparer avant les championnats d’Europe à Bâle. Ça a été un bon retour dans cet univers. Aujourd’hui, je me sens prêt. Je vais transformer cette petite appréhension pour me transcender lors de ce challenge.

Quels sont les enjeux de ces championnats pour votre carrière ?

Les championnats de Stuttgart, en 2019, étaient aussi l’occasion de se qualifier. Je revenais d’une blessure donc je n’étais pas à 100 %. Maintenant, il reste deux places pour revivre l’expérience incroyable que j’ai déjà vécue à Rio en 2016. Mais le niveau est très élevé. Il faut être dans l’un des deux premiers gymnastes d’Europe, sachant que le championnat européen est l’un des meilleurs du monde, ça va être très compliqué, voire mission impossible. Mais je vais tout faire pour y arriver car j’ai de la chance de pouvoir y participer. Pour le moment, je reste focalisé sur cette compétition et j’ai hâte de montrer ce que je sais faire et ce que j’ai préparé.

En quoi a consisté votre préparation ?

Je m’entraîne tous les jours, 50 semaines sur 52 chaque année. En général, c’est 25 heures par semaine, soit biquotidien soit toute la journée. J’alterne avec du renforcement musculaire, des répétitions d’éléments de bases et des mouvements nouveaux. Pour être en haut niveau, c’est un travail acharné, une hygiène irréprochable, donc beaucoup de sacrifices quand on a 28 ans. Mais quand on a la possibilité de faire un métier qu’on aime, on se sent privilégié. Je vis de mon sport, je n’ai pas l’impression de travailler alors je donne le maximum. J’ai cet esprit de conquérant depuis que je baigne dans cet univers, depuis vingt ans maintenant.

Quelle sera la suite pour vous si jamais vous ne décrochez pas le ticket pour Tokyo ?

J’ai déjà de la chance de pouvoir faire les championnats, alors je prends ce que j’ai. Dans tous les cas, les Jeux olympiques sont une compétition qu’il faut préparer au moins huit ans en avance. Dès la fin de la compétition, je travaillerai pour le prochain cycle olympique [les JO 2024]. Je prendrai quand même une petite pause pour repartir ensuite à fond parce que tous ces événements sont assez intenses à vivre.