Alpes-Maritimes : Amateurs comme professionnels, la saison a été « très particulière » pour les clubs sportifs de la Côte d’Azur

COVID-19 L’Olympique Carros Basketball ne comptait que 45 licenciés cette saison contre 280 « en temps normal »

Elise Martin

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Un match du club de basket de Carros, avant la crise sanitaire
Un match du club de basket de Carros, avant la crise sanitaire — Olympique Carros Basketball
  • Seuls les sportifs professionnels peuvent continuer de pratiquer lors de cette crise sanitaire ce qui n’a pas empêché les clubs d’avoir des conséquences sur leur saison.
  • Pour certains sports, la saison est déjà terminée depuis longtemps, pour Philippe Agostini du club de basket de Carros, « elle n’a jamais commencé ».
  • Les jeunes du club de Carros s’entraînaient en extérieur « sur du béton au lieu du parquet, ce qui a des impacts sur leurs articulations et leurs motivations ».

La saison 2019-2020 n’avait pas été bonne avec l’arrivée du coronavirus au mois de mars. Même si les sportifs espéraient de meilleures conditions pour cette année, « ce n’était pas mieux », souffle Philippe Agostini, président de l’ Olympique Carros Basketball, près de Nice.

« La saison 2020-2021 ? Ce n’est pas une saison, elle n’a jamais commencé », affirme-t-il. Habituellement, 280 licenciés sont inscrits dans son club, cette année, « il y avait à peine 45 enfants, les seuls autorisés à pratiquer, continue le coach. On a fait quatre matchs contre une quarantaine normalement ».

« Le niveau a plongé »

Selon lui, cette situation aurait pu être évitée si « on avait fait davantage attention au sport amateur qui est essentiel pour former les futurs professionnels ». Il développe : « En France, on a privé les joueurs de toutes les valeurs du sport et on en a dégoûté beaucoup. Certains venaient me voir en me demandant pourquoi ils ne jouaient pas avec des masques spécifiques dans le gymnase plutôt que se faire mal aux articulations sur le béton. Même si on avait la chance de jouer, dans ces conditions, on enlève tout le label « qualité » du basket comme le fait de jouer à l’intérieur et sur du parquet. ».

La crise sanitaire a des conséquences directes sur l’évolution des performances des jeunes. L’éducateur sportif qui fait partie du pôle espoir de la région analyse : « Le niveau a plongé. À un certain stade, sans compétition, on se demande pourquoi on joue et il y a une perte de motivation. Ça se retrouve mais ça prend du temps avec une année sans jouer. Pour les sélections, le passage d’amateur à professionnel a été retardé d’un an mais il n’y a pas plus de places donc on va forcément rater de grands talents. La détection va être plus dure. »

De plus, Philippe Agostini s’attend à une nouvelle baisse de licenciés l’année prochaine. « Il va falloir redonner envie de la balle orange. Ceux qu’on perd, on n’est pas sûr de les revoir… »

Des conséquences en professionnel

Des impacts se ressentent également dans les clubs professionnels même si « les amateurs ont plus souffert », admet Stan Sutor, coach du Nice Hockey Elite, 9e au classement du championnat de France de hockey sur glace. Il décrit une saison « instable et particulière ».

« À partir du mois d’octobre, le championnat a été revu tous les mois. Alors que les joueurs étaient habitués, parfois depuis vingt ans, à faire des matchs tous les deux à quatre jours, on en faisait à peine un par semaine. Mentalement, tout le monde n’a pas su s’adapter et être motivé pour performer. À cela, s’ajoute l’absence de public, dans un sport très « spectacle »».

Des aspects que Stan Sutor ne pensait pas devoir gérer en tant que coach. « Au bilan de fin de saison, des sujets sont remontés auxquels on ne réfléchissait pas avant, comme la vie des joueurs étrangers. Avec le confinement, ils se sont retrouvés loin de leurs proches ou avec des familles qui ne pouvaient pas partager leur vie de match. Ce sont des dommages collatéraux pour nous parce que ça peut influencer les signatures pour la prochaine saison. »

Pour le reste, « tout dépendra de la situation mondiale ». « Tout ce que je souhaite, c’est la santé à la terre entière », conclut-il en espérant exercer à nouveau devant du public.