Coronavirus à Nice : Certificat médical, sportif de haut niveau… Comment avoir accès aux salles de sport en plein Covid ?

FITNESS De la soixantaine de clubs implantés à Nice, seulement quelques-uns sont encore ouverts (mais sous conditions) en ce moment

Elise Martin

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Une salle de sport (Illustration)
Une salle de sport (Illustration) — SINTESI/SIPA
  • Les salles de sport comptaient près de 6 millions d’adhérents avant le Covid-19 en France.
  • Seuls certains publics avaient l’autorisation d’accéder aux clubs depuis le décret du 29 octobre. Certains utilisaient de « faux certificats » pour aller pratiquer.
  • Une révision du décret a récemment été publiée pour restreindre la clientèle dans les infrastructures.

Elles ont dû fermer dès le 28 septembre à Nice, comme 4.300 autres en France étant en « zone d’alerte renforcée ». Les salles de sport, qui connaissent une forte popularité ces dernières années avec près de 6 millions d’adhérents, subissent elles aussi la crise du Covid-19. Seuls quelques-uns d’entre eux ont encore la possibilité de se rendre dans ces infrastructures depuis début novembre, soit avec la présentation d’une ordonnance médicale soit pour des publics dits « prioritaires ».

Pour aller s’entraîner sur les machines, il faut alors être sportif professionnel, étudiant en sport, coach sportif (avec un diplôme d’État) ou alors avoir une prescription médicale qui prouve que vous avez une pathologie qui nécessite une pratique sportive, ce qu’on appelle une affection longue durée (ALD). Il y a 30 pathologies « ADL » inscrites sur la liste du ministère de la Santé, comme l’AVC invalidant, le diabète, l’insuffisance cardiaque grave, la tuberculose active, les affections neurologiques et psychiatriques graves ou encore le cancer.

« Ce sont les sédentaires qui ont le plus besoin de pratiquer »

Parmi les « chanceux » qui bénéficient du pass d’entrée, il y a Ben Gerrits, en troisième année de Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives) en management du sport. « Je ne connais que deux salles qui sont ouvertes à Nice, Fitness Park Jean Médecin et GigaFit au port. Ce qui fait qu’au final, il y a beaucoup de monde qui se retrouve aux mêmes endroits, aux mêmes horaires. Avec le couvre-feu, c’est ouvert de 8 h à 17 h 30 au lieu de 6 h à 23 h… Dans celle où je me rends, la capacité maximum est de 190 places. On se sent un peu serré ».

Il ajoute : « On est obligé d’avoir le masque, d’utiliser le gel hydroalcoolique en entrant, nettoyer les machines à chaque utilisation. C’est une ambiance un peu particulière. En plus, je trouve ça dommage de filtrer les gens autorisés de cette manière. Ce sont davantage ceux qui sont sédentaires qui ont le plus besoin de pratiquer. En Staps, par exemple, on a la possibilité de faire du sport à l’université ».

Une révision du décret du 29 octobre qui restreint la clientèle

Alors, certains ont essayé de « gratter », constate l’étudiant. « Je pense qu’il y en a qui avaient tellement envie de faire du sport et de se vider l’esprit qu’ils ont demandé des certificats à leur médecin généraliste sans remplir exactement les conditions ». Une pratique confirmée par  France Bleu et Nice-Matin. Interrogés à la sortie de leur séance, plusieurs clients ont avoué bénéficier d’une prescription sans avoir à prouver quoi que ce soit auprès de leur médecin.

« À la suite de la révision du décret du 29 octobre 2020, permettant l’accès au club au public prioritaire, publiée le 6 février 2021, nous vous informons que seuls les patients porteurs d’une ADL dans le cadre du parcours de soins, s’inscrivent dans la catégorie « personnes munies d’une prescription » et peuvent donc accéder à notre club », publiait le 8 février sur son compte Facebook l’une des seules salles ouvertes de Nice. « Une prescription médicale simple et/ou non conforme ne permet plus un accès à la salle », précisait-elle.

Conséquences du nombre trop important de certificats de complaisance ? D’après Ben Gerrits, « des descentes de forces de l’ordre ont déjà eu lieu ».