Sébastien Loeb et les autres
RALLYE•Le Français, qui a remporté le 49ème rallye de sa carrière sur les routes neigeuses de Norvège, montre une fois de plus qu'il est intouchable. Au détriment de l'intérêt du championnat...?Bertrand Tang
Comme Michael Schumacher en Formule 1 dans les années 2000, le pilote Citroën Sébastien Loeb règne sans partage en rallye depuis 2004. D’ailleurs le retrait cette saison des constructeurs japonais Suzuki et Subaru ne fait que renforcer cette impression de facilité. Seul Ford concurrence la Citroën de Loeb. Est-ce que cela dévalorise les performances du quintuple champion du monde? «Pas du tout, déclare Didier Auriol, l’ancien champion du monde WRC en 1994. Si on met Sébastien dans n’importe quelle voiture, il sera toujours le meilleur. Même s’il n’y a pas assez de concurrence en face de lui pour le pousser au bout, ça n’enlève rien à ses performances.»
Le rallye comme la F1 ?
Lors de l’emprise de Michael Schumacher -de 2000 à 2004- sur les circuits de F1, une désaffection du public pour la compétition avait pointé le bout de son nez. Des courses ennuyeuses boudées par les (télé)spectateurs. Aucun suspense pour le titre. La routine quoi. La Fédération automobile internationale avait alors modifié ses règlements pour relancer l’intérêt du championnat. Et donc contrer Ferrari et son pilote allemand. Le WRC va-t-il connaître le même sort? « Le seul problème, c’est qu’il n’y a pas assez d’équipe et que des pilotes de deuxième ligne, explique Didier Auriol. Il faut que l’investissement des constructeurs soit différent. Combien de pilotes sont payés? On ne compte que 8-9 pilotes d’usines. L’intérêt (du championnat) pourrait revenir si les constructeurs reviennent. Le choix se fait malheureusement par rapport au budget et non au pilote.»
Loeb fait peur
Pour sa deuxième victoire de la saison (après le Rallye d’Irlande) en autant de courses, le Français est en train d’asseoir sa domination psychologique sur ses principaux concurrents. Hirvonen, Solber ou encore Latvala savent qu’il ne faut pas être à 100% mais à 200%. La tactique employée par le Finlandais Hirvonen, lorsqu’il choisit de repasser derrière le Français en Norvège, résume bien la situation actuelle. Loeb fait peur! «C'était peut-être un aveu de faiblesse, car il ne voulait pas avoir Seb à ses trousses. C'est là qu'on s'est dit qu'on avait un petit avantage psychologique sur lui», expose Olivier Quesnel, le patron de Citroën Sports. Un homme tout terrain qui ne laisse donc que des miettes aux autres. «Pour battre Seb, il faut que chaque virage soit parfait, estime Mikko Hirvonen, actuel deuxième du classement général à six points. Quand mon fils joue avec ses petites voitures, il dit toujours que Seb est difficile à battre, il faut que je lui prouve que c'est possible en gagnant bientôt un rallye», espère Mikko Hirvonen.


















