Le Géant de «Jibééééé», au côté de ses cousins

SKI Au bord de la piste, les membres du fan club de Jean-Baptiste Grange ont beaucoup crié...

Romain Scotto

— 

Les cousins et supporters de Jean-Baptiste Grange, lors du géant des championnats du monde de Val d'Isère, le 12 février 2009.
Les cousins et supporters de Jean-Baptiste Grange, lors du géant des championnats du monde de Val d'Isère, le 12 février 2009. — R.Scotto/20minutes.fr
De notre envoyé spécial à Val-d'Isère,

Ils ont planté leurs drapeaux au pied de Bellevarde, tout près d'une grosse vache Milka. Une quarantaine d'amoureux de ski, levés depuis 3h30 du matin pour encourager leur favori. Celui que tous appellent Jibé. Ou plutôt «Jibééééé». Jean-Baptiste Grange, bien sûr. Vendredi matin, ils sont tous partis de Valloire, en bus, pour agiter leurs drapeaux et faire teinter leurs clarines.

Des supporters anonymes, des amis, mais aussi la famille du leader de l'équipe de France. «Nous, on est les cousins du Sud-Ouest, explique Alex, béret vissé sur le crâne. Mais il y a aussi ceux de Bretagne. On loge tous chez les parents de Jibé. On leur a piqué la maison, c'est génial!» Au total ils sont dix-sept à avoir rejoint les Alpes pour ces championnats du monde. Au programme, «surtout des bonnes bouffes. Et le soir on va clubber.» A Valloire? «Ouais, à Valloire, y'a des boîtes, faut pas croire.»

«Vas-y Jibé, bouffe-le»

Pour la première fois depuis quinze ans, toute la famille est réunie, mais depuis le début des épreuves, impossible de croiser celui qui les a invité. «On a voulu lui parler ce matin devant son hôtel, mais le mec d'Eurosport nous a dégagé, poursuit Muriel. Hier, sa mère, l'a eu au téléphone. Jibé lui a demandé des barres de céréales. Le petit, il voulait son goûter!». En attendant le repas familial de dimanche soir, tous se pressent dans l'aire d'arrivée. A la moindre apparition du cousin sur écran géant, c'est l'hystérie. Par -11 degrés, il faut aussi se réchauffer.

«On n'a pas souvent l'occasion de le voir en compet alors on en profite, sourit Melvyn. Nous on est de Douarnenez, on ne peut pas le suivre partout en Europe. Les courses, c'est toujours trop loin.» Cette fois leur cousin est tout proche. 450 mètres plus haut exactement lorsqu'il prend enfin place dans le portillon de départ. Les encouragements fusent. «Vas-y Jibééééé, bouffe-le.» Le Suisse Carlo Janka, leader provisoire est prévenu. Mais il ne tremblera pas longtemps. A l'arrivée, le héros du jour franchit la ligne avec 1‚65 de retard. Bizarrement, le niveau sonore baisse d'un ton.

«Le géant, c'est pas trop son truc»

«Aïe... C'est pas génial. Heureusement qu'il y a une seconde manche». «Tu crois qu'il nous a entendu? On a vachement crié pourtant...» Effectivement, le lien n'est pas mathématique. Tous les membres du fan club doivent maintenant patienter. Un peu plus de deux heures et demie pour «aller casser la croûte, se balader au soleil et revenir gueuler pour la deuxième manche», annonce Alex. Dans le groupe tout le monde sait que le podium sera très compliqué à aller chercher. Alors on tente de se rassurer: «De toute façon, c'est pas grave. Le géant, c'est pas trop son truc. Dimanche, par contre, vous verrez, ce ne sera pas la même chose.» Au bord de la piste, certains pourraient même crier encore plus fort.