Ca sent le roussi pour Anders Besseberg.
Ca sent le roussi pour Anders Besseberg. — Lee Jin-man/AP/SIPA

BIATHLON

Dopage : Prostituées, parties de chasse et pots-de-vin, comment la Russie a « acheté » l’ancien président de la fédération de biathlon

Une commission indépendante vient de rendre un rapport très sévère sur la collusion entre Anders Besseberg, président historique de l’IUB, et la Russie

Un rapport absolument destructeur pour l’image du biathlon et d’Anders Bessegerg, l’ancien patron tout-puissant de la Fédération internationale. La commission spéciale mise en place par son successeur vient de rendre son verdict à l’issue de deux ans de travaux, au cours desquels plus de 60 personnes ont pu être auditionnées.

Le résultat ? Sous la présidence de Besseberg, la fédération internationale de biathlon « n’a montré aucun intérêt pour les valeurs éthiques où la protection de ce sport contre le dopage ». Le Norvégien, forcé à démissionner en 2018 après les premières révélations de collusion, est aussi accusé d’avoir couvert la Russie de toutes les manières possibles et imaginables : « Il a de manière constante protégé les intérêts de la Russie dans tous ses actes et ses prises de paroles, bien au-delà de toute rationalité ».

Une « traductrice » pour l’accompagner en Russie

Dans le détail, selon le New York Times : Bessebger, président de l’IBU depuis 1992, aurait contribué directement à cacher plusieurs cas de dopages d’athlètes russes, et même de tout faire pour qu’une seringue pleine d’EPO retrouvée lors d’une épreuve de Coupe du monde soit jetée à la poubelle sans plus d’enquête, avec l’aide de la numéro 2 de la Fédération, Nicole Resch. Il faut dire que Besseberger était particulièrement bien traité par ses hôtes quand il venait en Russie : des cadeaux sous l’oreiller, des parties de chasses organisées à la bonne franquette pour faire plaisir à ce fan de carabine, et même des prostituées qui l’attendaient parfois dans sa chambre d’hôtel.

Trois médailles d’or pour la Russie en moyenne aux JO d’hiver

« Tout le monde savait dans les premiers cercles de la Fédération internationale que le président était accompagné d’une jeune "traductrice" pour tous ses séjours en Russie », précise le rapport, qui ajoute que l’ancien boss de l’IBU aurait touché au moins 200.000 dollars de pots-de-vin de la part de la Russie quand il était en poste. Quelques semaines avant son départ, il faisait encore le tour du comité exécutif de sa Fédération pour expliquer que les biathlètes russes étaient propres et qu’ils ne devaient en aucun cas êtres exclus des JO d’hiver de Pyongyang. Sous son règne, 2018 excepté, la Russie a toujours au moins remporté trois médailles d’or à chaque olympiade.