Stade Toulousain : Meilleur marqueur du Top 14, Matthis Lebel « oublié » par le XV de France

RUGBY Déjà auteur de huit essais cette saison en Top 14, dont un doublé dimanche face au Stade Français, Matthis Lebel n’a pas été retenu par Fabien Galthié. Mais le profil de l’ailier toulousain le destine à un avenir international

Nicolas Stival

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Même les juges de touche valident le style de Matthis Lebel.
Même les juges de touche valident le style de Matthis Lebel. — Frédéric Scheiber / AFP
  • Dimanche contre le Stade Français, Matthis Lebel a inscrit ses septième et huitièmes essais cette saison en Top 14.
  • Lundi, le jeune ailier du Stade Toulousain n’a pas été retenu par Fabien Galthié en vue du Tournoi des VI Nations.
  • Le patient Gersois assume son nouveau statut devant la presse comme sur le terrain.

La prophétie ne s’est pas encore accomplie. « Matthis Lebel sera international dans pas longtemps, et il le sera longtemps », assurait Ugo Mola, le manager du Stade Toulousain, au mois d’octobre. Depuis, le jeune ailier de 21 ans a flirté avec le XV de France, sans conclure, en restant hors du groupe lors des matchs de Coupe d’Automne contre l’Italie puis l’Angleterre. Et il ne figure pas dans la liste des 37 convoqués pour l’hypothétique Tournoi des VI Nations à venir.

« A mon poste, il y a quand même d’excellents joueurs en France », rappelait posément le double champion du monde U20 (2018 et 2019) dimanche soir, au sortir du récital des Rouge et Noir face au Stade Français (48-24), doublé personnel à la clé. Une manière de dédramatiser sa future absence dans une liste rendue publique lundi, où Damian Penaud (Clermont), Gabin Villière (Toulon), Teddy Thomas et Donovan Taofifenua (Racing 92) lui ont été préférés.

Le meilleur marqueur d’essais du Top 14 (huit après 14 journées) doit donc de nouveau passer son tour en Bleu. A Toulouse, en revanche, même lorsque tous les ailiers sont disponibles, y compris les plus aguerris (Médard, Huget), il y a Kolbe et Lebel, puis les autres. Près de deux ans et demi après ses débuts en Rouge et Noir, le Gersois s’est aguerri physiquement, il se déplace mieux sur le terrain et il a surtout gardé son redoutable instinct de finisseur qui en fait cette saison un indiscutable titulaire chez le nouveau leader du Top 14.

« Je ne traverse pas le terrain »

« Meilleur marqueur du championnat ? Ça fait plaisir, c’est pour les stats, sourit Lebel, aussi à l’aise derrière un micro que ballon en mains. Vous allez peut-être écrire quelque chose après. Je ne traverse pas non plus le terrain. Il y a des essais souvent offerts. Je suis content de rendre service à l’équipe à ma façon. » Et sa « façon », c’est un coup de reins et une vitesse impressionnants, qui ont convaincu le Stade de le prolonger cet automne, jusqu’en 2023.

Alors qu’il fêtera ses 22 ans dans deux mois, Lebel n’est plus le petit jeune qui demande la permission de s’asseoir à côté des grands dans le vestiaire des pros. Laissé libre par un joueur en partance, il a ainsi récupéré le numéro 32, désormais accolé à tous ses équipements d’entraînement. « Dès que j’ai eu l’opportunité, je l’ai pris. C’est bien de toujours me rappeler d’où je viens. » C’est-à-dire de Lombez-Samatan, club emblématique du terroir gascon aujourd’hui en Fédérale 2, dont son père Mickaël, également passé par Auch, a fait les beaux jours avant d’en devenir l’entraîneur.

Même si ce n’est pas encore le cas, la prophétie de Mola va bien finir par se réaliser. Et le Gers comptera un représentant de plus en équipe de France après Grégory Alldritt, Anthony Jelonch, Pierre Bourgarit et le « frontalier » haut-pyrénéen Antoine Dupont.