Ligue 2 : Dépités et insultés, les supporters de Valenciennes envoient une lettre ouverte à Jean-Louis Borloo pour aider leur club

FOOTBALL Une situation qui a provoqué la colère et les insultes d'un actionnaire du club sur les réseaux sociaux

François Launay
Jean-Louis Borloo salue Eric Chelle, ancien joueur de Valenciennes
Jean-Louis Borloo salue Eric Chelle, ancien joueur de Valenciennes — M.Libert/20 Minutes
  • Neuvième de Ligue 2, le VAFC va plutôt bien sportivement ce qui n’est pas le cas en interne.
  • La gestion du président Eddy Zdziech est vivement critiquée par des groupes de supporters qui ont décidé d’envoyer une lettre ouverte à Jean-Louis Borloo, ex-maire et président de Valenciennes.
  • L'initiative a provoqué la colère et les insultes d’un actionnaire du club sur les réseaux sociaux. Au point qu’Eddy Zdziech a décidé d’appeler au calme dans un communiqué.

Ils n’en peuvent plus. Si sur le terrain, Valenciennes n’est pas si mal placé comme en témoigne sa neuvième place en Ligue 2, les supporters du club sont très remontés contre la gestion du VAFC. Dans leur viseur, Eddy Zdziech, président de VA depuis 2014, à qui ils reprochent sa gouvernance mais aussi le fait de s’être coupé de nombreux acteurs politiques et économiques du Valenciennois.

Après lui avoir envoyé une lettre symbolique de licenciement le 24 décembre dernier, plusieurs groupes de supporters (Ultras Roisters, GRB, Mentalita Valentiana, Collectif NOVA) ont décidé de demander du soutien à Jean-Louis Borloo dans une lettre ouverte.


Borloo, le seul à faire l’unanimité

Maire de Valenciennes de 1989 à 2002 et président du club de 1986 à 1991, l’ancien ministre fait l’unanimité dans le Hainaut où il incarne toujours la statue du commandeur même s’il n’y a plus aucune fonction officielle. « On pense qu’il pourrait faire avancer un sujet qui n’avance plus depuis longtemps. On aimerait qu’il demande à Eddy Zdziech de céder sa place pour un projet plus ambitieux. Aujourd’hui, il y a un manque d’ambitions, un manque de moyens, un manque de communication. On pense qu’on peut espérer mieux pour le VAFC », estime Stéphane, porte-parole des Ultras Roisters.

Ces revendications ont déjà provoqué un gros clash sur les réseaux sociaux. En réponse à cette lettre publiée sur un groupe Facebook de supporters, l’un des actionnaires du club s’est fendu dimanche d’un post insultant à l’égard des supporters. « Dit (sic) à tes copains les supporters de me… d’aller se faire sodo……. Le VAFC c’est pas eux, c’est nous car si le VAFC est encore debout, c’est grâce à nous et pas à eux !!! La preuve, le confinement pas de supporter et alors on avance quand même. tu peux poster mon message à tout (sic) les supporters et leur dire aussi que je me tiens à leur disposition s’il y en a un qui ».

Eddy Zdziech appelle au calme

De quoi mettre inutilement de l’huile sur le feu dans un contexte déjà très tendu. « Je ne sais pas trop ce qui lui a pris. Mais c’est un peu le problème actuel. Pour les actionnaires, c’est eux le VAFC. Pour certains supporters, c’est eux le VAFC. Mais en fait VA appartient à tout le monde. Aux supporters, aux actionnaires, aux joueurs, au staff et à tous les amoureux de Valenciennes. OK, le président a mis de l’argent mais ça ne justifie pas tout », poursuit Stéphane qui appelle les supporters au calme.

Même chose du côté du président du VAFC, Eddy Zdizech, qui a regretté les échanges tendus du week-end dans un communiqué publié ce lundi sur le site du club  : « Je demande à chacun de retrouver calme et sérénité. Je n’ai pour ma part jamais contesté le droit à chacun de s’exprimer mais force est de reconnaître que certains commentaires sont d’une violence inouïe et inacceptable, quelle qu’en soit la provenance et à mon plus grand regret. D’autres, au contraire, se veulent plus positifs et d’encouragement pour le travail effectué. On peut ne pas être d’accord sur la trajectoire empruntée par le club mais les uns et les autres doivent pouvoir s’exprimer avec respect et tolérance. »

De quoi faire retomber la tension ? Pas forcément car des groupes de supporters appellent déjà à un rassemblement pacifique le 24 janvier, si la situation sanitaire le permet, pour signifier « la fin de son préavis à Eddy Zdziech un mois après sa lettre de licenciement », sourit l’un d’entre eux. Une façon de garder le sens de l’humour dans une situation qui ne fait plus rire personne.