Thierry Omeyer, French psycho

HAND Portrait du dernier rempart bleu, le «meilleur gardien du monde», selon ses coéquipiers...

Pierre Koetschet, à Split
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La France a pu compter sur un grand Thierry Omeyer dans les buts, le dimanche 24 août à Pékin.
La France a pu compter sur un grand Thierry Omeyer dans les buts, le dimanche 24 août à Pékin. — M. Voskresensky / REUTEURS
Envoyé spécial à Split (Croatie)

«Il y a un seul psychopathe en équipe de France, c’est Thierry Omeyer.» La sentence est de l’entraîneur du Paris Handball, Olivier Girault. L’ancien capitaine des Bleus médaillés d'or à Pékin connaît bien son gardien: «Même à l’entraînement, il ne supporte pas de laisser le ballon rentrer dans le but, même pour rigoler!»

Psychopathe, le mot fait sourire Thierry Omeyer, aussi impassible en dehors des parquets qu’il a l’air exalté entre les barres. «J’ai toujours été rageur, mais j’ai appris à le montrer. J’ai compris avec le temps qu’il fallait mettre le doute dans la tête du tireur.» Spécialiste du regard qui tue, le gardien aux yeux d’acier a donc choisi de faire peur. «Le but, c’est d’inspirer de la crainte aux attaquants adverses.»

«Je fais tout pour être le meilleur. Si les autres le pensent, tant mieux.»

Car gardien est un poste à part, dans le hand. Le seul où il n’y a aucun contact, où pour imprimer sa marque, et forcer les attaquants adverses à tirer là où on l’a décidé, il ne faut pas hésiter à passer pour ce que l’on n’est pas: un psychopathe.

Pas étonnant dès lors que le Cernéen soit considéré par ses coéquipiers comme par ses adversaires comme le meilleur gardien du monde. Quelque part, cela l’arrange bien. «Je fais tout pour être le meilleur, mais je ne peux pas prétendre l’être. Si les autres le pensent, tant mieux. C'est plus facile pour moi sur le terrain quand le tireur adverse rentre en gambergeant, en se disant que contre Omeyer, ça va être compliqué.»

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Une réputation que le gardien de Kiel s’est patiemment construit au fil des années (il a 32 ans) et des titres (champion d'Europe, du monde et olympique). «La maturité d’un gardien arrive sur le tard, vers 28/30 ans. Il faut accumuler de nombreux matchs, enregistrer de nombreuses situations.» Ce qui passe aussi par une étude extensive des adversaires à la vidéo. «Je bosse beaucoup avec, explique Omeyer, mais les adversaires aussi. En match, c'est souvent: "Je sais que tu sais que je sais où tu vas tirer." J'ai en tête la palette propre à chaque tireur, lui est conscient de mes forces et faiblesses. Un mec comme Lars Christiansen (l‘ailier gauche danois), je le connais par coeur, et vice-versa. Il y a donc toujours une part d'instinct.» L’instinct du psychopathe, donc.