Coronavirus à Bordeaux : « C’est un soulagement mais… », les clubs sportifs rouvrent enfin leurs salles

SANTE Après deux semaines de fermeture totale, les clubs ont de nouveau accès à leurs infrastructures sportives

Clément Carpentier

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Les Boxers de Bordeaux ont de nouveau pu jouer dans la patinoire Mériadeck.
Les Boxers de Bordeaux ont de nouveau pu jouer dans la patinoire Mériadeck. — Daniel Vaquero/SIPA
  • La préfète de la Gironde a annoncé un assouplissement des mesures sanitaires pour le monde sportif.
  • Les sportifs professionnels vont notamment pouvoir s’entraîner normalement. Les mineurs également.
  • En revanche, il reste des différences entre les clubs selon s’il est dans la métropole bordelaise ou non.

Enfin. Si Jérémy Sarre attend encore un retour officiel de la mairie et de la préfecture, le directeur général des JSA Bordeaux devrait bien retrouver le Palais des Sports avec ses joueurs ce lundi pour le premier entraînement depuis quinze jours. Vendredi, la préfète de Gironde a annoncé un assouplissement de ses mesures pour le monde sportif alors que la situation sanitaire s’améliore dans le département. Fabienne Buccio a ainsi autorisé la réouverture « des gymnases, salles de sport et stades à tous hors de la Métropole bordelaise ». Dans celle-ci, en revanche, les structures sportives seront uniquement ouvertes aux mineurs, aux étudiants en formation continue et donc aux sportifs professionnels.

« On est heureux même s’il va nous falloir du temps pour rattraper notre manque d’entraînement depuis deux semaines. On va enfin pouvoir le faire et participer à notre championnat avec les mêmes conditions que les autres équipes, autrement dit de manière équitable », explique Jérémy Sarre, qui a vu son équipe de basket perdre ses deux derniers matchs dans cette période presque sans accès à sa salle.

Les sportifs pros retrouvent une vie à peu près normale

Thierry Parienty, lui, a retrouvé sa patinoire dès ce week-end. Le président des Boxers de Bordeaux a assisté à la défaite de ses hockeyeurs contre Amiens en Ligue Magnus. Si cet assouplissement « attendu » est « une première étape » pour lui, il a toujours un peu de mal à digérer ce qu’il vient de se passer : « Ça a perturbé tout le club. Pour les joueurs, il y a eu un problème de récupération. Par exemple, vendredi, on manquait de jambes. Je ne peux pas dire que cette interdiction de s’entraîner n’a pas joué sur nos derniers résultats [trois défaites en quatre matchs]. »

Depuis quinze jours, il passait son temps à trouver une solution pour continuer à s’entraîner alors que le championnat se poursuivait. « Ce sont des frais en plus. Si je remercie les autres clubs de nous avoir accueillis souvent un jour plus tôt pour s’entraîner avant la rencontre, c’est aussi de l’argent en plus à dépenser sur place. Depuis le début de saison, le Covid-19 nous a déjà coûté 4 à 5.000 euros supplémentaires », explique Thierry Parienty.

Tous les sportifs professionnels vont donc pouvoir retrouver une vie à peu près normale à partir de ce lundi. Ils pourront jouer et surtout s’entraîner de nouveau dans des conditions correctes. Une bonne chose aussi pour les finances des clubs même si pour les matchs, la jauge à 1.000 demeure.

Des « incohérences » pour le sport amateur

Dans le monde amateur, « c’est un soulagement, avoue Loïc Cambérou, c’était essentiel pour les mineurs car on est dans une période très importante avec la prise de licence et le début des championnats. On va essayer de limiter la casse et enfin jouer. » Le manager du club de handball d’Arcachon/La Teste et conseiller technique fédéral pour le comité de la Gironde, qui avait fait une vidéo coup de gueule fortement relayée grâce au hashtag #Tuepasmonclub, reste tout de même sur sa faim :

« Il y a encore des incohérences ! Pourquoi on ne peut pas rouvrir nos vestiaires en tant que sport d’intérieur alors que c’est possible pour les autres (football, rugby, etc.) ? Soit on ne doit pas transpirer pareil… On doit transpirer Covid-19 nous, soit on ne sait pas désinfecter ! C’est incroyable. »

« Il y a des rassemblements partout, on va laisser venir qui veut en vacances dans une semaine et dans le même temps, on ne peut toujours pas faire de matchs dans la métropole. J’hésite à refaire une vidéo », ajoute Loïc Cambérou sous le coup de la colère.

Sur ce dernier point, il est rejoint par tous les professionnels de salles de sport. En particulier, ceux de la métropole bordelaise qui ne peuvent toujours pas rouvrir. Samedi, plus de 200 d’entre eux ont manifesté à Bordeaux. Certains affirment qu’ils pourraient mettre la clé sous la porte après un mois sans activité car le manque à gagner est énorme pour ces professionnels qui recrutent jusqu’à 50 % de leurs adhérents dans cette période de rentrée.