Roland-Garros : « Avec mes parents, on vit comme avant », assure la révélation Hugo Gaston

TENNIS Hugo Gaston, le héros français de Roland-Garros, était de passage à Blagnac ce jeudi. Le jeune Haut-Garonnais garde les pieds sur terre, malgré les sollicitations incessantes

Propos recueillis par Nicolas Stival

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Tombeur de Stan Wawrinka puis tourmenteur de Dominic Thiem, Hugo Gaston a éclaboussé Roland-Garros de son talent singulier.
Tombeur de Stan Wawrinka puis tourmenteur de Dominic Thiem, Hugo Gaston a éclaboussé Roland-Garros de son talent singulier. — Christophe Saïdi / Sipa
  • Au repos depuis son retour de Paris, Hugo Gaston s’est rendu dans son club de Blagnac ce jeudi, pour la remise du label… Roland-Garros.
  • Depuis son élimination par Dominic Thiem, dimanche en huitièmes de finales, la révélation française de la quinzaine enchaîne sans déplaisir les obligations médiatiques, comme ce jeudi dans l’émission Tous en cuisine de Cyril Lignac, sur M6.
  • Il reprendra l’entraînement lundi, après un week-end de « vrai » repos.

Pour Hugo Gaston, ce jeudi ressemble à un jour comme un autre depuis ses exploits à Roland-Garros. Suivi du matin au soir par les caméras de France Télévisions pour un reportage qui sera diffusé dimanche dans Stade 2, le jeune Haut-Garonnais de 20 ans doit participer à Tous en cuisine, l’émission de Cyril Lignac sur M6.

Le récent huitième de finaliste porte d’Auteuil a tout de même trouvé le temps de quitter son cocon de Fonsorbes pour passer dans son club du Blagnac TC (BTC). « Je ne me doutais pas qu’après une défaite on pouvait s’intéresser autant à une personne », s’amuse sa mère Fabienne, qui l’accompagne avec son père Thierry. « Tu aurais gagné Roland que tu n’aurais pas reçu un meilleur accueil », plaisante Pierre Doumayrou, président de la Ligue Occitanie venu remettre au BTC le label Roland-Garros, pour récompenser la qualité de ses terrains en terre battue.

Le retour de l'enfant prodigue à Blagnac.
Le retour de l'enfant prodigue à Blagnac. - Nicolas Stival / 20 Minutes

De quoi faire tourner la tête de l’intéressé ? « C’est le même qu’avant, assure Christophe Caracatsanis, le patron du BTC. C’est un jeune équilibré avec des parents et un entraîneur [Marc Barbier] qui le soutiennent. » Un jeune qui a accepté de se plier une nouvelle fois aux questions des journalistes.

Depuis la fin de votre parcours à Roland-Garros, vous ne vous êtes pas vraiment posé…

Non. J’ai perdu dimanche (contre Dominic Thiem), je suis resté à Paris lundi car j’avais des obligations médiatiques. Je suis rentré mardi, j’ai aussi eu beaucoup de sollicitations. Maintenant, je vais profiter à fond de ce week-end pour me reposer. Je vois ma famille, mais je n’ai pas encore vu mes amis depuis que je suis rentré.

Vous attendiez-vous à être autant sollicité ?

Autant, je ne sais pas. Mais je savais que j’allais avoir beaucoup de demandes. Il y a eu une grosse audience, ce n’est pas anodin. Mais cela me fait plaisir d’y répondre et ça fait partie du métier.

Comment faites-vous le tri ?

C’est mon agent, que j’avais déjà avant Roland-Garros, qui s’en occupe. Ça passe par lui et on voit tous les deux ce qui est intéressant. On essaie de faire un maximum de choses.

Outre les médias, des sponsors vous ont-ils contacté ?

Déjà, j’ai Wilson et Asics qui me suivent depuis quasiment dix ans. Mais il n’y a pas que les raquettes et les habits… Encore une fois, c’est le rôle de mon agent. J’essaie de me concentrer sur le tennis, c’est déjà pas mal.

Et qui gère vos réseaux sociaux ?

Je m’en occupe, mon agent également. On prend aussi pas mal de recul avec ça. Quand ça va, tout se passe bien. Quand on perd, on peut recevoir des messages qui ne font pas forcément plaisir. Mais je remercie les personnes qui m’ont envoyé des messages d’encouragement, je n’ai pas pu répondre à tout le monde. Ça fait chaud au cœur.

Est-ce que les gens vous arrêtent dans la rue pour demander des autographes ou des selfies ?

Je ne suis pas encore trop sorti de chez moi. Il y a des gens qui vont me reconnaître, me demander des photos. Encore une fois, cela fait partie du métier et ne me dérange pas.

Craignez-vous le moment où le soufflé va retomber ?

Non, je m’y attends. Je sais que c’est l’euphorie de Roland. Le tennis, c’est un sport très compliqué, une remise en question chaque semaine. Il y a des tournois où je vais perdre au premier tour et des médias vont dire : « c’était de la chance », ou quelque chose comme ça. Mais je reste concentré sur moi. J’essaie de profiter de l’instant présent.

Vos parents ont-ils un rôle spécial à jouer dans ce contexte ?

Non, ils ont le même rôle que depuis toujours. Ce n’est pas parce que j’ai fait un très bon tournoi que les choses vont changer. J’ai la chance d’être encore à la maison, de profiter un maximum d’eux. On ne se prend pas la tête, on vit comme avant Roland-Garros. Ce sont des gens qui ont les pieds sur terre.

Quel est votre programme désormais ?

Lundi, je reprends l’entraînement avec Marc Barbier et mon préparateur physique Kévin Blandy. Je dispute un Challenger à Hambourg dans trois semaines. Ce n’est pas parce que j’ai battu de très bons joueurs et fait de très beaux matchs que je vais gagner le tournoi. Ça joue aussi très bien en Challenger. Je m’attends à de grosses parties et j’ai hâte d’y être.

Après il y aura peut-être Paris-Bercy si j’obtiens une invitation, car je n’ai pas encore le classement pour entrer dans le tableau (actuel 239e mondial, il devrait gagner près de 80 places après son parcours à Roland-Garros). Ensuite je vais couper un petit peu et l’Open d’Australie doit arriver en janvier.

Les adversaires vont vous voir différemment…

Oui, ils vont peut-être davantage se méfier. Mais je vais rester concentré sur ce que je peux gérer et on verra bien le résultat.

L’objectif à court terme, c’est toujours d’intégrer le Top 100 le plus vite possible ?

Oui. C’est compliqué, il y a encore une petite étape à passer. Mais si je continue sur cette dynamique, avec ce niveau de jeu, j’ai le niveau pour y arriver.

Dernière chose : avez-vous un favori pour Roland-Garros ?

Non, mais mon joueur préféré, c’est Nadal. J’espère qu’il va gagner. Ceci dit, Djokovic est en forme. Ça va être une très belle fin de tournoi.