Cyclisme : Neige, vent et bonne humeur… Bruno Armirail a vécu un stage agité au Pic du Midi, perché à 2.877 m

ALTITUDE Bruno Armirail (Groupama-FDJ) a fait un stage inédit de dix jours au Pic du Midi, à 2.877 m d’altitude. Le Pyrénéen a préparé la fin de saison, en particulier le Tour d’Espagne, près de chez lui

Nicolas Stival

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Bruno Armirail (Groupama-FDJ) en stage au Pic du Midi.
Bruno Armirail (Groupama-FDJ) en stage au Pic du Midi. — Pic du Midi
  • Bruno Armirail participe ce mercredi à la Flèche Wallonne avec l’équipe Groupama-FDJ.
  • Le cycliste pyrénéen a auparavant effectué un stade de dix jours jusqu’à dimanche au Pic du Midi, à 2.877 m d’altitude.
  • Le Bigourdan de 26 ans, qui voulait surtout préparer la Vuelta, s’est retrouvé bloqué pendant deux jours par la neige et le vent dans l’observatoire.

Ce mercredi, Bruno Armirail dispute la Flèche Wallonne au sein de son équipe Groupama-FDJ. « J’enchaînerai avec Liège-Bastogne-Liège dimanche mais il n’est pas sûr que je sois super bien, confesse le Pyrénéen de 26 ans, originaire de Bagnères-de-Bigorre. Je ferai aussi l’Amstel Gold Race le 10 octobre. Mais mon but, c’est la Vuelta, qui démarre le 20 octobre. »

Car le grand Armirail (1,90 m) doit encaisser un stage inédit de dix jours réalisé au Pic du Midi, près de chez lui, pour « faire » des globules rouges et améliorer ses performances. Et comme il l’explique, « on ne ressent pas les bénéfices tout de suite ».

Un panorama imprenable avant les classiques du Plat pays.
Un panorama imprenable avant les classiques du Plat pays. - Guillaume Pineau / Pic du Midi

Le rouleur bigourdan a attaqué cette aventure perchée à 2.877 m d’altitude pendant que ses collègues bouclaient le Tour de France et l’a achevée dimanche, quelques heures avant le sacre mondial de Julian Alaphilippe qu’il a pu suivre à la télé. « J’ai dû faire pas loin de 1.000 bornes en comptant le home-trainer, détaille le coéquipier de Thibaut Pinot. Mais on raisonne plutôt en heures : j’en avais prévu 40, et j’ai fait un bon 32 ou 33. » Pas mal, vu les conditions météo plutôt rudes pour la saison, même en montagne.

Une température ressentie de -15 °C

Pendant la majorité du stage, Armirail redescendait le matin en téléphérique vers La Mongie. Il escaladait les cols voisins d’Aspin, du Tourmalet, du Soulor et d’autres lieux mythiques du cyclisme pyrénéen avant de remonter au Pic du Midi dans l’après-midi. Il ne faisait déjà pas très beau, mais tout s’est encore gâté ensuite.

« Vendredi et samedi, je suis resté toute la journée là-haut, raconte-t-il. Entre la neige et le vent, on était bloqués, le téléphérique ne pouvait pas fonctionner. Il faisait -15 °C en température ressentie le vendredi matin ! Heureusement, les prévisionnistes du Pic du Midi m’avaient prévenu et j’avais monté un home-trainer jeudi après-midi. Mais franchement, le stage s’est super bien passé et je le conseille aux autres sportifs. »

Un stage presque à la maison

Au fait, comment s’est-il retrouvé tout là-haut, dans cet observatoire astronomique où les scientifiques côtoient les touristes venus profiter d’un panorama sublime (par beau temps), un peu plus près des étoiles. « En étant de Bagnères, c’était un peu bête d’aller en stage à Tignes ou à l’étranger », remarque Bruno Armirail.

Le maire de sa commune a servi d’intermédiaire avec le directeur du Pic du Midi, que le coureur a relancé début septembre, lorsqu’il y voyait un peu plus clair dans une programmation forcément brouillée par les conséquences du Covid-19. « J’avais mon entraîneur David Han au téléphone tous les jours, et je vérifiais moi-même la saturation en oxygène dans le sang régulièrement. »

Et quand il ne pédalait pas, le troisième du dernier championnat de France de contre-la-montre (remporté par Rémi Cavagna) se mêlait au personnel dont il partageait les repas. « On a parlé pas mal de vélo, même avec des gens qui n’y connaissaient pas grand-chose. Et ils m’ont tout fait visiter. C’était vraiment super. »

Désormais, Armirail est redescendu parmi les siens, chez Groupama-FDJ, avec vue, donc, sur le Tour d’Espagne. Mais avec aussi du flou quant à la forme de son leader, qui a vécu une Grande Boucle traumatisante. « Je ne sais pas trop si Thibaut Pinot voudra jouer le général ou pas. Si c’est le cas, j’assumerai le rôle d’équipier pour l’aider. Et s’il veut faire des étapes, je prendrai des échappées de temps en temps. » Pourquoi pas le 25 octobre, lorsqu’il jouera à domicile puisque la Vuelta arrivera ce dimanche-là au sommet du Tourmalet.