Racing 92-Saracens : Pourquoi le Racing peut enfin détrôner les champions d'Europe

RUGBY Deux fois finaliste de la Champions Cup depuis 2016, le Racing 92 reçoit les Anglais des Saracens, rois d’Europe, samedi en demi-finale. Cette fois, le sort pourrait sourire aux Français

N.S. avec AFP

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Camille Chat, le talonneur du Racing 92, compte bien dominer les Saracens en demi-finale de Coupe d'Europe, comme le 17 novembre dernier en phase de poule.
Camille Chat, le talonneur du Racing 92, compte bien dominer les Saracens en demi-finale de Coupe d'Europe, comme le 17 novembre dernier en phase de poule. — Martin Bureau / AFP
  • Auteur d’un excellent début de saison, le Racing 92 accueille les Saracens samedi en demi-finale de la Coupe d’Europe.
  • Si les Londoniens ont remporté trois des quatre dernières éditions de la Champions Cup, ils ont perdu quelques plumes dans un scandale sportivo-judiciaire qui va provoquer leur relégation en D2 anglaise.
  • Les coéquipiers de Camille Chat présentent de sérieux arguments pour griffer une équipe privée de son maître à jouer, l’ouvreur Owen Farrell.

Une équipe championne d’Europe et d’Angleterre en titre, condamnée à la relégation domestique, qui dispute une demi-finale de Champions Cup. On parle ici des Saracens, et il n’y a que le rugby qui peut offrir une telle situation abracadabrantesque. Punis dans leur pays pour avoir allègrement crevé le plafond salarial, les Londoniens peuvent en revanche continuer à sévir au niveau continental.

Avant de faire un petit tour au purgatoire, ils se verraient bien accrocher une quatrième couronne européenne en cinq ans. Mais le Racing 92, qui les accueille samedi, semble de taille à briser la « belle » histoire. Voici pourquoi.

Parce qu’ils l’ont déjà fait

Les Saracens ont gagné six de leurs huit confrontations face aux Franciliens en Champions Cup, dont un quart de finale en 2015 et, surtout, la finale 2016. Mais le dernier match sous le toit de la Paris La Défense Arena a tourné à la démonstration bonifiée (30-10). Certes, les Anglais étaient alors venus à Nanterre sans une demi-douzaine d’internationaux anglais, tout frais finalistes de la Coupe du monde au Japon, dont Farrell, Itoje et les frères Vunipola.

« Après on a perdu là-bas, de pas beaucoup, contre une équipe complète [27-24 au match retour, le 19 janvier 2020], rappelle le demi de mêlée et capitaine Teddy Iribaren. On va arrêter de regarder les Saracens et leur suprématie. On est capable de gagner et on va tout faire pour. Il n’y a pas trop de questions à se poser. »

Parce qu’il y aura Russell et pas Farrell

Dans ces meilleurs jours, Finn Russell est irrésistible. Aussi vif qu’inspiré, aussi à l’aise au pied qu’à la main, l’ouvreur écossais joue un grand rôle dans le début de saison parfait du Racing 92 : deux victoires en Top 14, une autre en quart de finale de Champions Cup samedi à Clermont (27-36). « C'est le facteur X, capable de faire des différences comme peu de joueurs le font dans le rugby de haut niveau », observait la semaine dernière l’ancien demi de mêlée international Dimitri Yachvili dans Le Parisien.

En face, le poison Owen Farrell ne sera pas là. Le demi d’ouverture des Saracens et du XV d’Angleterre, que les Français aiment tant détester, a pris cinq semaines de suspension après un carton rouge pour un plaquage assassin, le 5 septembre en Premiership face aux Wasps.

Sans leur métronome, les rois d’Europe sont moins forts. Enfin, a priori. Car son remplaçant, Alex Goode, a sorti le grand jeu lors de la superbe victoire chez les Irlandais du Leinster, en quart (17-25). L’habituel arrière a même inscrit un essai sublime, face aux lauréats de la Champions Cup 2018, vainqueurs en finale du… Racing 92 (15-12).

Parce que les avants font le poids

Outre Russell, le centre Ciel et Blanc Virimi Vakatawa affiche une forme éblouissante, et le retour de l’ailier Teddy Thomas, s’il est bien luné, peut faire des étincelles sur le synthétique ultrarapide de l’Arena. Mais le Racing 92 s’appuie aussi sur des avants impitoyables. Ne vous fiez pas aux patronymes du deuxième ligne néo-zélandais Dominic Bird, du talonneur Camille Chat ou du pilier Georges-Henri Colombe.

Le pack du Racing est du genre féroce, alors que celui des Saracens, s’il garde fière allure, a perdu quelques cadors cet été, comme Will Skelton (La Rochelle) ou George Kruis (Panasonic Wild Knights, Japon).

Malgré tout, le combat sera rude, mais les Franciliens devront le gagner, s’ils veulent atteindre « l’objectif principal du club », comme l’indique Iribaren : « Il n’y a pas l’étoile sur le maillot et je pense que Jacky Lorenzetti [président du Racing 92], le premier, a très envie que le club soit champion d’Europe ».