Reprise début août, boxing-day, un sprint en mai… Les propositions d’Amiens pour faire marcher la Ligue 1 à 22 clubs

FOOTBALL Amiens, dont la relégation en Ligue 2 est suspendue à la capacité de la LFP à trouver un calendrier faisable avec 22 équipes, a proposé plusieurs hypothèses de travail

B.V.
Draxler et le PSG ont vécu un matrch fou à Amiens
Draxler et le PSG ont vécu un matrch fou à Amiens — AFP

« Personne ne dit que c’est simple, mais ce n’est pas insurmontable. La question est plus de vouloir que de pouvoir ». Me Olivier Martin a un plan pour sauver Amiens. Enfin quatre, pour être précis. L’avocat du 19e de Ligue 1, dont la relégation (avec Toulouse) a été suspendue par le Conseil d’Etat dans l’attente d’une réponse de la LFP sur la faisabilité d’une première division à 22 clubs la saison prochaine, a bûché sur quatre scénarios, que 20 Minutes a pu consulter, prouvant selon lui qu’un calendrier avec 42 journées était jouable.

« Amiens n’est pas l’organisateur du championnat de France de football, et son avocat l’est encore moins, précise-t-il en préambule. On ne peut donner que des pistes de travail pour l’organisation du calendrier. Le Conseil d’Etat a demandé à la LFP de lui donner les éléments pour montrer que ce n’était pas possible, et a demandé à Amiens de prouver que ça l’était. »

Dans un article récent, nous vous expliquions que remplir le calendrier de 42 journées sur la période du 23 août au 23 mai, en respectant les plages coupes de France et d’Europe, les matchs internationaux et la trêve hivernale semblait presque impossible, sauf aménagements. C’est justement sur ces aménagements que se base Amiens pour proposer ses scénarios.


A commencer par la date du 23 août. Si elle a été fixée par la LFP comme celle de la reprise, « ce n’est pas plus gravé dans le marbre que ça, car lors du premier conseil d’administration de la LFP qui a suivi l’audience du Conseil d’Etat, le PSG est venu dire "il faut qu’on commence plus tôt", explique Me Olivier Martin. Ce n’est pas une ineptie. » Surtout si les conditions sanitaires le permettent. Dans ses propositions, Amiens a ainsi planché sur des reprises avancées au 2, 9 ou 16 août, permettant ainsi de libérer quelques dates. Condition sine qua non, évidemment : que les conditions sanitaires le permettent.

Autre proposition : instaurer un boxing-day façon Angleterre, c’est-à-dire jouer pendant les fêtes de fin d’année. « Le championnat va repartir plus tard, les gens sont sevrés de football, on a un nouveau diffuseur qui veut survendre son championnat, et ça fait 3 ou 4 ans qu’on a cette option dans les cartons, vendue par Didier Quillot lui-même comme une source de revenus extraordinaire », explique l’avocat. Seul problème : dans son article 25, la convention collective du football pro oblige les clubs à donner une semaine de vacances à ses joueurs durant cette période, « sauf cas exceptionnel ». A la LFP de décider si c’en est un.

Fin de saison marathon et sprint final

Seule certitude dans toutes ces hypothèses, la mort de la Coupe de la Ligue libère autour de 4 dates début 2021. Et pourrait permettre de lancer le football français vers un marathon de fin de saison pour boucler ses 42 journées le 23 mai, date non négociable de fin de saison avant la préparation à l’Euro. Dans toutes ses projections, le club d’Amiens laisse un peu de marge pour gérer des évènements exceptionnels (report de journées entières comme l’an passé lors des manifestations de gilets jaunes ou de matchs pour cause d’intempéries) mais prévoit aussi une fin de saison en sprint, avec notamment six matchs en mai, avant la date du 23. Tout ça donnant un calendrier de début 2021 surchargé pour nos joueurs, pouvant inquiéter à la fois la Ligue sur la compétitivité des clubs français en Coupe d’Europe ou la fraîcheur physique de nos Bleus de Ligue 1 à l’Euro.

« La question, c’est est-ce que cette observation justifie à elle seule qu’on dise qu’on ne peut pas le faire, demande Olivier Martin. Ça me semble un peu fallacieux de s’inquiéter de l’intégrité physique des joueurs pour quatre matchs de plus, répond Olivier Martin. Tous les préparateurs physiques vous disent que ça s’organise, ça s’absorbe sans aucune difficulté pour un athlète de très haut niveau. L’intérêt supérieur du football français ne s’arrête pas à la protection des 10 ou 12 joueurs qui seront sélectionnés en équipe de France, il se calcule en comparaison avec les 44 clubs professionnels qui sont en grande difficulté financière en raison de la crise et leur nécessité d’amortir le choc et revenir à la normale dès la saison prochaine. A l’échelle des emmerdements qu’on a eus, je trouve que ce n’est pas cher payé. »

La LFP a jusqu’au 30 juin pour rendre son avis sur la faisabilité d’une Ligue à 22. Et si c’est non? « On est particulièrement déterminés, conclut l’avocat du club. Si Amiens devait se retrouver à nouveau relégué malgré la décision du CE, on se placera en position de faire un recours pour faire valoir ses droits. »