Le solo de Messi, les records de Benzema, le retour de Ben Arfa... Tout ce qu'il faut savoir sur la Liga avant la reprise

FOOTBALL Tutututututu...On file en Espagne pour le grand retour du championnat 

N.C., B.V.

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La Liga va reprendre le 11 juin avec notamment la lutte pour le titre entre le Barça et le Real Madrid.
La Liga va reprendre le 11 juin avec notamment la lutte pour le titre entre le Barça et le Real Madrid. — Pablo Garcia/MARCA/SIPA
  • Le championnat d'Espagne reprend jeudi, avec le derby entre le FC Séville et le Betis. 
  • A l'aube de la 28e journée, le Barça et le Real se tiennent dans un mouchoir pour le titre, alors que les (nombreux) Français ont connu des fortunes diverses cette saison. 
  • «20 Minutes» fait le point sur tout ce qu'il faut avoir en tête avant le grand retour du foot en Espagne. 

Après l’Allemagne, c'est au tour de l’Espagne de sonner la reprise de son championnat. La Liga fait son grand retour jeudi avec le derby entre le FC Séville et le Betis, habituellement bouillant mais qui inaugurera la nouvelle réalité des matchs à huis clos. Le Barça jouera lui samedi, tandis que le Real Madrid sera de retour dimanche. Les deux rivaux sont en pleine lutte pour le titre, avec deux petits points d’écart seulement au classement. C’est également très chaud derrière pour les places européennes comme pour le maintien. Avant de vous asseoir dans votre canap' à l’affût du moindre golazo qui passe, 20 Minutes vous offre un petit guide de remise à jour.

Le programme de la 28e journée

Jeudi

Séville FC – Betis Séville

Vendredi

Grenade – Getafe

Valence CF – Levante

Samedi

Espanyol Barcelone – Alaves

Celta Vigo – Villarreal

Leganes – Valladolid

Majorque – FC Barcelone

Dimanche

Athletic Bilbao – Atlético Madrid

Real Madrid – Eibar

Real Sociedad – Osasuna

Les enjeux

Difficile de faire plus serré que cette saison en Espagne. Le Real Madrid de Zidane a laissé la tête du classement au Barça juste avant le confinement, la faute à une vilaine défaite sur la pelouse du Betis Seville. Deux petits points séparent les deux mastodontes, alors que derrière, le FC Séville, la Real Sociedad, Getafe et l’Atlético Madrid se tiennent également en deux points pour la Ligue des champions.

La Sociedad et Getafe sont d’ailleurs les deux belles surprises de cette saison espagnole. Enfin, un poil moins pour le second, remonté de Secunda en 2017 mais déjà 5e la saison passée, tout tout près d’accrocher la première qualification en C1 de son histoire. La Real, elle, ne s’était pas retrouvée en si bonne position à l’entame du sprint final depuis pas loin d’une décennie. Dans le bas du classement, le maintien se joue aussi dans un mouchoir. De Valladolid, 15e, à l’Espanyol, dernier, tout le monde est concerné par les trois strapontins vers la deuxième division.

  • La décla à retenir. Quique Setien, le coach du Barça (lors d’une vidéoconférence avec de jeunes entraîneurs) : « Le nouveau football est un peu bizarre… La reprise en Allemagne m’a laissé beaucoup de doutes. Il manque de la compétitivité, de l’intensité, mais personne n’est avantagé, nous sommes tous égaux. Il est possible qu’il y ait beaucoup de blessures comme en Allemagne, car nous avons passé presque deux mois assis sur le canapé, sans jouer. La chaleur, et le fait de jouer tous les trois ou quatre jours peuvent affecter les joueurs. Les cinq changements (par match) vont nous nuire, parce que sur beaucoup de matchs, nous faisions la différence dans les dernières minutes. Là, nos adversaires auront plus de joueurs frais. »

Les hommes forts de la saison

Comme d’habitude, et surtout depuis le départ de Cristiano Ronaldo en Italie, Lionel Messi survole les classements individuels. Meilleur buteur (19 buts en 22 matchs) et meilleur passeur (12) de la Liga, l’Argentin a porté le Barça seul comme le grand joueur qu’il est, pendant que Suarez tentait de soigner son genou et Griezmann de s’adapter à une équipe qui préfère jouer avec le ballon.

Derrière le sextuple Ballon d’Or, personne ne se dégage vraiment. Mention tout de même à Karim Benzema, vraiment devenu le taulier au Real. Deuxième meilleur buteur de Liga, il est encore entré un peu dans les livres d’histoire du Real cette saison. Il est devenu en février le meilleur passeur all time du club (132, juste devant CR7) et il détient désormais le plus grand nombre de buts inscrits par un Français dans un club étranger (240, devant Titi Henry). Un total qui en fait, au passage, le 5e buteur du club derrière Ronaldo (451 buts), Raul (323), Di Stefano (307) et Santillana (288). Ajoutez à ça les cassages d’Instagram avec ses lives pendant le confinement, et vous obtenez une saison bien pleine pour la Formule 1 de Bron.

  • La décla à retenir. Benzema (lors d'un passage sur OL TV) : « On a tendance à dire fin de carrière quand un joueur atteint 30, 31 ou 32 ans. Mais cela fait deux ans où je me sens vraiment en forme physiquement ou mentalement. Je ne me blesse pas. Je peux enchaîner les matchs. Je ne le vois pas comme une fin de carrière. Je ne suis pas au début, c’est certain, mais j’ai encore de belles années devant moi. »

Ils en sont où les Français ?

Derrière Karim, les fortunes sont diverses pour nos Français d’Espagne. Autre champion du monde, Nabil Fékir réalise, malgré un investissement parfois aléatoire, une assez bonne première saison loin de Lyon, au Betis Séville, avec une feuille de stats sympa à 6 buts et 7 passes. Si bien que selon la presse espagnole, le Barça serait intéressé par notre Nabilon national. Rayon tout roule, ajoutons Clément Lenglet, devenu titulaire indiscutable en défense centrale du Barça depuis près d’un an maintenant. Problème, cette promotion s’est faite aux dépens de Samuel Umtiti, beaucoup trop blessé pour espérer revenir dans le 11, même s’il pourrait être apte pour cette fin de saison. Et enfin, puisqu’on y est, mention spéciale à Robin Le Normand, inconnu au bataillon de côté ci des Pyrénées, mais considéré comme l’un des plus grands talents défensifs de la Liga, à 23 ans, et un des hommes de base de la Real Sociedad. Retenez bien ce nom.

La déception vient évidemment pour l’instant d’Antoine Griezmann. Pas vraiment intégré dans le collectif du Barça, pas encore en symbiose avec Messi, il ne joue pour l’instant pas à la hauteur de son talent – et de son prix de transfert – avec une petite ligne de stats à 8 buts et 4 passes. Offrir le titre au Barça pourrait lui permettre de sauver les meubles pour sa première année en Catalogne.

  • La décla à retenir. Antoine Griezmann (sur le site du Barça) : « La pause m’a fait du bien. J’avais besoin de me reposer. Cela faisait cinq ans que je n’avais pas connu de période si longue sans jouer. J’ai pu profiter de ma famille et je suis au top physiquement et mentalement désormais. »

Le grand blessé

Ah, Ousmane Dembélé… Si on ne l’a pas cité dans le paragraphe au-dessus, c’est parce que ce bon vieux Dembouz en mérite un à lui tout seul. Le gamin n’a encore que 22 ans, mais il est gentiment en train de postuler comme un candidat sérieux au challenge Abou Diaby de la carrière prometteuse foutue en l’air par les blessures. La dernière ? Une rupture du tendon promixal du biceps fémoral de la cuisse droite, un voyage en Finlande pour se faire opérer et un forfait pour l'Euro. Heureusement pour lui, l’Euro l’attendra encore l’année prochaine, mais pas sûr que ça change grand-chose pour un joueur qui n’a jamais réussi à enchaîner trois mois correct avec le Barça et s’approche de plus en plus de l’accident industriel à 150 millions.

Peut-être aura-t-il une nouvelle chance au Barça en septembre, à moins que le club catalan décide d’arrêter les frais. Ce qui pourrait lui offrir une chance de se relancer ? Pour ça, il faudrait que son corps le laisse tranquille. Et qu’il revoit un peu le ballon. D’ici au mois d’août, ce n’est pas impossible.

  • La décla à rétenir Clément Lenglet (au Mundo Deportivo) : « Ousmane a mal vécu cette période de blessures, parce que le fait de se blesser juste avant de revenir lui a donné la rage. Maintenant, il va beaucoup mieux, il a envie de revenir, mais il fait tout parfaitement bien pour revenir sans risque. »

Et Hatem au fait ?

On avait à peine eu le temps de commencer à se renseigner sur les horaires de tous les matchs du Real Valladolid, un club dont on n’avait jusque-là pas grand-chose à faire que le coronavirus a stoppé net nos retrouvailles avec Ben Arfa. Avant ça, l’ancien Rennais, qui a mis huit mois à décider s’il voulait continuer à jouer au foot, n’avait pas fait grande impression. Deux bouts de match et 30 petites minutes de jeu à peine, voilà qui n’annonçait rien de bon. Mais l’arrêt forcé du championnat va peut-être changer la donne.

« C’est vrai qu’il n’était pas au même niveau que ses partenaires en hiver. Mais maintenant, avec cette pause, il a fait de gros efforts et il est meilleur. Nous aurons un Ben Arfa différent, j’espère qu’il pourra atteindre son meilleur niveau, a déclaré son entraîneur Sergio González dans le Diario de Valladolid. Un nouveau scénario se présente à lui. Il est content, souriant. J’espère qu’il nous aidera à faire de bons matchs et à gagner. » Allez Hatem, il n’est pas encore trop tard pour casser quelques reins cette saison – avant de s’embrouiller avec la direction et de partir, probablement.

  • La décla à retenir. Miguel Ángel Gómez, directeur sportif du club (à la Cadena SER) : « Hatem a vu dans ces deux mois une opportunité pour se mettre au niveau, c’est comme repartir de zéro. Dans le contexte précédent, il arrivait dans une équipe en rodage donc c’était difficile d’y faire sa place. Nous sommes convaincus qu’il va y arriver. »