Ligue 1 : À Amiens et Toulouse, les supporters naviguent entre résignation et espoir de maintien

FOOTBALL Après l'annonce du conseil d'Etat, qui a décidé mardi de suspendre les relégations de Toulouse et Amiens, les supporters des deux clubs ont retouvé un espoir mesuré

François Launay et Nicolas Stival
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Des supporters d'Amiens
Des supporters d'Amiens — AFP
  • Rétrogradés le 30 avril en Ligue 2 à la suite de l’arrêt prématuré du championnat, Amiens et Toulouse ont retrouvé espoir.
  • Mardi 9 juin, le conseil d’Etat a décidé de suspendre leur relégation en attendant des éclaircissements de la Ligue.
  • Mais le scepticisme règne car les fans craignent que les instances du foot français ne revoient pas leur copie.

Au choix, ils seront les cocus ou les miraculés de la Ligue 1. Depuis mardi et l’annonce du conseil d’Etat qui a décidé de suspendre leur relégation en Ligue 2, Amiens et Toulouse ont retrouvé de l’espoir. « Avant la décision du conseil d’Etat, on commençait à se préparer à la Ligue 2 car on n’avait plus beaucoup d’espoir. Mais là, on sent que quelque chose s’est passé et on a retrouvé la foi. Mais on fête ça modérément car rien n’est fait », reconnaît Fabien Cassar, président de la Tribune Nord, principal kop de supporters de l' Amiens SC

Il faut dire que depuis deux mois, les supporters des deux clubs vivent un peu dans un ascenseur émotionnel. Rétrogradés le 30 avril après la décision de la Ligue de ne pas reprendre le championnat à cause de la crise du Covid-19, les deux clubs ont d’abord touché le fond. Si le TFC, 20e et dernier, était nettement largué à dix journées de la fin, l’Amiens SC, 19e, pouvait encore rattraper son retard de quatre points sur Nîmes (18e).

Les supporters se méfient de la Ligue

Après avoir crié à l’injustice, les deux clubs ont eu le sentiment d’avoir été entendus par le conseil d’Etat. « Cette décision n’était absolument pas inattendue. Ethiquement, moralement, sportivement, on mérite de descendre. Mais vu la manière dont la saison s’est arrêtée, légalement, on ne peut pas être relégués. Le Conseil d’État ne pouvait pas décider différemment. Cela remet un peu à leur place des gens qui ont tendance à se croire omnipotents et à penser qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec le football. » estime Yves Dussert, président de l’Association de défense des intérêts des supporters toulousains (Adist).

Mais en Picardie ou en Haute-Garonne, l’espoir a vite laissé place au scepticisme. Si le conseil d’Etat a suspendu les relégations, c’est aussi pour laisser le temps à la Ligue de décider, d’ici le 30 juin, de jouer à 20 ou 22 la saison prochaine en Ligue 1. Et ici, personne ne croit que la ligue changera d’avis. « On est très méfiant par rapport à la LFP. On sait qu’elle peut refuser de trouver une solution et se foutre de l’équité sportive », reconnaît l’Amiénois Fabien Cassar.

Les deux clubs tentent de préparer l’avenir

Le pessimisme est encore plus prononcé du côté du TFC à l’image de Jean-Philippe Dinh. « Je reste persuadé que la LFP va faire en sorte de rectifier tout ça, en modifiant deux ou trois trucs ici ou là, afin de se mettre en conformité avec ce que demande le Conseil d’Etat et ces quelques "ajustements" finiront quand même par confirmer la décision de rétrogradation d’Amiens et de Toulouse en L2 », lâche, fataliste, le fondateur du Viola Club, un groupe de supporters toulousains.

En attendant un éventuel miracle, les deux clubs se préparent à toutes les situations. A Amiens, Ligue 1 ou Ligue 2, propriétaire et entraîneur ne changeront pas. C’est complètement différent à Toulouse où un fonds d’investissement américain (RedBird Capital Partners) pourrait bientôt prendre le pouvoir à la place d’Olivier Sadran. « La seule chose qui inquiète vraiment les supporteurs, c’est de savoir si, en cas de maintien en L1, cela remet en cause la vente du club et le départ de certains dirigeants », affirme le Toulousain Yves Dussert. Difficile de se projeter vers l’avenir avec un horizon encore si incertain.