Ligue 1 : Le Conseil d'Etat valide la fin de la saison mais suspend les relégations d'Amiens et Toulouse

FOOT Et si on allait vers une Ligue 1 à 22 ?

B.V. et F.L

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Le TFC va bientôt battre pavillon américain.
Le TFC va bientôt battre pavillon américain. — Frédéric Scheiber / Sipa

Le Conseil d'Etat a tranché, et il pourrait changer l'avenir de la Ligue 1. Invité à la demande de l'Olympique Lyonnais, d'Amiens et de Toulouse à trancher sur la fin de saison décidée par la LFP, le juge des référés a choisi de couper la poire en deux. Oui, il était recevable de mettre un terme à la saison de Ligue 1, mais non, la LFP ne pouvait pas décider comme telle la relegation d'Amiens et Toulouse, respectivement 19e et 20e de Ligue 1 selon le classement final élaboré début mai.

« Le juge des référés estime qu'il n'y a pas de doute sérieux sur la légalité de cette décision (la fin du championnat) qui pesait les avantages et les inconvénients d'un arrêt immédiat du championnat, alors qu'une très grande incertitude affectait l'hypothèse d'un possible redémarrage des compétitions en temps utile », explique d'emblée le communiqué envoyé par l'instance, retoquant ainsi de facto la demande de Jean-Michel Aulas, le président de Lyon, de reprendre la compétition et de finir la saison 2019/2020. De même, le Conseil d'Etat « valide les modalités définies par la Ligue » pour effectuer son classement final, qui ne bougera donc plus.

Une Ligue 1 à 22 avant le 30 juin ?

En revanche, le juge des référés a décidé de suspendre les relegations d'Amiens et Toulouse, assurant « que le conseil d'administration de la Ligue ne pouvait pas légalement se fonder, pour décider de reléguer les deux derniers du classement de la Ligue 1, sur le fait que l'actuelle convention conclue avec la Fédération française de football (FFF) prévoit une limite de vingt clubs, alors que cette convention prend fin le 30 juin prochain et qu'une nouvelle convention devra être signée. »

Ainsi, le Conseil d’Etat vient d’ouvrir pour la première les portes d’une saison à 22 clubs - Lorient et Lens sont d’ores et déjà promus depuis la Ligue 2 - en ordonnant à la Ligue de « réexaminer la question du format de la Ligue 1 ». En clair, voir la faisabilité calendaire d’un championnat avec deux clubs de plus. Pas une mince affaire, car le championnat doit déjà reprendre le 23 août, quelques semaines plus tard qu’à l’habituelle, et que l’Euro prévu en fin de saison ne laisse pas beaucoup de marge de manoeuvre. Mais jouable, surtout grâce à la mort de la Coupe de la Ligue, qui libère quelques dates dans le calendrier. 

Du côté des « vainqueurs », on ne s'embarrasse pas trop de tous ces détails. De son côté, via un communiqué, le TFC assure être « maintenu en Ligue 1 pour la saison 2020 - 2021 ». Du sien, Amiens jubile. «  Le club est le plus heureux du monde, a réagi aux bord des larmes Luigi Mulazzi, vice-président du club. Je suis fier qu’on ait cette justice en France. Ce jugement est quelque chose de normal et plein de bon sens. Après un tel jugement, je ne vois pas comment la LFP pourrait encore plus s’enfoncer et refuser une L1 à 22. C’est impossible que la LFP aille au-delà d’un jugement de la justice française. Elle (la ligue) peut attaquer sur le fond mais ça ne change rien car c’est exécutoire. Si ça va très vite, le fond peut être discuté d’ici un, deux ou trois mois. A l’heure d’aujourd’hui, nous sommes en Ligue 1. Il n’y a plus aucun doute là-dessus. On avait attaqué en trouvant anormal qu’on soit relégués au bout de 28 matchs. Essayer de faire disparaître des clubs alors que le championnat n’était pas terminé, c’était injuste. On a été victimes de ça et ça a été réparé. On ne transige pas avec l’injustice, on la répare. Chapeau bas au conseil d’Etat. »

Reste que selon l’Equipe, ladite convention aurait été resignée le 20 mai dernier et que la Ligue n’aurait pas particulièrement l’intention de revenir dessus et donc d’élargir à 22. Qui en ferait alors les frais ? Toulouse et Amiens, « les ex-futurs relégués » ou Lorient et Lens, les « promus un peu trop vite » ? Bref, voilà le football français dans un nouveau beau bazar. Et selon le Conseil d’Etat, la LFP a jusqu’à 30 juin pour y mettre de l’ordre.