Ligue 1 : « Arrêtons les débats judiciaires et mettons-nous autour d’une table », lance le président d’Amiens Bernard Joannin

INTERVIEW Dans un entretien accordé à « 20 Minutes », Bernard Joannin assure qu’Amiens jouera quoi qu’il arrive la saison prochaine en Ligue 1

Propos recueillis par Francois Launay

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Bernard Joannin, le président d'Amiens, à sa sortie du conseil d'Etat
Bernard Joannin, le président d'Amiens, à sa sortie du conseil d'Etat — AFP
  • Le conseil d'Etat a décidé mardi de suspendre la relégation d'Amiens et Toulouse en Ligue 2. 
  • Une décision qui réjouit Bernard Joannin qui juge désormais improbable une décision contraire de la Ligue. 
  • Le président du club picard est prêt à aller jusqu'au bout et à déposer un nouveau référé pour rester en Ligue 1. 

Pour Bernard Joannin, le doute n’est plus permis. La décision du conseil d’Etat en date du 9 juin de suspendre les relégations d’Amiens et Toulouse en Ligue 2, a forcément réjoui le président du club picard. Pourtant, la Ligue a encore la possibilité d’aller contre les intérêts d’ Amiens en choisissant de rester à 20 clubs en Ligue 1 la saison prochaine. Une issue que juge très improbable Bernard Joannin, prêt à aller jusqu’au bout pour rester dans l’élite comme il l’explique dans cet entretien accordé à 20 Minutes.

Êtes-vous toujours aussi serein pour le maintien d’Amiens en Ligue 1 un jour après la décision du conseil d’Etat ?

Oui. La décision du conseil d’Etat est très claire : elle suspend la relégation d’Amiens, donc Amiens est en Ligue 1. C’est désormais à la Ligue de trouver une solution sur le format de la saison prochaine [20 ou 22 clubs]. Nous avons mené un combat pour l’équité sportive et nous sommes très honorés de voir que le conseil d’Etat nous a validé cette position. Et nous sommes très confiants quant à la suite des choses. Je ne peux imaginer que la Ligue vienne contester cette décision d’Etat.

Je lance d’ailleurs un appel solennel à la Ligue et à la Fédération Française : arrêtons les débats judiciaires et mettons-nous autour d’une table pour trouver une solution et adapter ce format de Ligue 1. Et si ça ne se passait pas comme ça, l’Amiens SC ferait valoir ses droits et referait immédiatement un référé devant le conseil d’Etat.

Un nouveau référé suspendrait une éventuelle décision de la Ligue en votre défaveur ?

Oui, un référé est suspensif. La Ligue a le droit d’aller sur le fond mais ça prendrait plusieurs mois et la saison aura déjà démarré. Nous sommes extrêmement confiants et prêts à aller jusqu’au bout. On n’a jamais voulu être clivant. On a essayé de rassembler toutes les positions. La justice a été notre dernier rempart. Nous étions persuadés que les arguments de droit étaient de notre côté et la décision du conseil d’Etat l’a prouvé. La balle est désormais dans le camp de la Ligue et de la Fédération.

Vous pensez vraiment que la Ligue va décider de maintenir Amiens ?

Vous êtes face à une décision de la plus haute juridiction française. Je ne sais pas si on jouera à 20 ou à 22 l’an prochain en Ligue 1 mais il n’y a pas de débat. Le conseil d’Etat a décidé de suspendre la relégation d’Amiens et de Toulouse.

Si la Ligue 1 se joue à 22, ça risque de surcharger le calendrier ?

C’est faux. La Coupe de la Ligue a été supprimée et jouer à 22 remet quatre journées en plus. La suppression de la Coupe de la Ligue permet donc de trouver quatre dates.

Et le partage des droits télé à 22 clubs au lieu de 20 ?

Là encore, la différence est minime. En descendant, Amiens et Toulouse avaient additionné 21 millions d’euros d’aide à la descente. Si on reste en Ligue 1, ça fait donc 21 millions d’euros d’économie. N’oubliez pas non plus que les droits télé ont augmenté de 400 millions à partir de la saison prochaine.

On parle juste d’un surcoût de 19 millions par rapport à 400. Et ces quatre matchs supplémentaires vont rapporter deux recettes de plus pour chaque club à domicile. Pour le PSG, une recette d’un match équivaut à 3 millions d’euros par exemple. L’argument de la perte financière ne tient donc pas debout.

Dans le pire des cas, que représentera une relégation pour Amiens ?

Entre 40 et 454 millions d’euros de pertes. Ce serait une catastrophe pour toute la Picardie. A chaque match, nous employons 300 intérimaires. Il y aurait aussi des réductions d’emploi au club avec des dizaines de familles qui vont perdre leur travail. Le football sortirait grandi de cette affaire en prenant des positions humaines et de solidarité dans une période difficile.