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Pour le vestiaire ou pour la C1, le départ d'AVB serait une belle cata

OM : Pour les joueurs, pour la C1, pour l'image du club, le départ de Villas-Boas serait une catastrophe

FOOTBALLL'avenir d'André Villas-Boas à Marseille est plus que flou
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Andoni Zubizarreta a quitté l'OM jeudi
  • André-Villas Boas, qui avait lié son destin à celui du Basque, pourrait également quitter Marseille
  • A plusieurs mois du retour de l'OM en Ligue des champions et sans réels moyens de s'offrir mieux, ce serait une catastrophe pour le club

«C’est trop calme. j’aime pas trop beaucoup ça. J’préfère quand c’est un peu trop plus moins calme. » Elle prendrait plus de place que « droit au but » sur les maillots, mais cette citation extraite d’un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma français pourrait très bien faire office de devise à l’Olympique de Marseille. Le club a à peine eu le temps de fêter son retour en Ligue des champions et de se poiler devant les nombreux numéros de cirque de Jean-Michel Aulas qu’un nouveau séisme fait trembler le Vélodrome. Cette fois, Andoni Zubizarreta quitte l’OM. Pas une surprise – l’arrivée de Paul Ardridge en janvier présageait une fin proche pour le Basque – ni un cataclysme en soi. Malgré un bon mercato estival en 2019, Zubi avait ce défaut de ne pas réussir à vendre. Pourtant ce départ revêt une tout autre importance quand on sait qu’il peut aussi engendrer celui d’André Villas-Boas. L’artisan de la deuxième place de l’OM avait lié son destin à celui de l’ancien gardien du Barça au moment justement où le fameux Aldridge posait ses valises sur le Vieux Port.

« Je suis venu ici en premier lieu pour la grandeur du club, en deuxième pour Andoni Zubizarreta, disait le Portugais au début de l’année. J’ai déjà dit que mon futur est intimement lié à son futur. » De passage à Marseille en début de semaine pour s’entretenir avec Jacques-Henri Eyraud, AVB est reparti à Porto sans faire de bruit. Et, coup de grâce pour les amateurs d’indices subliminaux sur les réseaux, l’entraîneur a supprimé l’OM de sa bio Insta. Rien n’est encore fait mais la piste d’un départ est donc aussi crédible que logique. Elle serait aussi une catastrophe pour le club marseillais. On vous explique pourquoi.

Le vestiaire risque de ne pas bien le vivre

L’un des grands succès d’AVB depuis son arrivée à Marseille a été de se mettre le vestiaire dans la poche à coups de bons résultats, de résurrections – coucou Steve Mandanda – et de prises de position courageuses. En servant de gilet pare-balles à Jordan Amavi quand celui-ci était vivement critiqué, le Portugais obtenait dans le même temps son adhésion sans faille. « Après ce fameux match contre Rennes, il est allé au feu pour moi, ça m’a beaucoup touché », confiait en janvier le défenseur à RMC Sport. On peut aussi citer le poncif « on peut aller à la guerre avec lui » de Bouna Sarr sur son coach ou, plus récemment, « le coup de foudre au premier regard » entre Dimitri Payet et Villas-Boas, dixit l’international français sur Eurosport. Quand tout va bien, les adieux sont douloureux et il n’est pas dit que tous ces joueurs se satisfassent du départ de leur bienfaiteur. Encore un coup à perdre bêtement des cadres du vestiaire, cette histoire.

Un nouveau coach pour replonger dans la C1 sans moyens, vraiment ?

Si le Portugais quitte Marseille, quel entraîneur de niveau équivalent accepterait de préparer un retour en Ligue des champions dans les mêmes conditions que lui, à savoir quasiment sans moyens pour recruter et avec la nécessité de dégager des liquidités (même si le fair-play financier vient d’être assoupli) ? Et avec moins de temps qu’AVB, dans un contexte apocalyptique, sinon ça serait trop facile. Qui aura envie de s’embourber dans un tel bazar, qui plus est dans un club où la pression du public peut rapidement devenir étouffante si les résultats ne suivent pas, avec pour seul outil un effectif sans profondeur de banc auquel la direction suggère de greffer des petits jeunes de la formation ? En outre, qui aura envie de plonger tête la première, les yeux fermés dans un possible remake du cauchemar d’une phase de poule de C1 à zéro point ?

La direction renverrait encore une belle image de l’OM

Dans ce volcan à peine endormi qu’est l’Olympique de Marseille, AVB a rapidement réussi à dégager une impression de maîtrise à travers une comm’maîtrisée et une transparence qu’on qualifiera parfois d'osée. Même après le classico, où on pensait qu’il s’était planté, ses mots ont souvent rasséréné son groupe et les supporters. Ces derniers, s’ils ne l’adulent pas comme Bielsa, le respectent et lui font confiance. Un an après la fin houleuse du chapitre Rudi Gardia, qui aurait pu croire qu’un léger vent de sérénité embrasserait le Vélodrome ? Laisser Villas-Boas partir, que ce soit sur les dunes du Dakar, à Porto ou ailleurs, reviendrait à renverser le château de cartes au pire moment, exposer Marseille à de nouvelles turbulences et écorner une nouvelle fois l’image de l’institution. Ce serait chercher un nouveau coach, un nouveau staff et donc continuer de naviguer à vue. Or, la vision à (Mc) court terme est rarement amie de la réussite, surtout pas à ce niveau.