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Tennisman pro, il retape le court de son voisin pour s’entraîner

Coronavirus : Tennisman pro (et bricoleur), Arthur Reymond retape le court de son voisin pour s’entraîner

DEBROUILLE589e joueur mondial, Arthur Reymond est privé de son métier et de sa passion depuis deux mois. Avec son père, le jeune Haut-Garonnais a reconstruit un court de tennis près de chez lui pour s’entraîner
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • A 21 ans, Arthur Reymond pointait à la 589e place du classement ATP lorsque le coronavirus a provoqué la suspension du circuit professionnel de tennis, le 12 mars.
  • Pour garder la forme (et le moral), le jeune joueur de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) s’est lancé avec son père dans un gros chantier : rendre de nouveau praticable le court de son voisin, à l’abandon depuis une dizaine d’années.

Qu’il soit professionnel ou classé 30/5, tout tennisman est logé à la même enseigne en ce balbutiement de déconfinement : il est seulement possible de jouer en simple, et uniquement à l’extérieur, jusqu’à nouvel ordre. Autrement dit, il faut rester chez soi lorsqu’il pleut à verse comme lundi dans le Sud-Ouest. C’est ce qu’a fait Arthur Reymond, 589e joueur mondial et sociétaire du Stade Toulousain.

« Je vais essayer de "taper" avec des potes, mais je n’ai pas de programme particulier, lance-t-il à 20 Minutes. Les tournois, ça ne reprendra pas avant août, au plus tôt. » D’ici-là, le gaucher de 21 ans, privé de sa passion et de son gagne-pain depuis deux mois, touche « zéro revenu ». « C’est une situation un peu compliquée », souffle-t-il.

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Faute de perspective claire de reprise, la déprime guette parfois. Mais le jeune homme est du genre volontaire et débrouillard. Il l’a prouvé au tout début du confinement, en remettant en état avec son père un court en terre battue qui n’avait plus vu une raquette depuis une dizaine d’années. Le terrain, à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), appartient à un voisin de la famille Reymond, par ailleurs président du club de tennis local. Et, pour reprendre un terme du cru, le résultat a « espanté »​ pas mal de monde, lorsqu’il a été dévoilé sur le blog Tennis Legend.

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« Il mène toujours ses projets de A à Z »

« A la base, on voulait juste un endroit pour faire des paniers de balles, des services, détaille Arthur. Au final, on a fait le terrain entier. » « Il mène toujours ses projets de A à Z, il ne va jamais s’arrêter à la lettre S ! », souligne Laurent, le paternel qui a le sens de la formule. Attestations en poche, le binôme a sué pendant deux semaines à raison d’une heure par jour, pour retaper le court, en bricolant des outils. Pratique pour entretenir son physique.

« A la fin de chaque heure, je tapais la balle une ou deux minutes, juste pour kiffer », sourit Arthur. Une fois le boulot terminé, il a pu répéter ses gammes face à son père, « classé 30, mais qui joue 15/1 ou 15/2, certifie le fiston. Le terrain est plus que correct, même après deux semaines de pluie. J’y ai encore joué dimanche. »

« Je vais essayer d’organiser un petit tournoi à six joueurs »

Seulement, rien ne remplace les frissons de la compétition pour un fou de tennis, qui a commencé son sport à l’âge de cinq ans, et enchaîne les déplacements, en France comme à l’étranger, depuis cinq bonnes saisons. « Je vais essayer d’organiser un petit tournoi à six joueurs, d’ici deux ou trois semaines, quand tout le monde aura repris. »

Car les états de forme sont disparates chez les pros de la balle jaune, qui n’ont pas forcément les moyens d’avoir un court chez eux, comme certains cadors, ou la possibilité d’en reconstruire un. « La première question que l’on se pose, c’est : "quand le circuit va-t-il reprendre ?" », avoue Arthur Reymond.

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Quid de l’idée d’un fonds de solidarité du tennis, alimenté par les joueurs et joueuses les mieux classé(e)s – donc les plus riches – et par les plus grands tournois pour ceux et celles privés de ressources ? « Ce serait une très bonne initiative, mais on ne va pas réclamer de l’argent, souligne le Toulousain. Quand on s’engage sur le circuit, on ne fait pas ça que pour l’aspect financier. On vit pour enchaîner les tournois. Je n’ai pas d’objectif de classement, je veux juste progresser, m’épanouir. C’est comme cela que les résultats vont suivre. »

Comme en octobre dernier, lors du tournoi ITF de Nevers. Alors seulement classé 839e, Arthur Reymond avait terrassé deux « Top 300 », dont son compatriote Quentin Halys (184e) en finale, pour décrocher son premier titre en simple chez les pros. La route vers un deuxième sacre est aussi incertaine que le contexte général actuel. Mais elle passera forcément par la terre battue de Villemur-sur-Tarn, que le tennisman-bricoleur compte bien continuer à fouler, déconfinement ou pas.