Cristiano Ronaldo tient son ballon d'or

FOOT En 2008, le Portugais a dominé la concurrence par son palmarès, ses performances individuelles et son charisme…

A.P.

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Passements de jambes, roulettes, centres millimétrés: Ronaldo a tout fait et tout réussi contre Chelsea, effaçant des mémoires ses pâles sorties en demi-finales contre Barcelone et inscrivant son 42e but, toutes compétiutions confondues.
Passements de jambes, roulettes, centres millimétrés: Ronaldo a tout fait et tout réussi contre Chelsea, effaçant des mémoires ses pâles sorties en demi-finales contre Barcelone et inscrivant son 42e but, toutes compétiutions confondues. — Adrian Dennis AFP
Il y a des réalités que l’on ne peut contester. Des lignes sur un palmarès, des statistiques individuelles ou le résultat implacable d’un scrutin. Sans prendre à revers le monde du ballon rond, le magazine «France Football» a remis à Cristiano Ronaldo le Ballon d’or 2008. Le 53e de l’histoire, le troisième décerné à un Portugais après Eusebio et Luis Figo. Zidane, Pelé, Kaka, Messi, Buffon ou encore Torres avaient fait de l’idole d’Old Trafford le favori pour la récompense individuelle la plus convoitée de la planète foot. Comme une évidence, les jurés ont récompensé un palmarès brillant, un talent incontesté et une personnalité aussi attachante qu’horripilante. Le meilleur joueur au monde, tout simplement.

Un palmarès éloquent. En remportant la Ligue des Champions et la Premier League, le Portugais s’est tout de suite positionné comme favori. Meilleur buteur de ces deux compétitions, il a brillé sans jamais flancher pour offrir aux Red Devils ce prestigieux doublé, enchaînant les prestations de grande classe et échappant aux blessures sérieuses. Pour que son année 2008 soit parfaitement réussie, le Mancunien aurait pu prétendre à un meilleur parcours à l’Euro. Avec sa sélection, il s’est arrêté en quart de finale, face à l’Allemagne. Mais à l’époque Ronaldo souffrait d’une cheville. Une circonstance atténuante qui n’a sûrement pas échappé aux jurés du Ballon d’or.

Un talent brut. Dans son règlement, c’est l’un des principaux critères d’attribution de la récompense. La classe du joueur, un savant alliage de technique, de talent individuel et de fair-play. A l’exception de ce troisième point, voilà ce qu’incarne le nouveau lauréat. Ses passements de jambes et ses débordements ont étourdi en 2008 la plupart des défenseurs qui s’y sont frottés. En plus de cela, Ronaldo a élargi sa palette cette année en se muant en chasseur de buts hors pair. Avec ses 42 buts inscrits la saison dernière, il a déjà reçu le titre de Soulier d’or européen. Une performance remarquée pour un joueur qui n’a jamais évolué en position axiale, mais plutôt comme un attaquant excentré.

Un rayonnement.
Evidemment, le Portugais ne fait pas l’unanimité. On lui prête une arrogance et un amour propre exacerbés. Cette année, certaines de ses sorties médiatiques auraient pu le desservir. S’autoproclamant «meilleur joueur de tous les temps», avec un sourire en coin, le beau gosse de 23 ans est toujours à l’aise devant les caméras. Trop peut-être. Avant d’être officiellement élu Ballon d’or, l’intéressé évoquait son cas à la troisième personne: «Ce trophée, je veux le gagner, expliquait-il à «France Football» la semaine dernière. J'ai fait ce que je devais. Si les jurés pensent que Cristiano Ronaldo mérite de le gagner, je le recevrai avec le plus grand plaisir. J'ai beaucoup de confiance.» Il y avait de quoi.

Une concurrence dépassée. Vu l’issue du scrutin, le succès de Ronaldo ne souffre d’aucune contestation. Iker Casillas et Fernando Torres, les deux Espagnols vainqueurs de l’Euro auraient pu le contrarier. Mais si l’un paie son statut de gardien, trop effacé pour être honoré, l’autre peut regretter un palmarès vierge avec Liverpool et une blessure à la cuisse. Lionel Messi, très régulier avec le Barça, n’a lui «qu’un» titre de champion olympique à faire valoir.


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