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Piratage du fisc : Hameçonnage, messages intempestifs, cambriolage… Que risquent les contribuables concernés ?
cyberattaque•Une cyberattaque massive contre le Fisc a permis le vol des données de 700.000 personnes, de quoi leur poser potentiellement quelques soucis entre arnaques crédibles, hameçonnage voire même cambriolageJ.-L.D.
Près de 700.000 personnes se sont fait pirater leurs données fiscales lors de cyberattaques contre le système d’information de la Direction générale des Finances publiques (DGFIP) fin juin et en juillet 2026. Et regardez votre téléphone ou votre boîte mail, vous pourriez avoir une petite (mauvaise) surprise… En effet, les personnes concernées commencent à être contactées individuellement à partir de ce lundi 17 août.
Mais alors, qu’est-ce que vous risquez si vous faites partie de ces malheureux élus ?
Qu’est ce qui a été dérobé ?
La DGFIP a précisé que les informations volées « ne permettent pas l’accès au compte sécurisé sur impots.gouv.fr » (ouf) et que les espaces personnels des usagers n’ont pas été compromis. Les accès ont de toute manière été coupés à la moindre détection suspecte.
Pour les particuliers (environ 400.000 personnes tout de même, le reste étant des comptes professionnels), les données volées incluent notamment noms et prénoms, adresses (du domicile et e-mail), numéros de téléphone, quotient familial, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source. Les données sur les biens immobiliers, que ce soit leur adresse ou leur surface, ont également été visées dans une opération distincte.
Selon le hackeur éthique Clément Domingo (alias Saxx), invité de la matinale de TF1, le cybercriminel « a déjà vendu la base de données ». D’autres personnes l’auraient contacté pour l’acheter. Saxx qualifie cette affaire de « cyberattaque la plus grave de France ».
Qu’est-ce que vous risquez ?
Ces données récoltées permettent des arnaques plus crédibles. Des escrocs peuvent se faire passer pour l’administration fiscale (Bercy) par téléphone, e-mail ou SMS, notamment autour des échéances de paiement, pour demander des informations bancaires ou des règlements. L’arnaque est d’autant plus crédible que la personne peut fournir un grand nombre d’informations confidentielles qui vous ont été dérobées.
L’usurpation d’identité figure parmi les menaces principales. Avec un niveau de détail élevé (situation fiscale, revenus, adresse), des campagnes d’hameçonnage ou d’ingénierie sociale deviennent plus efficaces.
Saxx alerte aussi sur des risques plus graves pour les personnes aux revenus élevés : « Des personnes ont déclaré jusqu’à 45 millions d’euros de revenus. Ces personnes ont une cible dans le dos que l’État, hélas, leur a mise. » Il évoque la possibilité de cambriolages ou de séquestrations, en rappelant des précédents, comme des cambriolages après le piratage de la Fédération française de tir.
Comment savoir si l’on est concerné et que faire
Pas de démarche spontanée nécessaire : la DGFIP contacte individuellement chaque victime à compter du 17 août, par courriel ou courrier, en précisant les données exposées et les mesures de vigilance.
En attendant, rester très méfiant face à tout message, appel ou e-mail se présentant comme provenant du fisc, ne cliquez jamais sur un lien reçu et ne communiquez évidemment jamais d’informations bancaires ou d’identifiants par téléphone ou e-mail non sollicité.



















