Droits TV : La Ligue 1 a foi en Nasser Al-Khelaïfi pour négocier avec Canal+

FOOTBALL Un temps contesté, Nasser Al-Khelaïfi semble désormais soutenu par ses pairs

W.P, avec AFP

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Nasser Al-Khelaïfi
Nasser Al-Khelaïfi — Hasan Bratic/SIPA

C'est à se demander s'il n'en font pas trop. Une bonne partie des présidents de Ligue 1 semble vouer un soutien aussi inédit qu'infaillible au président du PSGNasser Al-Khelaïfi, désigné par le Bureau de la Ligue (LFP) pour négocier avec Canal+ sur les droits TV. Le patron parisien a toute la confiance des dirigeants de clubs, comme l'ont assuré dimanche plusieurs d'entre eux. 

« Nous avons plus que confiance », a martelé lors d'un point presse téléphonique Bernard Caïazzo, le président du syndicat des clubs de L1 Première Ligue et du conseil de surveillance de Saint-Étienne. « Je ne suis pas sûr qu'à la place de Nasser, dans la même situation, beaucoup auraient accepté la mission. De sa part, ça montre un courage et une vraie volonté de défendre l'intérêt du football [...] Si nous avions un seul doute sur son engagement, nous ne l'aurions pas (désigné) », a ajouté Bernard Caïazzo, membre du Bureau de la LFP.

« Nasser ne s'est pas proposé, on lui a demandé »

Al-Khelaïfi, bien que patron de beIN Media Group, la maison mère de beIN Sports, l'autre diffuseur du Championnat de France, a été choisi par ce Bureau avec trois autres présidents de clubs de L1 pour discuter avec Canal+, la chaîne cryptée ayant suspendu les versements relatifs au contrat de droits TV en raison de la suspension du championnat pour cause de coronavirus.

Un choix qui n'a pas été sans susciter des questions sur d'éventuels conflits d'intérêt, notamment si ce comité de négociation venait à s'entretenir aussi avec beIN Sports, qui a aussi interrompu ses paiements. « Les gens qu'on envoie vont défendre les 40 clubs professionnels de Ligue 1 et Ligue 2. Il y a tous les ego à mettre de coté, la seule chose qui compte c'est de sauver tout le monde et pour cela on envoie nos meilleurs (éléments) », a rétorqué Nicolas Holveck, le nouveau président de Rennes. « Nasser ne s'est pas proposé, on lui a demandé. Il faut être clair », a insisté Gérard Lopez, président de Lille.

Au front avec Sadran, Eyraud et Rivère

Associé à Olivier Sadran (Toulouse), Jacques-Henri Eyraud (Marseille) et Jean-Pierre Rivère (Nice), « NAK » aura la lourde tâche « d'éclaircir la situation », selon Caïazzo, alors que Canal+ devait verser dimanche 110 millions d'euros à la LFP, une manne redistribuée ensuite aux clubs. Dont une partie (43 millions d'euros), selon plusieurs dirigeants, serait due car elle correspond à des matches « déjà livrés ». Un argument que Canal réfute.

« On pourrait penser que (Al-Khelaïfi) est celui d'entre nous qui peut être le plus rassuré (face à la crise, au vu des finances du PSG), rester dans son coin et s'occuper de personne, et c'est tout le contraire. Il est d'un investissement incroyable », a appuyé Nicolas Holveck.