Open 13 : « Il gâche son talent ! » Le local Benoît Paire éliminé à Marseille après plusieurs sautes d’humeur

TENNIS Benoît Paire, 20e joueur mondial, a été éliminé en huitième de finale de l’Open 13 par Alexander Bublik, 55e au classement ATP. Le Français a encore une fois été débordé par ses émotions

Au Palais des Sports, Jean Saint-Marc

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Benoît Paire (ici photographié à Melbourne) a été éliminé de l'Open 13 après s'être énervé contre le public marseillais.
Benoît Paire (ici photographié à Melbourne) a été éliminé de l'Open 13 après s'être énervé contre le public marseillais. — M. Vatsyayana / AFP
  • Benoît Paire, qui jouait presque à domicile à Marseille, a perdu ses nerfs lors du huitième de finale qui l’opposait à Alexander Bublik, ce mercredi.
  • Agacé par certains spectateurs de l’Open 13, l’Avignonnais, 20e joueur mondial, s’est laissé piéger par Alexander Bublik, 55e au classement ATP.

« Allez Benoît, t’y es chez toi ici ! » Ce rappel gueulé par un supporter du Palais des sports, en début de deuxième set, aurait pu être salutaire. Mais Benoît Paire, né à moins de 100 bornes de Marseille et qui supporte l’OM, a encore oublié qu’il jouait à domicile à l’Open 13. Face au Kazakh Alexander Bublik, ce mercredi, le volcanique Français s’est laissé déborder par ses émotions. Pourtant annoncé comme un des favoris, Benoît Paire s’est incliné (3-6, 6-4, 6-4) en huitième de finale.

L’ambiance était pourtant tout sauf hostile. Benoît Paire n’a pas essuyé de sifflets, comme l’an dernier. En 2019, l’Avignonnais avait quitté le court sous une bronca après avoir expédié les derniers points de son match contre David Goffin… Et après avoir, bien sûr, explosé une raquette. Il avait dans la foulée traité les supporters marseillais de « moutons ».

« C’est vraiment un abruti ! »

Ils ne sont pas rancuniers : ils étaient pour la plupart derrière lui, ce mercredi. En tout cas au début du match, où seul un enfant encourageait « Alexander Boubli » (sic), sans doute par simple esprit de contradiction. Mais au fil du match, le dégingandé Bublik a récolté de plus en plus de soutien.

Il faut dire que Paire, sans tomber dans ses pires travers, a proposé une partie de son attirail habituel : l’énervement contre lui-même (« c’est nul ça Benoît ! »), contre l’arbitre… Puis contre des spectateurs. On a ainsi entendu un très net « ferme ta gueule » craché vers la tribune. Il a aussi jeté une raquette au sol – sans la casser.

Un « achève-le » qui ne passe pas

« C’est vraiment un abruti », s’agace une spectatrice. Ceux qui pensaient les Marseillais plus tolérants avec ce genre d’attitude en seront pour leurs frais : ils sont nombreux, dans un Palais des sports aux deux tiers rempli, à condamner l’attitude de l’Avignonnais.

« Je déteste vraiment Paire, avoue Flora, fan de tennis et Marseillaise. Il est beaucoup trop arrogant, trop fermé sur lui-même. On dirait qu’il est bloqué dans son personnage ! » « Il gâche son talent avec ce genre de comportement », estime aussi Caroline. « Je ne suis pas fan de ses sautes d’humeur, d’autant qu’à Marseille, il y a tout le temps dans le public quelqu’un pour le chambrer et le pousser à aller plus loin », déplore Daniel.

Cela n’a pas raté, ce mercredi : derrière le court, deux spectateurs ont beaucoup titillé Benoît Paire dès qu’il a commencé à perdre le fil, en début de deuxième set et surtout dans le troisième. Et quand Bublik a obtenu ses trois balles de match, un des plaisantins a hurlé « achève-le ! » Paire a alors définitivement perdu pied et s’est longuement engueulé avec lui, sur l’air du « répète un peu ce que tu viens de dire, pour voir ? »

« On peut dire ce qu’on veut, mais "achève-le", c’est un peu limite. Il faut juste respecter un peu les joueurs », a pesté Benoît Paire en conférence de presse. Il n’a pas vraiment expliqué sa contre-performance, assurant que « c’était un beau match de tennis » et qu’il n’avait « rien à [se] reprocher ». Sauf de manquer de sang-froid ? « C’est encore une fois un évènement extérieur qui le fait sortir de son match, analyse Olivier, connaisseur attristé. Dès que ces supporters ont commencé à le chambrer, c’était terminé. »