Tests de grossesse dans le hand : Six joueuses de Nantes confirment n’avoir pas donné leur accord

HANDBALL Dans une lettre ouverte, six joueuses contestent la version donnée par le club en conférence de presse

Frédéric Brenon

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Arnaud Ponroy, président du NAHB, a tenu vendredi une conférence de presse entouré de huit joueuses.
Arnaud Ponroy, président du NAHB, a tenu vendredi une conférence de presse entouré de huit joueuses. — L.Venance/AFP
  • La pratique de tests sanguins en recherche de grossesse au sein du Nantes Atlantique Handball (NAHB) est contestée.
  • Le président du club et certaines joueuses affirment que ces tests n’avaient pas été effectués sans consentement.
  • Six joueuses nantaises prétendent désormais le contraire.

Un gros pavé dans la mare. Trois jours après l' affaire sur les tests de grossesse pratiqués au sein du Nantes Atlantique Handball (NAHB), six joueuses de l'équipe professionnelle nantaise ont publié ce dimanche une lettre ouverte afin de contester la version officielle donnée par le club en conférence de presse. Entouré de huit joueuses et du coach, le président Arnaud Ponroy avait affirmé vendredi que les jeunes femmes avaient toutes été informées par le médecin de l’existence d’analyses hormonales en recherche de grossesse en plus des prélèvements sanguins habituels.

Une ligne de défense confirmée ce jour-là par l’internationale Camille Ayglon et la capitaine Léa Lisnières, cette dernière concédant seulement qu’il y avait pu y avoir « un problème de compréhension pour certaines » joueuses. Mais ce point de vue n’était visiblement pas partagé par l’ensemble de l’effectif.

« Nous n’avons pas été spécifiquement informées »

« Avant toute chose, nous souhaitons préciser que vendredi, la moitié de l’équipe a délibérément refusé d’assister à la conférence de presse du club, par désaccord avec la version qui allait être exposée, et que d’autres joueuses présentes à la conférence n’étaient pas non plus en accord avec celle-ci », débute la lettre ouverte diffusée par l'association des joueurs professionnels de handball (AJPH).

Le texte ajoute ensuite : « Nous souhaitons seulement dire que nous n’avons pas été spécifiquement informées que les bilans biologiques que nous sommes allées faire, comprenaient un test de grossesse sanguin. Ce n’est pas notre rôle de savoir si c’est illégal ou non, mais nous aurions simplement voulu être informées au préalable et avoir pu donner notre consentement. »

« Pour qu’aucune autre femme n’ait à revivre ça »

« En dénonçant cette pratique, nous souhaitons qu’une prise de conscience s’effectue pour qu’aucune autre joueuse, pour qu’aucune autre femme n’ait à vivre ça de nouveau dans le cadre de son travail, qu’elle soit sportive ou non », concluent les six signataires, qui ont souhaité préserver leur anonymat.

Après cette missive, l’ambiance au sein du club, qui affrontera Fleury en coupe de France vendredi prochain, s’annonce pour le moins inconfortable.

Le président Arnaud Ponroy avait déclaré vendredi qu’il soutenait le médecin ayant pratiqué les tests, un praticien libéral par ailleurs référent maternité pour le sport de haut niveau en Pays-de-la-Loire. Il avait également affirmé que « ni les entraîneurs, ni les dirigeants » n’avaient eu accès aux informations médicales.