France-Angleterre : Blagueur et touchant, le duo Galthié-Ibanez plus déterminé que jamais au lendemain du crunch gagnant

RUGBY Après une courte nuit de sommeil, le sélectionneur et le manager du XV de France sont revenus lundi matin sur la victoire contre les Anglais

Nicolas Camus

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Le sélectionneur Fabien Galthié lors du match France-Angleterre, 1ère journée du Tournoi des VI Nations, le 2 février 2020.
Le sélectionneur Fabien Galthié lors du match France-Angleterre, 1ère journée du Tournoi des VI Nations, le 2 février 2020. — FRANCK FIFE / AFP
  • Le XV de France a battu l’Angleterre dimanche lors de la première journée du Tournoi des VI Nations (24-17).
  • Lundi matin, le sélectionneur Fabien Galthié et le manager Raphaël Ibanez avaient donné rendez-vous pour un petit débrief un peu plus à froid.
  • Forcément, les deux têtes pensantes des Bleus étaient de bonne humeur, satisfaits de voir leurs principes et leurs choix validés par ce premier succès d’envergure.

Les détails, les détails, les détails. Fabien Galthié avait appuyé dimanche sur toutes ces petites choses qui ont fait la belle victoire du XV de France contre l’Angleterre. Le sélectionneur ne s’est pas désavoué ce lundi pour le débriefing matinal devant la presse, arborant de magnifiques chaussettes ornées… de l’Union Jack, le drapeau anglais.

Il n’a pas voulu en rajouter quand un confrère lui a fait la remarque, mais son sourire a suffi. Les blagounettes étaient d’ailleurs un peu le thème du jour, entre l’anecdote sur Dupont qui a essayé les lunettes du coach devant toute l’équipe pour savoir s’il aurait mieux vu le chrono avec (la réponse est non) et la satisfaction des entraîneurs de voir leurs consignes sur des célébrations d’essais sobres plus que respectées sur le deuxième d’Ollivon (oui, celui où il n’y en a pas eu du tout à cause d’un début de bagarre).

C’est dingue comme on aime se revoir très vite après avoir vécu un truc fort. Dans une ambiance raccroc de mariage, donc, et avant de filer à Marcoussis, où le groupe va s’élargir à nouveau à 42 membres pour commencer à préparer l’Italie, Fabien Galthié et le manager Raphaël Ibanez ont proposé un petit débrief qui n’en avait que le nom, le staff n’ayant pas encore pris le soin de décortiquer la rencontre à la vidéo.

« On a décidé, plutôt, de passer du temps ensemble hier soir [dimanche], a expliqué le sélectionneur. Le protocole d’après-match a pris beaucoup de temps, alors on a laissé de la place pour les proches, les familles. Ce matin encore. » Au menu des discussions, principalement, la satisfaction de pouvoir continuer à avancer sereinement grâce à ce succès de référence. Avoir battu les Anglais vous offre le droit de vous dire que les principes édictés depuis la prise en main du groupe ne doivent pas être mauvais.

« Ça nous permet d’apprécier le travail bien fait, de partager de la joie. Ce sont des enfants, mais nous aussi nous sommes des enfants, on est heureux de jouer à ce jeu », professe Galthié, avant d’asséner : « On a pris le parti de travailler sur les qualités des joueurs, leurs points forts. C’est notre fil rouge. NOS qualités. NOS points forts [il insiste]. Tout ce qui a amené ces joueurs en équipe de France. »

Au rayon des satisfactions, l’état d’esprit général, la défense, la charnière Ntamack-Dupont ont été évoquées. La belle fête avec les supporters, aussi. « Ça a été une belle journée pour le rugby français, apprécie Ibanez. On veut aussi que cette équipe soit l’incarnation de notre travail commun, avec toutes les forces vives du rugby français. C’est un enjeu, et ça semblait improbable il y a quelques années, cette dynamique positive autour de l’équipe de France. Que les managers de Top 14 se sentent impliqués, que les présidents apprécient l’image que donne le XV de France. C’est une victoire dont la portée dépasse le cadre du Stade de France. »

Apparemment, les messages de dirigeants de clubs ont été nombreux depuis dimanche soir. Forcément un bon signe. Mais parce qu’évidemment tout n’a pas été parfait dans ce match, loin s’en faut, on notera quand même les quelques points faibles.

  • La mêlée, qui a volé en éclat plusieurs fois au cours de la seconde période

Galthié : « On a été en difficulté, c’est la vérité. C’est quand on a coaché, à partir de la 50e, qu’on s’est déstabilisés. On a perdu notre assise, et dès qu’on se fragilise à ce niveau-là, tout devient plus compliqué. Notre jeu au pied s’est dégradé, il est devenu moins long, les duels ont été plus faciles à gérer pour eux que pour nous. Il va falloir revoir ça. »

  • La touche, avec deux pertes de balle à des moments-clés

Galthié : « Oui, on doit s’améliorer. C’est une donnée qui donne confiance, et on a besoin de confiance. On veut en acquérir autour de nos points forts, et la conquête doit en faire partie. Là encore, ça a été plus compliqué après nos changements. Est-ce qu’on les a faits aux bons moments ? On assume nos choix. »

« Le prochain test, c’est réussir à se préparer sur une période très courte »

Place maintenant à la bascule vers l’Italie. Un match qui ne devrait pas poser de problèmes à ces Bleus-là. On a envie de dire pas assez, même. La France qui aime le rugby a appris à se méfier de ce genre de rendez-vous. Trop simple pour être honnête.

« Notre seule ambition est de gagner des matchs, le plus vite possible. Le premier s’est conclu par une belle victoire, mais chaque rencontre va apporter son lot de questions, balaie Raphaël Ibanez. On a eu 10 jours pour préparer l’Angleterre, et deux mois avant ça avec l’encadrement technique. C’est beaucoup. Là, le prochain test pour tout le monde, c’est réussir à se préparer sur une période très courte. C’est notre nouveau challenge. » Une mission que se disaient prêts à accepter tous les jeunes Bleus dès dimanche soir. Et sans rire, cette fois.