NBA : « J'étais choqué », Sekou Doumbouya a-t-il claqué le plus gros dunk d'un Français ?

BASKET « IL S'EST ENVOLÉ DANS LA STRATOSPHERE »

B.V.

— 

Sekou Doumbouya, des Detroit Pistons, a réalisé l'un des dunks de la saison face au joueur de Cleveland Tristan Thompson, le 7 janvier 2020.
Sekou Doumbouya, des Detroit Pistons, a réalisé l'un des dunks de la saison face au joueur de Cleveland Tristan Thompson, le 7 janvier 2020. — David Liam Kyle / NBAE / Getty Images / AFP

Notre plus grand regret dans cette histoire, c’est que George Eddy ne commente plus la NBA. Qu’est-ce qu’on aurait aimé l’entendre s’exclamer sur ce dunk surnaturel de Sekou Doumbouya cette nuit avec son accent légendaire. « Il aurait fait une syncope, y aurait descente d’organes », se marre Bastien du site spécialisé dans la balle orange, Trash-Talk. Dans le doute, on a essayé d’appeler le grand George, mais répondeur jusque-là. On vous tient au courant.

Non parce qu’il faut un peu prendre la mesure du bazar. Le dunk, tomar, poster – appelez-le comme vous voulez – de Doumbouya est un grand moment de l’année en NBA, et peut-être même de l’histoire du sport français. Rien que ça ? « J’ai le souvenir d’un gros de Nico Batum à l’époque à Portland, Joakim Noah a dû en envoyer un ou deux, Rudy Gobert aussi, mais c’est peut-être le plus gros dunk de l’histoire d’un Français en NBA, je me pose la question », rigole Bastien.

Ce qui est sûr, c’est que des athlètes capables de faire ça, « tentaculaires, grands, costauds et capables de tout faire », on en a rarement (jamais ?) vu dans le basket français. Bastien « zonait » devant la télé vers 1h30 du mat' quand Doumbouya s’est envolé. « J’étais très choqué parce que l’athlète, je voyais très bien ce dont il était capable, on le voit souvent à l’échauffement faire ce genre de choses, mais là où je ne l’attendais pas c’est qu’il n’a pas ce côté agressif. Et le voir "grimper" sur quelqu’un à 19 ans, le toiser du regard ensuite quand il est au sol… »

Doomsday ?

Après l’action, Doumbouya est resté calme face aux micros. « Je suis resté sérieux. Je ne réagis pas. Je ne crie pas. J’étais juste concentré sur ce que j’avais à faire. » Presque tout pareil que Trash-Talk, qui a titré très sobrement son article sur le sujet : « Sekou Doumbouya a assassiné Tristan Thompson : poster monstrueux du Frenchie, attention la violence est extrême ! ». En plus, Tristan Thompson, ce n’est pas n’importe qui en NBA. Champion avec les Cavs, mec de Khloé Kardashian… Bref, ça donne à cette action un petit côté légendaire qui devrait aider le jeune Français, formé à Poitiers, à se faire un nom en NBA. Même si toutes les franchises connaissaient déjà son potentiel. « Elles sont toutes venues le voir, et même plusieurs fois pour certaines, nous confiait en juin l’assistant coach du CSP Limoges, Benjamin Villeger. A ma connaissance, il y a eu au moins quatre ou cinq general managers (numéros 2 des équipes NBA) de franchises très fortes qui sont venus jusqu’à Limoges. Et quand ces gens-là se déplacent, c’est bien qu’ils ont une idée derrière… » Finalement drafté à la 15e position l'été dernier, Doumbouya commence à peine à se faire sa place dans l’effectif des Pistons.

Bastien confirme : « Pour lui, c’est un bel alignement des planètes : il y a beaucoup de blessés à Detroit et le coach a décidé de donner leur chance aux jeunes. A 19 ans, certains passent leur partiel, et lui il défend sur LeBron James. Certes, il fait des erreurs, c’est un gamin, mais il a désormais sa place assurée dans le cinq majeur des Pistons jusqu’à la fin de la saison. Il va faire sa place et s’il continue à performer comme il le fait, il peut la garder l’an prochain. Et ce genre de dunk, ça aide au niveau du public, de la vente de maillots aussi. Il y a un concours pour lui trouver un surnom, c’est Doomsday (un jeu de mot sur son nom et un film post-apocalyptique) qui est en tête. Tout ça participe à la notoriété… »

De là à lui assurer une place au dunk contest, où jamais aucun Frenchy n’a mis les pieds ? Bastien n’y croit pas trop, encore. « L’échantillon de dunks n’est pas assez important ». Tu sais ce qu’il te reste à faire, Sekou.