Coupe de France : « On n’est pas des chiens », la Brigade Loire raconte pourquoi elle n’a pas pu assister à la victoire du FC Nantes à Bayonne

FOOTBALL Les supporters venus en bus dans le Sud-Ouest sont rentrés avant le match après avoir appris qu’ils étaient interdits de centre-ville malgré l’absence d’arrêté préfectoral

Julien Laloye

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Les supporters de la Brigade Loire ont raté la qualification du FCN à Bayonne.
Les supporters de la Brigade Loire ont raté la qualification du FCN à Bayonne. — Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Encore du travail bien fignolé de la part des services de l’État concernant l’encadrement des déplacements de supporters ce week-end en Coupe de France. Si les supporters nancéiens ont au moins été prévenus 48h avant leur déplacement à Grande-Synthe que finalement, non, l’accord négocié 15 jours en amont ne tenait plus et qu’il faudrait rester en Lorraine, leurs 150 collègues nantais se sont retenus d’égorger une fratrie de bébés pandas à leur arrivée à Bayonne samedi matin après s’être cognés 7h de bus. Tout était calé : petite balade dans la vieille ville pour admirer les remparts de Vauban​ et déjeuner dans une brasserie à dix minutes du stade Jean Dauger pour arriver le ventre plein dans le parcage visiteur un peu avant 13h.

Sauf que non. La suite vous est offerte par Romain Gaudin, porte-parole de la Brigade Loire, évidemment de l’escapade bayonnaise :

« On avait anticipé en travaillant avec le référent supporter du club, qui lui est en lien avec les autorités sur place, il n’a eu aucun retour négatif. On avait prévu un restaurant qu’on avait réservé, et on voulait se balader un peu dans le centre avant le match. Mais dès notre arrivée, on a été pris en escorte à l’entrée de Bayonne jusqu’au stade par une compagnie de gendarmes mobiles. Et là le commissaire nous a annoncé qu’on serait fouillés un par un et parqués dans le stade jusqu’au coup d’envoi, alors qu’il y avait aucun arrêté préfectoral d’interdiction ou même d’encadrement du déplacement ».

14h de bus pour rien

Nada. D’ailleurs, les quelques fans du FCN qui avaient eu le courage de prendre leur voiture personnelle n’ont pas été inquiétés et ont pu profiter tranquillement du soleil du Sud-Ouest et de la qualif maîtrisée de leur équipe. Les autres ? Retour à l’envoyeur, direction la Bretagne. Notez l’escorte royale : sept fourgons de CRS rien que pour eux. Qui bloquaient les sorties des aires d’autoroutes des fois que certains décident de fuguer du côté du Courtepaille de Labouheyre-Est. « Un moment, on n’en pouvait plus de se retenir de pisser, alors on s’est arrêtés le long de la bande d’urgence, puis on a fini à pied, sourit (jaune) Romain. Les gendarmes qui avaient relayé les CRS étaient sympas, ils étaient aussi embêtés que nous ».

Regrette-t-il de ne pas avoir patienté quelques heures dans le stade en attendant le coup d’envoi plutôt que de perdre une journée dans le bus et 60 euros secs (le prix du déplacement) ? Pas le moins du monde.

« On aurait pu rester au stade en attendant, mais ça nous était déjà arrivé il y a quelques années à Valenciennes, on avait dû attendre 7h dans les tribunes et on s’était juré que ce serait la dernière fois. Au bout de 10 minutes, on leur a dit qu’on repartait. Déjà pour leur montrer qu’on n’est pas des chiens. S’ils avaient géré ça correctement et qu’ils ne s’étaient pas intéressés à notre déplacement 24h avant, on se serait organisés autrement ».

Autant dire que les bienfaits de la circulaire Castaner, dont l’objectif était de limiter les interdictions de déplacement des supporters de l’équipe visiteuse, se font attendre, pour le dire gentiment. Pour une fois, le club nantais s’est même ému officiellement de la situation, « regrettant fortement l’absence d’une partie de ses supporters pour ce match alors qu’aucun arrêté n’avait été pris en amont ».

Une petite exception notable à Furiani, où le club de Bastia-Borgo a laissé entrer les supporters stéphanois en leur déroulant le tapis rouge. Une bravade à lire entre les lignes. Les fans des Verts ont été sanctionnés par la Ligue après le feu d’artifice du 14 juillet contre le PSG, et on connaît les relations d’amitié entre le foot corse et la LFP.