Coupe de France : « Pour une fois, on ne parle de la Réunion à cause des requins », joie dans l'île après l'exploit de la Saint-Pierroise

FOOTBALL C'est la première fois qu'un club de l'île atteint les 16e de finale de la Coupe de France

20 Minutes avec AFP

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La Coupe de France.
La Coupe de France. — SIPA

Toute La Réunion, fans de foot ou pas, se prend à rêver après l'exploit réalisé samedi par les joueurs de la Saint-Pierroise, qui ont battu Niort en 32e de finale de Coupe de France. Les Cigognes, surnom des joueurs du club de Régional 1 - équivalent de la sixième division - se sont imposées 2-1 sur le terrain du Chamois niortais, pensionnaire de Ligue 2. La Saint-Pierroise devient ainsi le premier club réunionnais à atteindre les 16es de finale de la Coupe de France.

« Quatre divisions séparaient les deux équipes et on a gagné. On a pas fait tout ce chemin pour s'arrêter là. On est déjà en 16e de finale, on va aller plus loin », lance Kévin Fontaine. Ce trentenaire, supporter de la Jeanne d'Arc, club rival des Cigognes, et de Marseille, dit compter « parmi les plus grands supporters de La Saint-Pierroise tant qu'elle sera en Coupe de France. C'est normal, c'est La Réunion que je soutiens ».

Avant le tirage au sort des 16es de finale lundi, La Réunion est coupée en deux. Les uns veulent « une équipe pas trop forte pour prolonger l'aventure » et devenir le premier club ultramarin à passer ce stade de la compétition, après l'échec du Geldar de Kourou (Guyane) lors de la saison 1988-1989 contre Nantes.

Le PSG ou Payet en 16e ?

Les autres souhaitent « tirer directement une Ligue 1 pour la beauté du match ». Idéalement le Paris SG, espère Kévin Fontaine, « ou mieux encore, l'OM avec Dimitri Payet ». Le milieu de terrain marseillais est réunionnais et ancien joueur de Saint-Pierre. Mère de trois adolescents et pas spécialement intéressée par le football, Eva Morel avoue avoir «fait la fête avec les marmailles (les jeunes)». « En ce moment, il n'y a pas trop de bonnes nouvelles, ça fait du bien de voir gagner les kok la kour », les enfants du pays en créole réunionnais.

« Pour une fois, on ne parle pas de La Réunion uniquement à cause des requins, des restes humains qu'on trouve dans leurs estomacs ou des chiens maltraités » se réjouit Jean-Marc Hoarau, un pompiste d'une vingtaine d'années.

Depuis la fin du match samedi, les médias locaux tressent des lauriers aux joueurs de Saint-Pierre et le mot « exploit » revient partout, jusque dans la presse nationale.

La ministre des outre-mer, Annick Girardin, le président du Conseil départemental, Cyrille Melchior, ou la sénatrice Nassimah Dindar, ont salué la victoire des Cigognes.