Supporters : Le ministre de l'Intérieur appelle les préfets à limiter les interdictions de déplacement

FOOTBALL Christophe Castaner semble impulser un virage notable dans la gestion du supportérisme dans le foot français 

A.L.G.

— 

Les supporters de foot devraient pouvoir se déplacer plus librement pour soutenir leur équipe.
Les supporters de foot devraient pouvoir se déplacer plus librement pour soutenir leur équipe. — FRANCK FIFE / AFP

Les supporters et les associations qui défendent leurs droits peuvent sabrer le champagne, le ministère de l’Intérieur vient de prendre une mesure qui devrait aller dans leur sens. En effet, selon une information de nos confrères de L'Equipe, le ministre Christophe Castaner a signé lundi une circulaire dans le but de limiter les arrêtés préfectoraux d’interdiction et d’encadrement de déplacement des supporters, alors que ces mesures restrictives de liberté étaient presque devenues la norme dans le football français.

Consigne est donnée aux préfets de limiter « autant que faire se peut » ces mesures administratives « lorsqu’un travail en amont avec le monde du football aura permis de mieux définir les risques de troubles à l’ordre public et de tout mettre en œuvre pour les prévenir. » Le ministre de l’Intérieur rappelle le « caractère exceptionnel de ces mesures attentatoires à la liberté d’aller et de venir », précise que leur nombre est « en hausse » (une quarantaine depuis le début de la saison) et que leur « multiplication […] conduit à leur fragilisation ».

Vers plus de dialogue avec les supporters ?

L’un des buts de ces interdictions de déplacement était, sur le papier, de limiter les effectifs policiers autour des rencontres de foot. Or, écrit Castaner, « les supporters semblent de plus en plus enclins à défier l’interdiction, ce qui exige de faire appel aux forces de l’ordre pour faire respecter la mesure, en contradiction avec l’une des finalités » des arrêtés, ce qui « porte atteinte à la crédibilité de notre action collective ».

Après la réunion organisée le 28 octobre dernier par l’Instance nationale du supportérisme (INS), créé en 2016 sous l’égide du ministère des Sports pour favoriser le dialogue entre les acteurs du football et celui des tribunes, l’Etat semble vouloir impulser un virage politique sur la question de la gestion des stades et de son public. Par exemple, le ministre de l’Intérieur demande que les référents supporters, censés faire le lien entre les clubs et leurs ultras, soient désormais systématiquement présents lors des réunions de sécurité avant les matchs sensibles, au même titre que les directeurs de sécurité des clubs, ce qui était loin d’être le cas jusqu’à présent.