Martin Fourcade reconnaît qu’il « ne domine plus au sein de l’équipe » (mais ce n’est pas pour lui déplaire)

BIATHLON Un nouvel ordre s’établit chez les Bleus, qui constituent désormais une équipe dense et très concurrentielle

N.C.
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Martin Fourcade entouré de Simon Desthieux et Quentin Fillon Maillet sur le podium de l'individuel d'Ostersund, le 4 décembre 2019.
Martin Fourcade entouré de Simon Desthieux et Quentin Fillon Maillet sur le podium de l'individuel d'Ostersund, le 4 décembre 2019. — Fredrik Sandberg/AP/SIPA

Entamée la saison dernière avec la mauvaise passe de Martin Fourcade, la redistribution des cartes au sein de l’équipe de France de biathlon se poursuit. Le patron semble de retour, en tout cas au niveau des sensations, mais cela n’empêche pas, bien sûr, Quentin Fillon Maillet, Simon Desthieux (respectivement 3e et 4e du général de la dernière Coupe du monde) et le nouveau venu Emilien Jacquelin de jouer leurs propres cartes et d’avoir des ambitions élevées pour cette nouvelle saison.

Pour Fourcade, leader naturel des Bleus depuis près d’une décennie, il faut apprendre à faire avec ce nouvel ordre. « Je remarque que je ne domine plus au sein de l’équipe, a-t-il reconnu mardi soir lors du point presse avant la très attendue étape du Grand-Bornand, ce week-end.

On comprend qu’il a fallu du temps pour digérer. Pour trouver de nouveaux repères. Et en même temps, le quintuple champion olympique veut y voir un souffle bénéfique. « La discipline sera un peu moins dépendante de mes résultats, a-t-il indiqué, dans des propos relayés par Ski Nordique. Je n’ai aucune crainte si un coéquipier me devance. Je ne suis pas dans une rivalité franco-française, je ne l’ai jamais été. »

« Ce que j’ai dans ma carrière, pendant dix ans, personne ne me l’enlèvera, et mes coéquipiers ont toujours du respect », a-t-il ajouté, alors que l’accrochage avec Fillon Maillet dans le dernier tour de la poursuite à Hochfilzen a (un peu) fait causer.

« En ce moment, il y a une petite guéguerre entre nous »

QFM, justement, est lui aussi passé devant la presse mardi soir. Longuement interrogé sur cette équipe de France dense et concurrentielle, il ne s’est pas caché. « En ce moment, il y a une petite guéguerre entre nous pour le général, les dossards ou les places en relais, a-t-il admis. Mais on ne peut pas dire qu’il y a une vraie rivalité, l’atmosphère reste bonne, il faut la garder. »

Pour l’instant, après deux étapes de Coupe du monde, chacun a eu son moment. Le quadruplé sur l'individuel – Fourcade devant Desthieux, Fillon Maillot et Jacquelin – à Ostersund a marqué les esprits. Desthieux (sprint) et Jacquelin (poursuite) sont à nouveau montés sur la boîte à Hochfilzen. « Pour le moment, on ne sait pas qui va prendre le leadership dans le groupe », dit QFM.

Chacun peut nourrir cet objectif. En tout cas, les Bleus ont largement le potentiel pour enflammer le public du Grand-Bornand pendant quatre jours. Il faudra pour cela passer sur le corps des Norvégiens, Johannes Boe en tête. « Le fait de se bagarrer avec un Français pour un podium ou dans le dernier tour, c’est bien, je préfère ça plutôt que de retrouver un Norvégien », avance Fillon Maillet. Au moins là-dessus, tous les Français seront d’accord.