RC Toulon : « Je suis tellement accro au rugby... », Sergio Parisse « inquiet » à propos de sa retraite

INTERVIEW A l'aube de ce qui pourrait être sa dernière saison, le troisième ligne du RCT Sergio Parisse se confie à « 20 Minutes ». Il revient sur sa Coupe du monde frustrante et sur ses inquiétudes liées à l'après-carrière 

Propos recueillis par Jean Saint-Marc
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Sergio Parisse envisage de disputer un dernier Tournoi avec l'Italie.
Sergio Parisse envisage de disputer un dernier Tournoi avec l'Italie. — Ciambelli / SIPA
  • Après 14 ans au Stade Français, Sergio Parisse a signé au RC Toulon pour ce qui pourrait être la dernière saison de sa carrière.
  • Au début de celle-ci, il se confie à « 20 Minutes » et évoque sa Coupe du monde perturbée par l’annulation d’un match.
  • Il évoque aussi ses projets et ses craintes pour son après-carrière.

Une poche de glace sur le pied, un grand sourire aux lèvres. Sergio Parisse maudit son « vieux tendon d’Achille » et s’installe pour une discussion à bâtons rompus, à l’aube de ce qui pourrait être la dernière saison de sa carrière. Le troisième ligne italien, international le plus capé de l’hémisphère Nord, vient de disputer son premier match avec Toulon vendredi face aux Scarlets. Une première victoire « compliquée » (17-16), mais qui lui permet de tourner définitivement la page d’une Coupe du monde​ compliquée…

Avez-vous digéré le Mondial et ce dernier match annulé en raison d’un typhon ?

Finalement, c’était assez facile de digérer tout ça car je vivais un contexte nouveau. En rentrant du Japon, j’ai dû tout de suite déménager et trouver mes marques dans un nouvel environnement. Ça aurait été plus difficile à Paris, je pense.

Vous êtes toujours en colère ?

J’ai disputé cinq Coupes du monde, c’était la plus bizarre. On a appris le jeudi qu’on ne jouerait pas le samedi. A chaud, c’était très compliqué de l’accepter. C’était la bonne décision de ne pas mettre en danger les personnes. Mais c’était tout de même un manque de respect pour l’Italie que de ne donner aucune possibilité de jouer ce match avant ou après. Quoi qu’ils en disent, ils ont enlevé à l’Italie la possibilité de se qualifier, même si cela semblait impossible pour tout le monde. Je pense toujours que si la Nouvelle-Zélande avait eu besoin de cinq points pour se qualifier, ils n’auraient pas dit aux Blacks « merci d’être venu mais rentrez chez vous ! »

Ce match aurait dû être votre dernier match avec la Squadra Azzura ?

Ça aurait été un beau clin d’œil car j’ai commencé ma carrière internationale à 18 ans face aux All Blacks. Mais même avant le match, je me disais que ce serait mieux de finir en Italie plutôt qu’à l’autre bout du monde. Mais je pense que je vais disputer cette année la dernière saison de ma carrière internationale.

Vous pensez prendre votre retraite en fin de saison ?

Aujourd’hui, j’y vais semaine par semaine, et j’espère atteindre mes objectifs en remportant un dernier titre avec Toulon. On fera un point plus tard avec les dirigeants (Sergio Parisse a signé un contrat d’un an). J’ai 36 ans… Tu n’as pas la même fraîcheur, la même capacité de récupération qu’à 17. Les douleurs sont là et les raideurs sont de plus en plus nombreuses !

Pensez-vous à l’après-carrière ?

J’y pense depuis pas mal de temps. J’ai plusieurs projets en tête, en France et en Italie – des choses dont je ne veux pas parler aujourd’hui. On ne peut pas arriver à 36 ans et se dire : « OK, qu’est-ce que je fais maintenant ? »

Ce grand vide de la retraite sportive vous fait peur ?

Ça m’inquiète, oui, parce que je suis tellement accro à ce sport, tellement passionné, que j’ai du mal à imaginer que je ne mettrai plus les crampons, que je ne vivrai plus cette adrénaline des matchs. On a tellement de chance de jouer des rencontres dans des stades pleins, avec cette pression. Comment je ferai quand cette tension n’existera plus, comment je vais vivre sans le rugby ? Je suis sûr que ça va me manquer. Je vais essayer de trouver des projets qui me permettent de vivre cette adrénaline d’une autre façon. Peut-être dans un staff, pourquoi pas…