Top 14 : Le MHR finalement blanchi du dépassement du plafond de la masse salariale

RUGBY On vous explique les (nombreux) démêlés entre le club de rugby et les instances de la discipline

N.B. avec AFP

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Mohed Altrad, le patron du MHR
Mohed Altrad, le patron du MHR — Alain ROBERT/SIPA

Pas de dépassement du plafond de la masse salariale. La Commission d’appel de la FFR (Fédération française de rugby), mise en cause en 2017 dans le dossier Altrad-Laporte, a de nouveau dédouané Montpellier, le club de l’homme d’affaires sponsor du XV de France, pour la seconde année consécutive, indique l’AFP.

Le club de rugby n’a cependant pas été totalement blanchi. La Commission d’appel de la FFR a infligé au club héraultais, propriété de Mohed Altrad, plus grosse fortune d’Occitanie avec 3,3 milliards d’euros selon Challenges et candidat aux municipales à Montpellier, une amende de 120.000 euros pour « manquement aux obligations de transparence », assortie d’une révocation de sursis. Mais elle a en revanche complètement blanchi le MHR du dépassement de plafond de la masse salariale pour lequel la section spécialisée de la Commission de discipline de la Ligue lui avait, en octobre, infligé une sanction bien plus lourde : 400.000 euros.

Un camouflet pour la Ligue nationale de rugby

Selon cette section « salary cap », le MHR avait dépassé lors de la saison 2017-2018 de plus de 428.000 euros le plafond de la masse salariale, fixé à 11,3 millions d’euros pour tous les clubs du Top 14. Un outil de régulation dont la LNR (Ligue nationale de rugby) a fait son cheval de bataille afin de garantir « l’équité et l’incertitude » du championnat ainsi que « l’équilibre économique des clubs ».

La décision de la Commission d’appel de la FFR est donc un camouflet pour la LNR, qui « s’étonne et déplore la remise en cause de cette décision de première instance ». Mais ce n’est pas le premier, c’est en effet la troisième fois en autant d’années que le club de l’homme d’affaires, à la tête du groupe éponyme spécialisé dans le matériel pour BTP, obtient des décisions plus favorables auprès de l’instance fédérale.

Déjà épinglé par la Ligue nationale de rugby

En 2018, Montpellier, déjà pointé du doigt pour dépassement de ce fameux « salary cap », avait d’abord été dédouané par la DNACG (Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion), le gendarme financier de la LNR. Cette dernière avait alors fait appel devant la Commission d’appel de la FFR, qui avait confirmé la décision de la DNACG.

En 2017, le MHR avait été épinglé par la Ligue, par une amende de 70.000 euros et une suspension de terrain, pour les banderoles hostiles déployées lors du match contre le Racing 92. La Commission d’appel de la FFR avait réduit cette sanction et levé la suspension de terrain.

A l’origine de l’affaire Laporte-Altrad

Les révélations du Journal du dimanche, selon lesquelles Bernard Laporte, président de la FFR, était intervenu auprès du président de la Commission, Jean-Daniel Simonet, pour qu’il fasse preuve de clémence envers Montpellier avaient déclenché « l’affaire Laporte-Altrad ». Les soupçons de conflit d’intérêts entre Laporte et Altrad remontent à cette époque, quand Laporte avait reconnu l’existence d’un contrat privé le liant au Montpelliérain, auquel il avait renoncé devant la polémique. Mais depuis, Altrad est devenu le premier sponsor maillot du XV de France (pour 5 ans et 35 millions d’euros) et partenaire officiel de la FFR. Et un personnage clé, par son soutien financier, dans la candidature française victorieuse à l’organisation de la Coupe du monde 2023.

Dans le cadre de l’affaire de 2017, des perquisitions ont été menées au domicile d’Altrad et au siège de la FFR à Marcoussis. L’enquête, menée par le parquet national financier, est toujours en cours. Bernard Laporte n’a pas, à ce stade, été convoqué.